Captifs, un roman de Kevin Brooks, chez Super 8 éditions

Publié le par dan29000

Les éditions Super 8 nous proposent le nouveau roman de Kevin Brooks, un roman très controversé, Captifs, qui a reçu un prix important outre-Manche, un roman qui ne peut laisser indifférent malgré son haut degré de violence.

 

 

Cet étrange roman débute un lundi 30 janvier à dix heures du matin. Le narrateur nous dévoile sa situation. Il est enfermé dans un lieu inconnu, sans porte ni fenêtre, avec pour seul accès, un ascenseur. Un plan est dessiné en page deux du livre, celui du lieu. Cuisine, salle de bain, salon et six chambres. Silence et plafonds bas. Sans doute en sous-sol... Le narrateur se souvient alors de son kidnapping. Une scène assez classique déjà vue dans nombre de films ou livres sur les tueurs en série.

 

A ce moment, le lecteur songe, à juste titre, que l'on aura à lire un roman de plus sur ce sujet si exploité par la littérature et le cinéma. Pourtant, au fil des pages, l'on comprend avec plaisir qu'il n'en sera rien. Car il n'y a pas de demande de rançon, pas de motif à cette détention qui se prolonge durant des jours et des jours. Plus angoissant encore, le détenu est bientôt rejoint par une petite fille, puis par un vieil homme malade. Vont suivre un toxicomane et une jeune femme dépressive. Les uns ne connaissant pas les autres.

 

Au fil du temps, les captifs sont nourris régulièrement, et filmés par des caméras. Peu à peu le talent de Kevin Brooks fait son œuvre, laissant le lecteur subjugué, fasciné et se posant autant de questions sans réponse. Comme les captifs. Incertitude et malaise.

 

Pourquoi ?

 

L'angoisse première de la détention va faire place à la colère, à la tentative de révolte, et progressivement au désespoir quand le groupe comprend qu'il ne pourra pas sortir de là. Seule possibilité survivre ensemble. Mais pour quoi faire ? Et survivre dans le groupe, ou contre le groupe ? Peu à peu, le calendrier initial va s'estomper, les jours ne seront plus distingués des nuits, malgré une curieuse horloge. Mais ces heures qui défilent sans repère, ne sont-elles pas, elles aussi, truquées, par le maître des lieux ?

 

Impossible d'en dévoiler plus, sinon que nous sommes là face à une belle réussite littéraire dans un genre pourtant déjà bien exploité. Mais la qualité des nombreux dialogues, la progression angoissante à souhait de cette histoire, en font un vrai pageturner, comme disent les américains.

 

Dan29000

 

Captifs

Kevin Brooks

Traduit de l'anglais par Marie Hermet

Éditions super 8

2016 / 332 p / 18 euros

Prix numérique : 12,99 euros

 

 

Le site de l'éditeur

 

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