Charlie Hebdo : La DGSI et Cazeneuve dans le viseur

Publié le par dan29000

Charlie Hebdo: Cazeneuve devant la Haute Cour?

 

Bernard Cazeneuve est-il en partie responsable de l’attentat contre Charlie Hebdo? Même la presse subventionnée (France Inter compris!), qui criait il y a quelques semaines encore au complot dès que le sujet était abordé, commence à poser ouvertement les questions qui fâchent. Avec la plainte déposée par l’épouse du garde du corps de Charb, Bernard Cazeneuve pourrait même être traduit devant la Haute Cour de la République pour homicide involontaire aggravé.

 

Charlie Hebdo et le psychorigide Bernard Cazeneuve

Décidément, Bernard Cazeneuve est un garçon bien étonnant. Il combattit, comme député, la version officielle sur l’attentat de Karachi, en déclarant notamment:

« Le président de la République est intrusif lorsqu’il qualifie de « fable » les hypothèses du juge Trévidic, alors même qu’il est le garant de l’indépendance de la justice ».

Le même Cazeneuve refuse aujourd’hui farouchement de faire la lumière sur les dysfonctionnements de la police et s’oppose à la communication aux juges antiterroristes chargés de l’enquête les documents dont les services de renseignement disposent. Vérité dans l’opposition, erreur dans la majorité! aurait dit Pascal.

On serait pourtant rassuré si la police française entamait son auto-critique et prenait de véritables mesures pour éviter de futurs attentats… Mais cette volonté de s’améliorer suppose d’avoir un patron qui accepte de secouer ses services au lieu de les caresser dans le sens du poil pour avoir la paix.

Charlie Hebdo et la femme de Wolinski

Plusieurs victimes ou proches de victimes commencent toutefois à ne plus cacher leur agacement vis-à-vis du mutisme policier et gouvernemental. Maryse Wolinski, épouse du dessinateur massacré le 7 janvier 2015, publie la semaine prochaine un livre de confidence.

Elle n’y va pas de main morte sur le sujet de la responsabilité policière dans l’attentat:

« J’ai été très agacée de penser que la fourgonnette de police qui surveillait Charlie avait disparu en novembre, plus de barrières, plus de policiers devant la porte », confie-t-elle. « Je n’aime pas en vouloir aux autres. Mais du coté de la police et du ministère de l’Intérieur, il y a beaucoup de choses à reprendre ».


Maryse Wolinski : « ma colère a redoublé après…par Europe1fr

Charlie Hebdo et la plainte Brinsolaro

L’épouse du garde du corps de Charb, de son côté, Ingrid Brinsolaro, vient de déposer plainte contre X pour homicide involontaire aggravé (cette plainte vise donc le ministre de l’Intérieur). Elle y livre des informations qui semblent avoir échappé à la version officielle:

Le second fait troublant porte sur le témoignage apporté par un journaliste qui travaille à proximité des locaux de Charlie Hebdo au moment de l’attentat. Celui-ci indique que fin octobre 2014, il a discuté avec un homme « de type nord-africain » stationné à bord d’un véhicule au pied de l’immeuble abritant alors la rédaction de Charlie Hebdo. Le conducteur a demandé au témoin : « C’est bien ici qu’on critique le prophète ? », « de toute façon, on surveille Charlie Hebdo ».

Ce journaliste affirme en avoir parlé à un chef de mission du service de la protection en charge de Stéphane Charbonnier. Ce chef de mission aurait rédigé un rapport. Celui-ci aurait été communiqué aux services de la Direction générale de la sécurité intérieure. « Avec ma cliente, nous voulons savoir si le rapport établi suite au signalement du témoin, a bien été rédigé et transmis, » explique Me Stepniewski à l’Eveil Normand.

Il se trouve que la surveillance permanente de Charlie Hebdo avait été levée en septembre 2014. Si l’anecdote versée au dossier par l’épouse du policier est vraie, les terroristes auront rapidement profité de cette évolution pour agir et préparer leur mauvais coup.

Jusqu’ici personne n’a jugé utile, au ministère de l’Intérieur, de faire la lumière sur les raisons qui ont poussé les policiers à alléger la surveillance de Charlie Hebdo quelques semaines avant l’attentat… Ah! si au moins Bernard Cazeneuve avait été député de l’opposition, il aurait exigé une commission d’enquête parlementaire pour faire la lumière sur les faits et les responsabilités de chacun! Le voilà maintenant menacé d’être traduit devant la Haute Cour de Justice (comme Fabius en son temps pour l’affaire du sang contaminé) dans l’hypothèse où la justice le poursuivrait pour ce motif.

Charlie Hebdo et sa chronologie troublante

On se souvient ici que les armes qui ont servi à la prise d’otage à l’Hyper-Casher ont été achetées en novembre 2014 auprès d’un indicateur de la gendarmerie, proche de la mouvance identitaire, un certain Claude Hermant. Rétrospectivement, cette chronologie prend toute son importance. En septembre 2014, la police allège ses dispositifs de surveillance. En octobre, les premiers repérages ont lieu. En novembre, les armes sont achetées. En janvier 2015, les attentats sont commis.

Dans cette affaire, on le sait, d’autres séries chronologiques laissent planer un doute sur les responsabilités policières qui auraient pu faciliter l’attentat.

Ainsi, dès le 10 janvier 2015, le Parisien révélait que la surveillance des frères Kouachi avait été interrompue durant l’été 2014, c’est-à-dire au moment où la police allégeait la protection de l’hebdomadaire, et probablement peu de temps avant que les impétrants n’entament un repérage sur les lieux.

