Maudits soient les artistes, de Maurice Gouiran, chez Jigal

Publié le par dan29000

Avec plus d'une vingtaine de romans aux éditions Jigal, on ne présente plus Maurice Gouiran qui nous livre ici Maudits soient les artistes, une belle cuvée qui passionnera les amateurs de polars, mais aussi ceux qui aiment bien apprendre des faits historiques généralement peu mis en lumière.

 

 

Quand une guerre fut mondiale, les conséquences ne s'arrêtent pas avec l'armistice. Par exemple, 70 ans plus tard, l'on retrouve à Munich des centaines d'œuvres d'art dans l'appartement d'un octogénaire. Pas n'importe quel octogénaire car cet homme était le fils d'un célèbre marchand d'art ayant travaillé avec le Reich. Sur ce simple fait divers va s'enclencher une histoire forte bien dans le style de Maurice Gouiran.

 

 

Dès la première page du premier chapitre, le lecteur est plongé dans l'action. En effet, Samira, femme de ménage, vient de découvrir le cadavre sanglant d'un nommé Albert Facciolini. L'homme qui vivait seul, avait été ficelé sur une chaise, l'arrière de son crâne défoncé, sans doute par le pique-feu ensanglanté abandonné sur place. Après la police, le médecin légiste ne tarda pas à constater que l'homme avait été torturé. A Marseille, un modeste couple de retraités, les Bertignac, sans lien avec le célèbre guitariste, entame une procédure dans le but de récupérer quelques tableaux retrouvés en Allemagne. Peut-être y aurait-il un lien ?

 

 

Le personnage central, Clovis Narigou est pigiste pour un magazine national, se trouvant en Ariège sur les traces d'un grand mathématicien ayant fui le monde. Il va découvrir qu'il a séjourné au camp de Rieucros, un camp pour femmes et enfants, installé par Vichy durant la seconde guerre mondiale. Mais le plus troublant est que Valentine Bertignac y fut aussi incarcérée. Curieuse coïncidence. Pour le plus grand plaisir du lecteur, Clovis va alors enquêter sur un passé peu ragoutant de notre pays, le temps des spoliations, le pillage des collections juives par Goering, la mise à l'index de ce que les nazis nommaient l'Art dégénéré !

 

Si l'on retrouve le plaisir habituel des rebondissements imprévus du polar, vient s'ajouter l'érudition de l'auteur qui fut enseignant en fac, journaliste, consultant pour l'ONU et passionné par l'histoire du XXe siècle. Quand la lecture-plaisir se double d'une source de connaissance, que demander de plus !

 

Dan29000

 

 

Maudits soient les artistes

Maurice Gouiran

Éditions Jigal

2016 / 232 p / 18,50 euros

 

 

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