Victoire BDS : Rupture Orange, Partner Communications, entreprise israélienne

Publié le par dan29000

Nouvelle victoire de la campagne internationale BDS : Orange va rompre ses liens avec l’entreprise israélienne de téléphonie mobile en février

 

lundi 4 janvier 2016, Par Le Collectif 69

Orange va rompre ses liens avec l’entreprise israélienne de téléphonie mobile en février. Partner Communications accepte d’arrêter de commercialiser la marque Orange en février 2016


Communiqué de la campagne BDS France

 

6 janvier 2016

 

Orange : l’année 2016 commence bien pour la campagne BDS en France

 

Un article du journal israélien Haaretz publié le 3 janvier [lire ci-dessous] révèle que le groupe Orange va mettre fin à son accord avec la société israélienne Partner Communications dès le mois prochain. Ainsi il aura fallu six ans à la campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions pour faire plier Orange et convaincre sa direction de couper les liens avec une entreprise complice de la colonisation brutale et des crimes de l’Etat israélien.

En effet, c’est en 2010 qu’une organisation israélo-palestinienne, Who Profits, signale la présence d’Orange dans les colonies israéliennes et la fourniture de services réservés exclusivement aux colons et aux soldats israéliens d’occupation. La Campagne BDS France est alors alertée, et elle interpelle les syndicats de France Télécoms, leur demandant de prendre position contre cette présence en parfaite contradiction avec la charte éthique de l’entreprise. En 2011, c’est donc SUD PTT qui porte d’abord la contestation au sein de l’entreprise, très vite rejointe par la CGT. Malgré cela, Orange renouvelle son contrat avec l’entreprise israélienne Partner Communications en mai 2011.

Orange complice de la colonisation

En 2012, l’AFPS, Association France Palestine Solidarité, lance une grande pétition citoyenne pour faire pression sur Orange, et une action commune est organisée entre la Campagne BDS France, l’AFPS, SUD PTT et la CGT lors de l’Assemblée Générale du groupe en juin 2012. La campagne, avec la participation du Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens (CNPJDPI), prend alors deux formes : d’une part, des actions citoyennes devant les agences Orange dans toute la France, actions d’information et de collectes de signatures via une pétition par cartes postales adressées à la direction d’Orange ; d’autre part, des initiatives directement auprès de la direction d’Orange, du gouvernement français et du ministère palestinien des télécommunications. A l’occasion du Forum Social Mondial de Tunis en 2013, les cartes postales sont traduites en arabe et la campagne est étendue à la Tunisie, mais aussi à l’Espagne, grâce à la coordination de la campagne BDS en Palestine. La campagne se diffuse sur Facebook et Twitter, mais aussi dans la presse généraliste.

Durant l'été 2014 Orange apporte un soutien aux soldats israéliens

En 2015, le site d’information Electronic Intifada révèle que, lors de l’attaque israélienne meurtrière sur Gaza de l’été 2014, Partner Orange a sponsorisé deux unités de combat et fournit des services gratuits, des générateurs, des chargeurs et des tablettes aux soldats, ternissant encore un peu plus l’image de l’entreprise. La stupeur est de rigueur, et se renforce avec la publication du rapport "Les liaisons dangereuses d’Orange", un réquisitoire rédigé par les associations françaises de protection des droits humains dans le monde dont le CCFD, la FIDH, la LDH, et l’association palestinienne Al-Haq.

La campagne est alors étendue au Maroc, mais surtout à l’Egypte, un pays clé dans la stratégie d’Orange qui souhaite y renommer sa filiale Mobinil (30 millions d’abonnés) en "Orange Egypte". Un communiqué commun est publié entre BDS France et BDS Egypte : c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Stéphane Richard, le président d’Orange, annonce alors son intention de retirer sa marque du marché israélien de téléphonie mobile. La machine est lancée et ses dénégations n’y feront rien : huit mois plus tard, plus aucun téléphone portable en Israël ne mentionnera la marque Orange. Cette défaite est particulièrement cuisante pour Haim Saban, principal investisseur de Partner Communications, qui avait déclaré la guerre à la campagne BDS.

Bien-sûr nous resterons vigilants jusqu’à la rupture définitive de l’accord d’Orange avec Partner Communications, et nous continuerons inlassablement de dénoncer les investissements, même réduits, qu’Orange maintient en Israël. Bien sûr, pour les Palestiniens, la colonisation continue et Partner Communications maintient ses 200 antennes relais et installations téléphoniques illégales, l’occupation israélienne continue à tuer plus d’un Palestinien par jour en moyenne, Gaza vit toujours sous un blocus insupportable et la moitié des Palestiniens du monde sont toujours empêchés de rentrer chez eux. Mais aujourd’hui, il y a deux raisons de se féliciter. D’une part, grâce aux pressions coordonnées de la campagne BDS dans le monde entier, l’entreprise française Orange ne participera plus aux exactions de Partner Communications dans les colonies israéliennes. Et d’autre part, il s’agit d’une nouvelle leçon pour les investisseurs étrangers qui doivent comprendre qu’ils ne peuvent désormais plus impunément tirer profit d’une des dernières situations coloniales dans le monde.