On sait par ailleurs que le 30 décembre 2014, un improbable contrôle de routine mené par deux motards de la police avenue Simon-Bolivar, à 18h, permettait d’intercepter Amédy Coulibaly au volant d’une voiture qu’il venait juste de louer (et quasiment à la sortie du parking de ladite voiture), quelques jours après avoir décroché son permis. C’est fou comme les coïncidences existent dans la vie! Fiché S, Coulibaly a pu néanmoins repartir dans la nature sans problème, les services de renseignement ayant donné l’ordre aux deux motards de ne pas l’interpeller.

Là encore, Bernard Cazeneuve n’a pas jugé utile d’éclaircir ce qui apparaît pour le moins comme de graves défaillances.

Il ne s’agit pas, répétons-le, de sanctionner des comportements, mais de prévenir d’autres attentats.

Charlie Hebdo et le tireur de Fontenay-aux-Roses

Dans la foulée de la plainte d’Ingrid Brinsolaro, c’est l’affaire Coulibaly qui ressurgit, avec ce témoignage d’une victime.

On se souvient que, deux jours avant l’attaque de l’Hyper-Casher par Coulibaly (c’est-à-dire le soir de l’attentat de Charlie Hebdo), un joggeur avait essuyé trois cartouches sur la coulée verte, à Fontenay-aux-Roses. L’enquête a démontré que l’arme qui l’avait visé était l’une des armes utilisée par Coulibaly dans l’Hyper-Casher.

Assez curieusement, la police en a rapidement déduit que l’auteur des tirs était Coulibaly lui-même.

Petit problème: la victime ne reconnaît pas son agresseur, et mène aujourd’hui une campagne pour dire que son agresseur est toujours en liberté. Autre petit problème: la victime avait formellement reconnu il y a plusieurs mois Amar Ramdani comme l’auteur des faits.

Or, Amar Ramdani, ami de Coulibaly, était le compagnon… d’une gendarmette en charge de la formation des gendarmes à la collecte du renseignement. Celle-ci, convertie à l’Islam au point de porter le voile en dehors de ses heures de service, avait d’ailleurs cherché à user de sa qualité d’officier de police judiciaire pour obtenir des renseignements classés sur Ramdani.

Cette situation embarrassante pour nos services de police explique-t-elle le peu d’empressement de l’enquête à faire la lumière sur les faits?

Cazeneuve veut-il protéger François Hollande?

Pour l’ensemble des observateurs, les défaillances policières face au terrorisme, et singulièrement les défaillances du renseignement (mais pas que…), deviennent suffisamment criantes pour que la rigidité de Bernard Cazeneuve apparaisse de plus en plus comme une faute politique. Mais est-elle dictée simplement par les courtes vues du personnage, ou vise-t-elle à enterrer un sujet majeur pour le pays: François Hollande est-il responsable de l’affaiblissement du renseignement français?

On se souvient que l’une des premières mesures prises par Hollande en arrivant à l’Elysée fut d’évincer Bernard Squarcini de nos services de renseignement. C’était une promesse de campagne. Cette chasse aux sorcières a-t-elle désorganisé le renseignement français et facilité la perpétration des attentats de 2015?

Voici ce qu’en disait la radio proche du pouvoir France-Inter, ce matin:

Selon plusieurs de nos sources rencontrées difficilement en mode parano, sans enregistreur, et parfois jusqu’à se rendre à des rendez-vous sans téléphone, le dossier Kouachi n’aurait pas été pris en compte principalement à cause d’une histoire de guerre de services interne à la DGSI. Elle avait commencé en partie lors de la fusion des RG et de la DST en 2008 (qui a donné naissance à la DCRI puis DGSI), il y a eu le naufrage du dossier Mohamed Merah et puis le départ progressif de plusieurs dizaines de  commissaires et d’enquêteurs opérationnels, en particulier   à partir de Mai 2012 date du départ  du « patron »,  Bernard Squarcini,  qui fut l’ancien Chef du renseignement intérieur jusqu’en Mai 2012.

Selon nos sources, ce fut une véritable hécatombe.

Comment expliquer si ce n’est à la lumière de cette lutte intestine qu’en 2012, l’ex -Direction Centrale du Renseignement Intérieur (devenue DGSI) jugeait le dossier Kouachi comme l’un des plus sensibles en France mais  plus du tout en Juin 2014 ?

Comment expliquer que la plupart des agents qui ont « filoché »,  suivi jour et nuit et écouté des filières comme celle de l’Ariège (dite filière d’Artigat) ou de Cannes Thorcy (dont le procès est programmé très prochainement),  aient en grande partie quitté aujourd’hui leur service à la DGSI ? Comment expliquer enfin que des agents ultra-spécialisés de la DGSI au siège de Levallois n’avaient aucune mission de surveillance rapprochée à l’automne 2014 ( que l’on disait alors noyés par le travail…) et qu’ils n’aient pas été envoyés à Reims alors que la petite équipe d’agents du bureau de Reims était de toute façon parfaitement bien incapable de prendre en charge techniquement un tel dossier sur plusieurs mois ? Les adresses sur les avis de recherche des suspects lancés après les attentats se sont toutes révélées erronées…

Mais peut-être Bernard Cazeneuve poussera-t-il le sens du sacrifice jusqu’à tomber à la place du Président de la République…

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