Marche sur la COP21 : NDDL vers Paris

Publié le par dan29000

Le même récit en photos sur le blog : http://marchesurlacop.noblogs.org/

## Départ en fanfare - Récit de la première journée du convoi de Notre dame des landes à Paris.

Cela s'affaire, charge, construit et décore à tout va depuis la veille à la Vache rit malgré la pluie battante. Le soir, les participant-e-s au convoi se sont retrouvés pour une assemblée permettant d'exposer l'organisation du convoi et d'appeler les un-e-s et les autres à s'inscrire sur les différentes tâche collectives.

En ce samedi matin ensoleillé, l'humeur générale est excellente et plein de gens de la zad et du coin sont venus soutenir le départ du convoi ou l'accompagner sur quelques kilomètres. Dans ce contexte plombé, il est crucial d'affirmer en acte notre volonté de ne pas laisser le gouverment museler la contestation sociale et environnementale lors de la cop 21. La tracto-vélo résonne alors comme un défi face aux interdictions de manifestations faites par le gouvernement.

Pour le premier jour, on part en peloton commun à 200 vélos suivis des 5 tracteurs et une remorque. On est quasi autant que le tour de France et on a une caravane logistique à faire rêver : un tracteur qui tire une cabane infokiosque et point d'acceuil, un autre qui tracte des toilettes sèches, un pour les tables et bancs, un pour les sacs et affaires perso histoire de rouler léger, une voiture média pour commenter la course et des véhicule-cantines pour foncer en avant nous préparer les repas. On a même des supporters sur le bord de la route dans les villages alentours pour crier et agiter des fagnons.

Sur les bicyclettes, les vtt customisés, les vélo-couché ou les tandems on retrouve des gens de tous les âges, des militants du mouvements, des occupants de la zad, des ami-e-s du coin ou de plus loin, des paysans...Pour le plus grand plaisir de toutes et tous, le rythme, tranquille, permet aux unes et aux autres de se mélanger et de papoter.

On apprend chemin faisant ce que signifie rouler à autant sur la route. Nous nous occupons nous même d'arrêter momentanément les voitures aux intersections et passages de rond-point, et de faire gaffe à ce que tout se passe bien. Cela demande aux automobilistes un peu d'attente mais vu que le convoi a de la gueule et que l'on ne croise pas tous les jours pareille armada, ceux que l'on retarde sont généralement plutôt bienveillants..

A midi, on fait une première répétition du banquet final sur la place du marché de Nort sur Erdre où sont installés les tables et bancs amenés par le comité local. Pendant la vaisselle et sous la première pluie du trajet, l'équipe légale fait un point sur ce qu'il faut savoir en cas de pression et sur ce que change l'Etat d'urgence décrété pour 3 mois avec une augmentation conséquente de la marge de maneuvre policière.

Au terme de cette étape d'échauffement, 40 km aux compteurs, on arrive tôt dans l'après-midi à la ferme qui nous accueille, la Gazillardière. Dans le soleil de la fin d'après-midi, le cadre est idyllique : un vallon boisé au bas duquel se niche un étang avec des chevaux, des ânes et de petites poules. Une vue sur un château abandonné. Un corps d'habitat réaménagé en gîte et bar et un grand chapiteau où se poser.

L'organisation se cale efficacement : l'infokiosque se déplie, l'équipe cuisine sert le goûter, les geeks du vélo déploient leur atelier mobile avec un chevalet, un spot et les caisses à outils spécialisés, le groupe de com' fait la revue de presse et met des nouvelles en ligne, différentes personnes sortent les sacs persos de la benne ou assurent l'approvisionnement des  toilettes sèches... Sous le chapiteau, ça sort des cartes, un jeu d'échecs, des friandises ou un coup à boire...
A 18h, on pousse un de nos hôtes à monter sur une table et à nous dire deux mots de sa ferme : ils y  font de l'élevage, de la vente directe, louent ou prêtent le chapiteau pour des fêtes et concerts et tiennent un bar sur place les dimanches soir. Ce mélange des genre, entre espace agricole et lieu de rencontre et de convivialité, rappelle ce qui se recherche aussi dans certaines fermes réinvesties sur  la zad. Notre hôte est acclamé pour son accueil. Michel de Copain qui habite juste coté et nous accompagne en tracteur sur le convoi se hisse sur la table à son tour et accepte de nous causer du wagon : un regroupement d'amis et paysans, qui ontr décidé de s'entraider, être moins dépendant des banques et  tiennent ensemble un magasin de producteurs. Ceux et celles du Wagon sont impliqués de longue date dans la lutte de Notre dame des landes.
Michel en connait un rayon sur les luttes paysannes qui ont agité la région, depuis les paysans-travailleurs dans les années 70 jusqu'à  aujourd'hui, pour maintenir les petits exploitants et des pratiques paysannes face aux « cumulards » ou à l'agro-industrie. Ils nous parle de la coopérative locale Terena qui  cherche à devenir hégémonique et à imposer sa loi. Il nous raconte comment encore récemment, lui et d'autres se sont organisés collectivement avec succès pour faire pression face à un des plus gros propriétaires agricoles du coin et lui arracher 30ha en vue d'une installation.

