Violence d'état, un polar signé André Blanc, chez Jigal

Publié le par dan29000

En exergue de ce nouveau roman, le troisième, d'André Blanc, une phrase particulièrement juste, qui donne le ton à Violence d'Etat :

 

"Le grand danger pour les libertés individuelles ne vient pas de ceux qui commettent des délits, mais de la réponse que l'Etat apporte à ceux-ci..."

 

L'histoire débute à Lyon sur le périphérique, par un jour de pluie. Un terrible accident impliquant plusieurs voitures dont un corbillard. Avec une particularité, un cercueil sans cadavre, mais avec des armes et de un gros stock de drogue. De plus les quatre croque-morts étaient tous armés !

 

C'est le commandant Farel, que nos lecteurs connaissent bien depuis notre article sur le premier roman d'André Blanc, intitulé Farel, qui va avoir la charge de l'enquête. Le mot charge étant approprié, tant le chemin va être difficile pour celui qui se ressent encore de sa blessure à Berlin, même si rapidement le fourgon mortuaire est identifié comme étant la propriété d'une société basée à Marseille, dont le dirigeant est russe, et la drogue de la morphine-base (50 kg), sans oublier les six Kalachnikovs faisant sans doute partie des armes livrées à la Croatie et la Bosnie dans les années 90 et revenues par le trafic des banlieues.

 

Comme l'a souvent démontré la littérature policière, d'Ellroy à Daeninckx, il y a deux sortes de voyous, les biens visibles, à la base, dans la rue qui manient les armes, et ceux au sommet, parfois invisibles, sans arme mais pas sans relations, au plus haut dans l'appareil d'Etat. Les premiers étant au service des seconds. Les seconds protégeant les premiers au nom d'un intérêt commun. Les uns usant et abusant de la violence illégale, les autres manipulant une violence légale, au nom de l'Etat de droit.

 

Ce qui fait l'intérêt des romans d'André Blanc est d'abord le réalisme. L'auteur connait bien Lyon, y étant né et fut adjoint au maire à la fin des années quatre-vingts, avant de démissionner pour de fortes divergences. Le second intérêt des romans de Blanc, au-delà des intrigues classiques efficaces, est le personnage de Farel, flic implacable, mais légaliste et humain, ce qui est une espèce sans doute menacée dans la vraie vie !

 

Au fil des pages surgissent pour le plus grand plaisir du lecteur, un mafieux russe, de redoutables tueurs venus des Balkans, une entreprise de sécurité privée, et surtout un étrange officier d'état-major, un énarque et même un directeur de cabinet qui semblent au centre d'un vaste trafic.

 

Rien que du plaisir sur un rythme d'enfer...

 

Dan29000

 

 

Violence d'Etat

André Blanc

Editions Jigal

2015 / 264 p / 19 euros

 

 

Le site de l'éditeur

 

 

Notre article sur Farel, polar d'André Blanc

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