Face à Valls le diviseur, nous ne céderons pas !

Publié le par dan29000

Si la politique du gouvernement Valls a réussi quelque chose, c’est de provoquer la révolte des associations de défense des droits de l’homme et du reste de la société civile. Depuis les attentats du 13 Novembre 2015 et l’instauration de l’état d’urgence, la dérive sécuritaire et liberticide du gouvernement actuel n’est plus à démontrer.

Le projet de changer la constitution pour permettre l’instauration d’un état d’urgence permanent et la déchéance de nationalité pour les binationaux nés français ont soulevé bien des inquiétudes sur la dérive du gouvernement. Malgré les avis négatifs des experts allant du défenseur des droits Jacques Toubon aux juges antiterroristes tels que
Marc Trevidic en passant par des constitutionnalises tels que Dominique Rousseau, tous s’accordent sur la dangerosité de telles mesures mais aussi sur leur inefficacité à combattre le terrorisme. Comment un terroriste prêt à mourir se soucierai de sa nationalité après sa mort? En quoi une telle mesure peut elle prévenir une attaque terroriste? Serions nous prêts à accueillir les binationaux venant d’autres pays qui auraient perdu leur autre nationalité en raison de ses liens avec une entreprise terroriste ?

L’argument avancé est qu’il faut des mesures symboliques. Mais une “guerre” contre le terrorisme comme le dit Manuel Valls, ne se mène pas avec des symboles mais en menant une politique de rassemblement de l'ensemble des composantes de la société. Au lieu de cela il agit dans le sens de la division. Ce n'est pas en adoptant  et une vision électoraliste et en reprenant des mesures instaurées sous le régime de Vichy que le gouvernement viendra à bout des attaques terroristes

Jamais un pays dans l’histoire n’a remporté de guerre ou de combat ou fait face à une quelconque adversité, en étant divisé et en s’accrochant à des décisions symboliques et socialement dangereuses.

Le CCIF est le premier témoin de ces dérives de l’état d’urgence et de ses effets sur la population. C’est ainsi que le Collectif a été signataire du premier appel de Ligue de Droits de l’Homme pour “Sortir de l’Etat d’Urgence”. Il apporte également tout son soutien et son poids pour ce deuxième appel suite à l’obstination de Manuel Valls et de François Hollande à modifier la constitution. Cet appel est le suivant:

Pour nous, c’est définitivement non !*

Non au projet de déchéance de la nationalité, non à une démocratie sous état d’urgence, non à une réforme constitutionnelle imposée sans débat, en exploitant l’effroi légitime suscité par les attentats.

Nous n’acceptons pas la gouvernance de la peur, celle qui n’offre aucune sécurité mais qui assurément permet de violer nos principes les plus essentiels.

Notre rejet est absolu. Nous appelons tous ceux et celles qui partagent une autre idée de la France à le manifester.

Le CCIF reste plus que jamais mobilisé et participe activement à la convergence des différentes initiatives contre l’état d’urgence. Pour protéger la cohesion nationale et l’unité de notre pays, il est plus qu’urgent pour la société civile de former un front uni pour faire plier le gouvernement.

Le CCIF avait dénoncé les violences de l’état d’urgence vis à vis des citoyens de confession musulmane dans un premier temps. Ces violences n’ont pas tardé à cibler le d'autres groupes
de la société civile. Cela avait été démontré avec l’assignation à résidence de militants écologistes et de manifestants contre la COP 21. Le schéma suivi est toujours le même, commencer par une minorité vulnérable puis une fois les mesures acceptées par l’opinion publique, élargir le champs de répression.

Le CCIF en appelle aux organisations de tous bords pour qu’elles signent cet appel et se joignent pour que le gouvernement cesse d’instrumentaliser le sang des victimes pour en faire un carburant idéologique et préparer la campagne présidentielle de 2017. Il n’y a rien de plus cynique que de se servir de la souffrance et de la peur des Français pour leur faire accepter l’idée qu’ils seraient plus en sécurité en étant surveillés, soumis aux décisions arbitraires ou en instaurant une citoyenneté à deux vitesses entre français mono-nationaux et binationaux.

Ensemble nous sommes plus forts. Il est temps de l’être. Signez la pétition ici




*Signataires:

AFD International, Agir pour le changement démocratique en Algérie
(Acda), Altertour, Assemblée citoyenne des originaires de Turquie
(Acort), Association démocratique des Tunisiens en France (ADTF),
Association femmes solidaires comité Saint-Denis, Association France
Palestine solidarité (AFPS), Association des Marocains en France (AMF),
Association pour la reconnaissance des droits et libertés aux femmes
musulmanes (ARDLFM), Association des travailleurs maghrébins de France
(ATMF), Association des Tunisiens en France (ATF), Association des
universitaires pour le respect du droit international en Palestine
(Aurdip), Attac, Cadac, Cedetim, CGT Police Paris,  Centre islamique
Philippe Grenier (CIPG), Cercle Condorcet de Paris, Collectif BDS
Saint-Etienne, Collectif CGT Insertion-Probation (UGFF-CGT), Collectif
contre l’islamophobie en France (CCIF), Collectif féministes pour
l’égalité, Collectif Judéo Arabe et Citoyen pour la Palestine (CJACP),
Collectif Mémorial 98, Collectif national des Faucheurs volontaires,
Collectif national pour les droits des femmes (CNDF), Collectif Stop le
contrôle au faciès, Comité pour le développement et le patrimoine (CDP),
Commission islam et laïcité, Conseil national des associations
familiales laïques (Cnafal), Confédération générale du travail (CGT),
Coordination de l’action non-violente de l’Arche (Canva), Coordination
contre le racisme et l’islamophobie (CRI), Droit solidarité, Emmaüs
international, Espace franco-algérien, Fédération internationale des
Ligues des droits de l’Homme (FIDH), Fédération nationale de la Libre
pensée, Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives (FTCR), Femmes
égalité, Filles et fils de la République (FFR), Fondation Copernic,
Halte OPGM07, Ipam, Justice et libertés Strasbourg , La Cimade, Le
Gisti, Le Mouvement de la paix, Liberpensula Frakcio de Sat, Ligue des
droits de l’Homme, Mamans toutes égales (MTE), Minga-agir ensemble pour
une économie équitable, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié
entre les peuples (Mrap), Osez le féminisme !, Planning familial,
Powerfoule,  Réseau d’alerte et d’intervention pour les droits de
l’Homme (RaidH), Réseaux citoyens Saint-Etienne, Réseau éducation sans
frontières (RESF), Réseau Immigration Développement Démocratie –  IDD,
Revue Ecole émancipée, Revue Inprecor, Revue Regard, Romeurope 94,
Syndicat des avocats de France (Saf), Syndicat de la magistrature (SM),
Syndicat national des journalistes (SNJ), SNJ-CGT, SNPES-PJJ/FSU,
Solidaires étudiant-e-s, Union générale des fédérations de
fonctionnaires CGT (UGFF-CGT), Union juive française pour la paix
(UJFP), Unef, Union syndicale de la psychiatrie (USP), Union syndicale
solidaires.
 
SOURCE/ CCIF

Publié dans actualités

Commenter cet article