Le soir, certain-e-s d'entre nous se rendent à Ancenis pour une soirée d'infos sur la lutte. A près un bref historique, nous projetons un petit film qui vient d'être réalisé sur la zad et qui montre  différents aspects de la vie sur place : pratiques agricoles, constructions,  vie collective... Il s'en suit un tas de question et d'échanges sur les manières de s'organiser à autant sans structures hiérarchiques et avec des entités et personnes aussi hétérogènes, sur les possibilités de sortir nos vies de l'économie marchande et sur les différentes manières de penser le « confort ». Des habitants d'Ancenis s'interrogent sur les manières dont ce qui s'expérimente sur la zad pourrait être transposable en ville. Nous rappellons qu'il va falloir continuer à batailler dans les mois à venir pour arracher l'abandon du projet et transmettons diverses invitations à venir sur la zad, notamment pour répondre à notre propre appel d'offres les 30 et 31 janvier..  On vous en reparlera dans les jours à venir.

Le départ collectif à eu lieu l'heure ce matin, et à 200 c'est pas rien. Le convoi s'est dirigé vers Angers...s'est retrouvé bloqué peu après par quelques centaines de policier – prochaine épisode demain.

## Départ en fanfare - Récit de la première journée du convoi de Notre dame des landes à Paris.

Cela s'affaire, charge, construit et décore à tout va depuis la veille à la Vache rit malgré la pluie battante. Le soir, les participant-e-s au convoi se sont retrouvés pour une assemblée permettant d'exposer l'organisation du convoi et d'appeler les un-e-s et les autres à s'inscrire sur les différentes tâche collectives.

En ce samedi matin ensoleillé, l'humeur générale est excellente et plein de gens de la zad et du coin sont venus soutenir le départ du convoi ou l'accompagner sur quelques kilomètres. Dans ce contexte plombé, il est crucial d'affirmer en acte notre volonté de ne pas laisser le gouverment museler la contestation sociale et environnementale lors de la cop 21. La tracto-vélo résonne alors comme un défi face aux interdictions de manifestations faites par le gouvernement.

Pour le premier jour, on part en peloton commun à 200 vélos suivis des 5 tracteurs et une remorque. On est quasi autant que le tour de France et on a une caravane logistique à faire rêver : un tracteur qui tire une cabane infokiosque et point d'acceuil, un autre qui tracte des toilettes sèches, un pour les tables et bancs, un pour les sacs et affaires perso histoire de rouler léger, une voiture média pour commenter la course et des véhicule-cantines pour foncer en avant nous préparer les repas. On a même des supporters sur le bord de la route dans les villages alentours pour crier et agiter des fagnons.

Sur les bicyclettes, les vtt customisés, les vélo-couché ou les tandems on retrouve des gens de tous les âges, des militants du mouvements, des occupants de la zad, des ami-e-s du coin ou de plus loin, des paysans...Pour le plus grand plaisir de toutes et tous, le rythme, tranquille, permet aux unes et aux autres de se mélanger et de papoter.

On apprend chemin faisant ce que signifie rouler à autant sur la route. Nous nous occupons nous même d'arrêter momentanément les voitures aux intersections et passages de rond-point, et de faire gaffe à ce que tout se passe bien. Cela demande aux automobilistes un peu d'attente mais vu que le convoi a de la gueule et que l'on ne croise pas tous les jours pareille armada, ceux que l'on retarde sont généralement plutôt bienveillants..

