Pôle Emploi : les chômeurs plus fliqués !

Publié le par dan29000

Pôle Emploi : chômeurs mieux contrôlés ou chômeurs fliqués ?


lundi 28 septembre 2015

Depuis ce lundi, Pôle Emploi met en place un contrôle renforcé des chômeurs. Des équipes dédiées d’agents vont multiplier les vérifications pour s’assurer que les inscrits sont réellement en recherche d’emploi et les remobiliser si nécessaire. La CGT dénonce un "flicage". Pôle emploi parle de premiers tests avec "succès".

 

C’est une mesure décidée par l’ancien ministre du Travail, François Rebsamen, qui fait débat. A compter du lundi 28 septembre, le contrôle de chômeurs va être généralisé dans toutes les agences de France. Le pays compte plus de 5 millions d’inscrits à Pôle emploi.

 

Des tests ont déjà été effectués entre juin 2013 et mars 2014 avec l’instauration d’équipes de contrôle en Provence-Alpes-Côte d’Azur, Franche-Comté et Poitou-Charentes. Au total, 200 postes vont être créés avec une répartition des effectifs selon le nombre de demandeurs d’emploi dans les régions, de deux équipes dans le Limousin à 33 en Ile-de-France.

Selon le code du travail, tout demandeur d’emploi est tenu d’effectuer des "actes positifs et répétés de recherche d’emploi". Ce nouveau dispositif doit permettre de vérifier qu’ils sont en recherche active. Même si Pôle Emploi dément l’instauration "d’objectifs en termes de nombre de contrôles et/ou nombre de radiations" préférant parler d’incitation et de remobilisation dans les démarches, l’organisme estime à environ 200 000 le nombre de chômeurs qui seraient ainsi contrôlés chaque année.

 

Un contrôle strict en plusieurs étapes

 

Et la procédure s’avère plutôt très stricte. En voici les principales étapes :

- 1. L’EXAMEN DU DOSSIER. "Le contrôle débute par l’examen du dossier du demandeur d’emploi", explique Pôle Emploi.

 2. UN QUESTIONNAIRE COMPLEMENTAIRE EN CAS DE SOUPCON. Si l’agent soupçonne une "insuffisance de recherche d’emploi", des informations complémentaires sont demandées au chômeur, l’interroge par "questionnaire"

 3. L’ENTRETIEN EN AGENCE. Si le doute persiste, un rendez-vous en agence est prévu pour juger de la pertinence de ses recherches.

 4. SANCTION DE 15 JOURS A SIX MOIS. En cas de réponse insuffisante du demandeur d’emploi, une sanction est prévue, de 15 jours de suspension de droit à six mois de radiation et la possible interruption de versement des allocations chômage en cas de récidive.

Philosophie du "bon pauvre qui doit travailler"

La mesure va faire grincer des dents certains inscrits à Pôle emploi, mais aussi les agents de contrôle qui ont déjà fait part de leurs inquiétudes. "C’est du flicage, une industrialisation numérique du contrôle de la radiation", a dénoncé auprès de l’AFP Vladimir Bizet-Sefani, de la CGT-Chômeurs du Morbihan, qui prépare une "mobilisation régionale" en Bretagne le 1er octobre. "Beaucoup de chômeurs perdent pied. Et tout ce qu’on leur propose, c’est de la précarité. C’est la philosophie selon laquelle un ’bon pauvre’ doit travailler : nous, on demande de la qualité. Et d’avoir un vrai agent en face de soi, pas du tout numérique", a poursuivi le responsable syndical.

"On demande au chômeur de rendre des comptes. Mais ce mois-ci, il y a eu 600 CDI signés pour 22.700 inscrits au chômage dans le Morbihan : avec des chiffres aussi misérables, comment peut-on demander de se justifier ?", s’insurge-t-il.

"Si on nous colle la casquette de policier sur la tête, on craint pour la relation avec les usagers qui n’est déjà pas facile", s’inquiétait pour sa part Jean-Charles Steyger, délégué Syndical FSU Pôle Emploi au micro de France info, au moment de l’annonce en mai dernier.

Des mesures de sécurité pour les agents de contrôle

Le projet prévoit néanmoins des mesures de sécurité particulières pour les agents de contrôle. Ces derniers seront "sensibilisés" à la "prévention des situations d’agression". L’organisme "préconise" qu’ils "ne gèrent pas les demandeurs d’emploi de la commune où ils vivent, ni de la zone de compétence de l’agence d’où ils viennent s’ils étaient conseillers en agence".

Les premières expérimentations dans les trois régions tests ont permis de déterminer que 50 % des demandeurs d’emploi en Franche-Comté, 38% en Poitou-Charentes et 20% en région Paca n’étaient pas en recherche active. La majorité avait invoqué des problèmes d’âge, de santé ou de logement pour justifier leur situation. Les contrôles, loin d’être une sanction, avaient permis d’en remobiliser certains, leur évitant ainsi la radiation.

 

VIDEO. A Limoges, deux agents sont affectés au contrôle des demandeurs d’emploi

http://lci.tf1.fr/economie/social/p...

 

jamel KOURI

 

 

SOURCE/ BC

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