Cœurs glacés, de Gunnar Staalesen, chez Gaïa polar

Publié le par dan29000

Après déjà une douzaine de volumes, c'est avec un grand plaisir que nous retrouvons Gunnar Staalesen et son enquêteur privé Varg Veum. S'il y a toujours un désir de retrouver un héros solitaire, comme chez Rankin, James Lee Burke ou Mankell, il y a aussi la force de l'habitude, l'habitude des lieux, comme cette ville de Bergen, en Norvège, où est né l'auteur en 1947. Une sorte de rendez-vous rituel attachant où le lecteur partage des moments, souvent difficiles de la vie de Varg Veum, de Dave Robichaux ou de Kurt Wallander. Au-delà des enquêtes et du fameux Whodunit, nous suivons la vie de ces enquêteurs sur plusieurs années, comme nous pourrions suivre la vie, sans doute moins aventureuse, de l'un de nos amis.

 

C'est par un jour glacial de janvier que Veum reçoit une bien étrange visite. Celle d'une prostituée nommée Hege, d'ailleurs amie de son fils Thomas, qui doit se marier dans quelques mois. Elle est à la recherche d'une d'une amie disparue depuis quelques jours. Un début très classique pour un polar, fut-il nordique. Mais rapidement, l'intrigue va se déployer. Toujours avec un coup d'avance sur la police, Veum va bientôt pénétrer un vaste réseau de prostitution où règne la violence. Mais au-delà de ce milieu, il va aussi se trouver confronté à un étrange comité d'action local se substituant à des parents impuissants.

 

Une bonne occasion pour le détective privé de se rappeler qu'il travaillait naguère dans le service de Protection de l'enfance. Il va d'ailleurs faire appel à ses anciens collègues afin de faire avancer son enquête, qui ne tardera pas à accumuler les cadavres. La réalité norvégienne n'est pas aussi positive que nous pourrions parfois le penser.

 

On sait que le passé ne passe jamais vraiment, et celui de Varg Veum, trente ans après, va resurgir quand il croise son ex-femme. Voilà qui cadre bien avec l'habituelle mélancolie du bonhomme, entre bières et jazz. Ce troisième titre que nous chroniquons après Face à face, et L'enfant qui criait au loup confirme une fois encore le talent de Gunnar Staalesen. Il possède l'art difficile de mener une intrigue qui se tienne et de distiller, dans le même temps, une certaine poésie.

 

Dan29000

 

Cœurs glacés

Gunnar Staalesen

Traduit du norvégien par Alexis Fouillet

Gaïa éditions

2015 / 264 p / 22 euros

 

 

Le site de l'éditeur

 

 

Lire notre article sur L'enfant qui criait au loup

 

 

Lire notre article sur Face à face

 

 

 

 

Publié dans lectures

Commenter cet article