A midi, on fait une première répétition du banquet final sur la place du marché de Nort sur Erdre où sont installés les tables et bancs amenés par le comité local. Pendant la vaisselle et sous la première pluie du trajet, l'équipe légale fait un point sur ce qu'il faut savoir en cas de pression et sur ce que change l'Etat d'urgence décrété pour 3 mois avec une augmentation conséquente de la marge de maneuvre policière.

Au terme de cette étape d'échauffement, 40 km aux compteurs, on arrive tôt dans l'après-midi à la ferme qui nous accueille, la Gazillardière. Dans le soleil de la fin d'après-midi, le cadre est idyllique : un vallon boisé au bas duquel se niche un étang avec des chevaux, des ânes et de petites poules. Une vue sur un château abandonné. Un corps d'habitat réaménagé en gîte et bar et un grand chapiteau où se poser.

L'organisation se cale efficacement : l'infokiosque se déplie, l'équipe cuisine sert le goûter, les geeks du vélo déploient leur atelier mobile avec un chevalet, un spot et les caisses à outils spécialisés, le groupe de com' fait la revue de presse et met des nouvelles en ligne, différentes personnes sortent les sacs persos de la benne ou assurent l'approvisionnement des  toilettes sèches... Sous le chapiteau, ça sort des cartes, un jeu d'échecs, des friandises ou un coup à boire...
A 18h, on pousse un de nos hôtes à monter sur une table et à nous dire deux mots de sa ferme : ils y  font de l'élevage, de la vente directe, louent ou prêtent le chapiteau pour des fêtes et concerts et tiennent un bar sur place les dimanches soir. Ce mélange des genre, entre espace agricole et lieu de rencontre et de convivialité, rappelle ce qui se recherche aussi dans certaines fermes réinvesties sur  la zad. Notre hôte est acclamé pour son accueil. Michel de Copain qui habite juste coté et nous accompagne en tracteur sur le convoi se hisse sur la table à son tour et accepte de nous causer du wagon : un regroupement d'amis et paysans, qui ontr décidé de s'entraider, être moins dépendant des banques et  tiennent ensemble un magasin de producteurs. Ceux et celles du Wagon sont impliqués de longue date dans la lutte de Notre dame des landes.
Michel en connait un rayon sur les luttes paysannes qui ont agité la région, depuis les paysans-travailleurs dans les années 70 jusqu'à  aujourd'hui, pour maintenir les petits exploitants et des pratiques paysannes face aux « cumulards » ou à l'agro-industrie. Ils nous parle de la coopérative locale Terena qui  cherche à devenir hégémonique et à imposer sa loi. Il nous raconte comment encore récemment, lui et d'autres se sont organisés collectivement avec succès pour faire pression face à un des plus gros propriétaires agricoles du coin et lui arracher 30ha en vue d'une installation.

Le soir, certain-e-s d'entre nous se rendent à Ancenis pour une soirée d'infos sur la lutte. A près un bref historique, nous projetons un petit film qui vient d'être réalisé sur la zad et qui montre  différents aspects de la vie sur place : pratiques agricoles, constructions,  vie collective... Il s'en suit un tas de question et d'échanges sur les manières de s'organiser à autant sans structures hiérarchiques et avec des entités et personnes aussi hétérogènes, sur les possibilités de sortir nos vies de l'économie marchande et sur les différentes manières de penser le « confort ». Des habitants d'Ancenis s'interrogent sur les manières dont ce qui s'expérimente sur la zad pourrait être transposable en ville. Nous rappellons qu'il va falloir continuer à batailler dans les mois à venir pour arracher l'abandon du projet et transmettons diverses invitations à venir sur la zad, notamment pour répondre à notre propre appel d'offres les 30 et 31 janvier..  On vous en reparlera dans les jours à venir.

Le départ collectif à eu lieu l'heure ce matin, et à 200 c'est pas rien. Le convoi s'est dirigé vers Angers...s'est retrouvé bloqué peu après par quelques centaines de policier – prochaine épisode demain.

 

SOURCE/ RECLAIMTHEZAD

Publié dans environnement

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