Longtemps je me suis ennuyée à l'école, de Lola Vanier

Publié le par dan29000

Parmi les centaines de livres publiés chaque mois, que l'on retrouve en piles dans nos librairies favorites, la couverture et le titre doivent nous accrocher, ou parfois la quatrième de couverture. Gageons que cela sera souvent le cas pour cet essai de Lola Vanier intitulé : Longtemps je me suis ennuyée à l'école.

 

L'auteur de cet article n'aurait qu'un e à supprimer au participe passé !

 

Comme nous l'écrivions le mois dernier à propos du livre de Peter Gumbel, Ces écoles pas comme les autres, l'Éducation nationale, de l'école à l'université, ne se porte pas vraiment bien, et cela depuis longtemps. Plus d'un témoignage nous le confirme de l'intérieur. Mais le grand mérite de Lola Vanier est de relier les chiffres avec ce qu'elle a vécu, en évitant d'opposer de manière un peu trop facile, élèves et enseignants, ou parents et professeurs...

 

Autre qualité de cet essai, le sens de de l'humour et le choix des histoires vécues qui parlent au lecteur, rendant ce témoignage à la fois réaliste et léger, en évitant les grandes théories souvent brumeuses des donneurs de leçons. Une sorte de bilan de ses années passées dans le système éducatif, à 27 ans, après une dernière année d'université en master d'arabe. Avec simplicité et justesse, elle pointe d'abord l'autorité, dans un premier chapitre intitulé Trop d'autorité tue l'autorité, l'élève ne doit pas bouger, doit se taire, enregistrer mécaniquement des sommes de connaissances, ayant pour conséquence une anesthésie du désir d'apprendre.

 

Je confirme !

 

Tout cela débouchant sur un absentéisme massif, un pourcentage de décrochages alarmant. Le cours magistral règne, et donc la passivité aussi, et d'ailleurs il faut souffrir pour apprendre, c'est bien connu ! Au fil des pages, Lola Vanier fait surgir des scènes que l'on sent vécues où dominent le sens de la hiérarchie, un peu comme dans l'armée, entraînant un ennui au quotidien et le silence, un silence parfois proche du sommeil.

 

Enfin, deux anecdotes personnelles, la première de Lola Vanier qui nous explique comment un enseignant était scandalisé que ses élèves de 13 ans ne connaissent pas Luchino Visconti ! Avec à la clé, le rappel nécessaire de l'auteur que l'on va à l'école pour apprendre et que reprocher à des enfants de ne pas savoir est un non-sens !

 

Seconde anecdote, personnelle, quand une de mes professeurs d'espagnol nous fit découvrir Luis Bunuel, sans doute aussi célèbre que Visconti dans l'histoire du cinéma. Elle nous avait projeté un film pourtant ardu, Simon du désert. Certes, nous n'avions sans doute pas tout compris, surtout en VO, mais cela m'avait alors donné un grand amour pour le septième art, et en prime, une vie future de cinéphile ! Délicieux souvenir au milieu d'un océan d'ennui, d'angoisse, avec les notes, les carnets à faire signer et les réflexions désagréables de certains professeurs.

 

En conclusion, Lola Vanier appelle à inventer, à métamorphoser, en faisant appel à notre créativité. Beau programme utopique, mais l'utopie c'est la vie.

 

Dan29000

 

 

Longtemps je me suis ennuyée à l'école

Lola Vanier

Éditions Max Milo

2015/ 224 p / 18 euros

existe en epub : 12,99 euros

 

 

Le site de l'éditeur

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