A l’aube d’une nouvelle année, ce retrait d’Orange des colonies ne fait que s’ajouter à une longue série de victoires (Veolia, G4S, mais aussi sur le terrain du boycott culturel et universitaire) qui augurent du succès d’une campagne qui contribuera inévitablement, tôt ou tard, à libérer les Palestiniens de leur condition de servitude sur leur propre terre.


source : Haaretz Amitai Ziv, Haaretz, Jan 03, 2016

Partner Communications cessera d’utiliser la marque Orange en février, huit mois après que le PDG de la société française Orange SA ait déclenché une tempête après avoir dit qu’il voulait mettre fin au partenariat - un geste interprété comme soutenant un boycott d’Israël. À l’époque, le PDG d’Orange SA Stéphane Richard - dont l’entreprise est propriétaire de la marque Orange - a cherché à désamorcer la crise en insistant sur le fait qu’il s’agissait purement une décision d’affaires.

Il est allé en Israël pour souligner que sa société ne soutient pas le mouvement BDS. Néanmoins, les deux sociétés ont convenu de se séparer.

Partner, la deuxième plus grande entreprise de téléphonie mobile israélienne, obtiendra 50 millions d’euros (54,3 millions de dollars) en compensation pour avoir accepté de renoncer à la marque sous laquelle elle a commercialisé ses produits et services depuis sa création en 1998. La société va maintenant devoir se rebaptiser, un processus coûteux et risqué.

Partner a refusé de commenter, sauf pour dire qu’elle est en pleine exploration de la nouvelle qualification. Dimanche, ses actions ont terminé en hausse de 3,3% à 17,75 shekels (4,55 $) à la Bourse de Tel Aviv.

Partner, qui est contrôlé par le magnat israélo-américain des médias Haim Saban, n’a pas décidé d’un nouveau nom de marque, mais pourrait utiliser « 012 Smile » ou « 012 Mobile », noms qu’il utilise pour certains de ses services et qui sont déjà bien connus.

Richard a déclenché la controverse en juin dernier, lorsqu’en réponse à une question lors d’une conférence de presse au Caire, il a dit qu’il était prêt à retirer la marque Orange d’Israël "demain matin", mais qu’aller trop vite exposerait son entreprise à des risques juridiques et à de possible sanctions financières.

Le premier ministre Benjamin Netanyahu exigea que la France "dénonce publiquement la déclaration inquiétante et l’action" entreprise par Orange. Le gouvernement français, qui détient 25% d’Orange, a qualifié plus tard les remarques de Richard de "maladroites", et Orange continue d’exploiter un centre de Recherche et Développement en Israël.

En fait, Partner et Orange avaient renouvelé pour 10 ans le contrat de licence pour la marque Orange quelques mois seulement avant les remarques de Richard. Mais lorsque la controverse a éclaté, les deux parties se sont entendues pour mettre fin à l’accord convenu, donnant à l’entreprise 40 millions d’euros immédiatement et 50 autres millions d’euros si l’accord était rompu dans les 12 mois.

Le paiement initial de 40 millions d’euros était censé financer l’étude de la valeur que la marque Orange apporte à la société et développer des alternatives, un processus que la société a gardé secret, mais qui devrait être achevé d’ici le mois prochain.

Partner a eu plusieurs mois pour continuer à utiliser le nom d’Orange, mais la concurrence intense dans le marché du mobile et la décroissance des profits font des 50 millions d’euros une injection de liquidités bienvenue. Partner a affiché une perte de 9 millions de shekels au troisième trimestre.

Abandonner le nom Orange va également permettre à la société israélienne d’économiser des droits de licence qui, rien qu’en 2014, s’élevaient à environ 49 millions de shekels, d’après Ori Licht, analyste chez IBI Israël Brokerage & Investments. Les 90 millions d’euros versés par Orange permettront à Partner de financer un programme de majeur de changement de marque.

En tout cas, a ajouté Licht, dans le marché actuel du cellulaire, le prix plus que la marque et l’image est le facteur décisif dans le recrutement et la fidélité des abonnés.

Résumé ici : pourlapalestine.be


- Le communiqué officiel du Palestinian BDS National Committeede BDS ( BNC )

- Lire l’article d’Ali Abunimah sur info-palestine.net

- Lire le Communiqué de l’AFPS :

Traduction Campagne BDS-France

SOURCE/ COLLECTIF69PALESTINE

Publié dans Monde arabe - Israël

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