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Abstention : Ras-le-bol de vos "gens qui sont morts..."

Publié le par dan29000

Les abstentionnistes donnent de la voix : ras-le-bol de vos « gens qui sont morts » !

 

par Pierrick Tillet - Les mots des autres

 

DESSIN


Régionales : un second tour très incertain, vu par Chimulus

Les mots de deux autres cette fois-ci. D’abord ceux dessinés pour le site Urtikan.net par Chimulus, qui n’y va pas avec le dos de la cuiller sur les choix puants proposés aux électeurs pour le second tour des Régionales. Ensuite le ras-le-bol de Julien Salingue pour qui, n’en déplaise aux donneurs de leçon, « le droit de vote, c’est aussi le droit de voter si on veut ».


« S’abstenir ? Mais il y a des gens qui sont morts pour qu’on puisse voter ! »

Ras-le-bol.

Non, vous ne nous convaincrez pas d’aller aux urnes en nous répétant que « des gens sont morts pour avoir le droit de voter ».

Parce que c’est très énervant, déjà, et surtout parce que c’est faux.

Si, comme vous dites, « des gens sont morts », ce n’est pas pour avoir le « droit » d’éliminer le pire en votant pour le moins pire (qui prépare le pire), mais pour avoir le droit de vraiment choisir et de vraiment contrôler leurs représentants.

La démocratie pour laquelle « des gens sont morts », ce n’est pas ce système piteux au sein duquel, par des processus de sélection économique, sociale et politique, une petite aristocratie dominée par des interchangeables confisque le pouvoir et échappe à tout contrôle entre deux élections, quitte à se renier scrutin après scrutin et promesse après promesse.

La démocratie pour laquelle « des gens sont morts », ce n’est pas ce système piteux au sein duquel la représentation politique est devenue un métier exercé par des “professionnels” dont la préservation des intérêts matériels et symboliques acquis grâce à leur légitimation par les urnes est contradictoire avec la satisfaction des besoins et des aspirations du plus grand nombre.

La démocratie pour laquelle « des gens sont morts », ce n’est pas ce système piteux au sein duquel celles et ceux qui veulent faire entendre leur voix et leurs idées pas seulement au sein des séquences et des structures électorales sont systématiquement renvoyé-e-s à leur « amateurisme », leur « manque de pragmatisme », leur « refus de prendre des responsabilités ».

Si « des gens sont morts », c’est précisément parce qu’ils refusaient un système dans lequel la majorité était exclue du processus réel de prise de décision et qu’ils revendiquaient le droit d’être des sujets politiques à part entière.

Le droit de vote était bien évidemment une de leurs exigences, en tant qu’outil pour choisir et contrôler. C’est évidemment un acquis à défendre contre les tentations autoritaires, voire à conquérir pour celles et ceux qui en sont privé-e-s. Mais ce n’est pas une fin en soi et il faut quand même être sacrément gonflé pour amalgamer « ces gens qui sont morts » et un système dans lequel la majorité ne se sent, à juste titre, ni écoutée, ni considérée, ni représentée.

Alors vous qui convoquez honteusement la mémoire de celles et ceux qui ont eu le cran de faire ce que vous êtes incapables de faire — prendre des risques et refuser l’ordre établi —, notez ça dans un coin de votre tête : le droit de vote, c’est aussi le droit de voter si on veut, et quand on veut ; le droit de choisir, c’est aussi le droit de refuser d’être la caution des tragicomédies électorales en votant, par défaut, pour ceux qui en vivent.

Et c’est surtout le droit de dire que ce système ne nous convient pas, que nous exigeons une démocratie réelle, avec entre autres de véritables mécanismes de contrôle et de révocation, des structures de démocratie directe dans les lieux de vie, dans les lieux de travail, dans les lieux d’études, une déprofessionnalisation de la politique, une rotation et un non-cumul des mandats… et bien d’autres choses, probablement beaucoup plus radicales, à inventer collectivement.

Voilà pourquoi nous vous contestons le droit de vous présenter comme les légataires des « gens qui sont morts » pour la démocratie, un concept dont vous semblez avoir oublié le sens — si vous l’avez jamais su. Et voilà pourquoi, malgré votre indigne chantage, nous ne serons pas ces moutons qui, par crainte ou par résignation, font la queue pour aller à l’abattoir.

=> Source dessin : Chimulus
=> Source texte : Julien Salingue

 

SOURCE/ YETIBLOG.ORG

 

 

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Publié dans actualités

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