Jim Harrison (1937-2016), Un bon jour pour mourir ?

Publié le par dan29000

Né dans le Michigan en 1937, James Harrison était issu d'une famille modeste. Après avoir perdu un œil dans un accident dès huit ans, il réalise sa volonté de devenir écrivain durant son adolescence, et va obtenir une licence de lettres, tout en se mariant jeune et en ayant deux enfants. Dans les sixties, il rédige des articles de presse et des scénarios pour nourrir sa petite famille, tout en publiant ses premiers poèmes. Toute sa vie Jim Harrison aura été un hédoniste, amateur de poésie, de grands espaces, d'alcool et surtout de bonne chair. Ce qui le conduisait régulièrement en France où il fut assez vite plus célèbre que dans son pays.

 

Plus tard il rencontre Thomas Mc Guane et Jack Nicholson qui l'aidera financièrement alors que Big Jim s'installe dans une ferme dans le Michigan. Toute sa vie se passera entre Montana et Michigan et parfois le désert de l'Arizona. C'est en 1971 que sort son premier roman Wolf, des mémoires fictifs (disponible en poche 10/18), suivi de Un bon jour pour mourir en 1973. Il lui faudra attendre la fin des seventies pour connaître enfin le succès avec le fameux Légendes d'automne, ensuite porté au cinéma.

 

Toute sa vie Jim Harrison, surnommé l'Ogre du Montana alternera la création de nouvelles, de poésies et de romans, dont le plus célèbre fut sans doute Dalva en1988, traduit en français chez Christian Bourgois en 1991. Harrison était un des plus grands représentants de ce que l'on nomme Nature writing. Cet homme des bois qui aimait autant la chasse et la pêche que la vie dans des endroits isolés, savait mieux que personne peindre les grands espaces si représentatifs du continent nord-américain. Il avait mis en lumière les premiers habitants, les indiens, n'aimant pas trop les cowboys. Souvent il critiquait les USA, les nommant parfois Disneyland fasciste et cette société d'hyper-consommation dénuée de sens qu'il opposait à la culture française dont il était amoureux après de nombreux séjours passant par Paris et la route des vins. L'homme avait connu la dépression, les échecs, la coke, la mort accidentelle de ses proches et l'impitoyable Hollywood.

 

Jouisseur et esthète, grand fumeur, gros buveur, il aimait autant René Char que le Bandol, autant Rimbaud que Sitting Bull, sa vie se résumait entre écrire, à la main, et faire la cuisine, c'est à dire manger avec une bonne bouteille. Ce qui lui causa quelques déboires de santé et un surpoids endémique, l'empêchant même de marcher durant les dernières années, malgré une canne. Et cette crise cardiaque hier... Ses trente livres sont traduits dans environ vingt-cinq pays, ils demeureront au premier rang de l'histoire littéraire américaine dans la lignée d'Hemingway. Si vous n'avez jamais lu Jim Harrison, il faut commencer par son plus grand roman Dalva et par Légendes d'automne. A lire aussi, pour bien saisir le gars, En marge (2003) autobiographie, disponible en 10/18, sans oublier son seul essai Aventures d'un gourmand vagabond : le cuit et le cru (2002). Ensuite vous aurez certainement envie de lire tous ses livres tant cet homme transformait ses mots en bouffées d'oxygène dans un monde si mortifère.

 

Dan29000

 

CITATIONS

 

Les bois peuvent être un peu étranges. Il faut longtemps pour avoir l'impressiion d'être un homme des bois, mais ensuite, jamais plus on ne peut redevenir un homme des villes.

En marge (2002)

 

Nous n'étions pas pauvres, simplement nous n'avions pas d'argent.

L'été où il faillit mourir (2005)

 

 

ENTRETIEN EN 1993 DANS LE MICHIGAN / SOUS TITRES

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