Ségolène Royal déconnectée de la réalité nucléaire

Publié le par dan29000

Publié le 28 février 2016

 

Durée de vie des réacteurs nucléaires : Mme Royal déconnectée de la réalité du parc nucléaire et des finances d’EDF

 

 

En se déclarant prête à "prolonger de 10 ans la durée de vie des centrales nucléaire", Mme Royal a fait une annonce purement politicienne totalement déconnectée de la réalité de la situation.

En effet, le parc nucléaire français est dans un état de dégradation avancé alors même que, dans le sillage de la faillite d’Areva, les finances d’EDF sont extrêmement dégradées.

De fait, EDF va se révéler incapable de financer le programme dit du "grand carénage" visant à la rénovation de ses 58 réacteurs nucléaires. Annoncé à 55 milliards d’euros dans un premier temps, le coût de ce programme serait désormais évalué à plus de 100 milliards et, comme toujours dans le nucléaire, sera au final encore bien plus cher.

Or, seuls les réacteurs rénovés pourront obtenir des prolongations de durée de vie de la part de l’Autorité de sûreté nucléaire (*). Il est donc très probable que, dans les 10 ans qui viennent, la direction d’EDF soit amenée à fermer d’elle-même une bonne vingtaine de réacteurs nucléaires, les plus anciens et le plus dégradés, afin d’essayer de sauver momentanément les autres.

Il est notable que la dégradation avancée du parc nucléaire français se produit au moment même où la production des énergies renouvelables est de plus en plus massive et à des tarifs de plus en plus bas.

De fait, au delà même des problématiques cruciales du risque de catastrophe et de la production de déchets radioactifs, le parc nucléaire se révèle être désormais pour la France un terrible boulet sur le plan économique.

Une des conséquences de cette situation est l’abandon inévitable par EDF de son projet de construire des réacteurs EPR en Grande-Bretagne.

Contrairement à l’Allemagne qui a lancé la sortie du nucléaire et entamé sa transition énergétique en l’an 2000, la France se retrouve pour sa part sans la moindre alternative alors même que l’option du nucléaire arrive dans une impasse.

En construisant à marche forcée une soixantaine de réacteurs en quelques années, ce qui a été présenté comme un extraordinaire exploit industriel, la France avait en réalité programmé son arrivée dans un piège pour 30 à 40 ans plus tard, c’est-à-dire aujourd’hui, et ce ne sont pas les belles paroles de Mme Royal qui changeront quelque chose à cette situation inextricable.

(*) Il est important de noter que, même "rénovés", les réacteurs nucléaires resteront dans un état inquiétant et seront de plus en plus susceptibles de causer une catastrophe comparable à celle de Fukushima.

 

SOURCE / OBSERVATOIRE-DU-NUCLEAIRE.ORG

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