Le gouvernement invite les policiers au contrôle au faciès

Publié le par dan29000

Le Gouvernement invite les policiers au contrôle au faciès

 

 

C’est avec sidération que les associations du Collectif Stop le Contrôle au Faciès apprennent l’annonce par Bernard Cazeneuve d’une série de mesures renforçant les contrôles et ouvrant la porte à l’humiliation quotidienne de milliers de citoyens n’ayant rien à se reprocher pour « lutter contre le terrorisme ». Non content de d’aller à l’encontre une promesse électorale phare, et de tenter d’annihiler ainsi la décision en justice historique lui offrant légitimité en décidant le pourvoi en cassation de l’État, condamné le 24 juin 2015 pour contrôle au faciès[1], le Gouvernement confirme ainsi à tout un chacun la force de son opposition idéologique à son propre programme. Pour les associations du Collectif, ce n’est pas la politique de reçu du contrôle d'identité – inévitable à terme – que le Gouvernement finit d’enterrer par ces annonces : c'est le Parti Socialiste. Ironie, cynisme, ou comble du mauvais goût, c’est le lendemain que Président Hollande décide de « parler à la banlieue »... Ne comprend-il donc pas que tout est dit ?

 

 

Appel à une vigilance renforcée pour lutter contre les contrôles abusifs

 

Face aux contrôles abusifs, les associations du Collectif encouragent les citoyens à renforcer leur vigilance. En 2011, elles ouvraient un pôle juridique accessible par le simple SMS « contrôle » au 07 60 19 33 81, popularisé par la web-série de témoignages de rappeurs « Mon 1er contrôle d’identité »[2]. Depuis, au delà de l’action en justice contre l’Etat qui en a découlé, les bénévoles du pôle juridique continuent de faciliter le recours aux droits de citoyens qui s’estiment victimes de contrôles abusifs. Le recours au droit passant par la connaissance de ce dernier, le collectif a aussi mis en ligne un Guide d’Action[3] offrant des outils de sensibilisation, des guides pour filmer les situations à risque, et des repères juridiques, ainsi qu’un kit d’information concernant la politique du reçu du contrôle d’identité pour les acteurs de la vie politique.[4]

 

Entre simples signalisations et questions, saisines du Défenseur des Droits, ou recours au pénal, le pôle juridique prépare également les plaignants d’une nouvelle action en justice contre l’Etat : si les pertes successives d’élections n'ont pas suffi au Parti Socialiste pour comprendre ses erreurs politiques, qu’il se prépare donc à être jugé responsable de la confirmation de la condamnation de la France pour un problème dont il annonçait avec audace être la solution il y a encore si peu.

 

 

L’heure n’est plus à l’indignation

 

Certes, l’on peut saluer la tentative Chrisitane Taubira de raisonner Manuel Valls et l’expression publique de différents leaders politiques sur Twitter face à ces aberrations politiques. Mais l'heure n'est vraiment plus aux déclarations d'intention et à l'indignation médiatique. Les prises de position publiques et propositions de loi, du Front de Gauche à l’UDI en passant par EELV, pionniers en la matière, ont déjà été formulées.[5]

 

Puisqu'il est question d’atteinte aux droits fondamentaux, il appartient désormais aux responsables politiques, et notamment aux parlementaires, d'adopter toutes les mesures nécessaires pour mettre un terme à ces dérives graves. Et parce qu'elle a contribué à faire élire François Hollande, la gauche ne peut pas faire l’économie de partir au front sur ces questions, d'aller chercher le changement si fièrement annoncé en 2012.

 

Dix ans après des révoltes historiques engendrées par la mort de deux mineurs que la peur a poussés à fuir la police, le risque n’est plus à « l’émeute ». Face à la multiplication des les morts aux mains de la police[6] et du refus du Gouvernement de se pencher sur la question, ce sont d’autres formes d’expression que prend la colère, et les responsables politiques ne pourront pas éternellement feindre stupeur et incompréhension face à leurs conséquences.

 

 

Le Gouvernement se trompe de combat. Pour éviter que les citoyens en paient le prix fort, les associations font leur part du travail. Qu’en sera-t-il des politiques ?

 

 

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CONTACTS :

 

Général - 06 98 97 28 54

 

SOURCE/ STOP LE CONTROLE AU FACIES COLLECTIF

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