A Créteil, une exclusion dans un lycée pour "port de jupe longue" !

Publié le par dan29000

Nous venons d’apprendre un nouveau cas d’exclusion pour “port de jupe longue” dans un lycée public situé à Créteil (77). 

 

Laurence Rossignol l’avait décidé ainsi d’ailleurs ce n’est pas un hasard si à la fin des années 60, quand les femmes accèdent à plus de droits, les jupes raccourcissent”. Aux aguets suite au “parpaing [qui lui est] tombé dans l’estomac”, la Ministre de la Défense des Droits des Femmes avait excellé dans l’art de la synthèse en résumant l’historique du combat des droits des femmes à un ratio longueur de tissu - extensibilité relative d’accès aux droits civiques. Les historiens auront à coeur d’intégrer cette nouvelle hypothèse explicative au sein de leurs travaux. 

 

Pour Fannie*, c’est sa jupe longue qui l’a exclue du droit à l’accès à l’éducation.

 

Fannie a 16 ans et est scolarisée en première dans un lycée public de Créteil. Il y a un peu plus d’un an, elle a décidé de se convertir à l’Islam. Elle porte un foulard qu’elle retire systématiquement à l’entrée du lycée, en conformité avec l’application de la loi du 15 mars 2004. La direction de son lycée en revanche, a décidé en toute illégalité de lui conditionner l’entrée au sein de l’établissement au retrait de sa jupe longue.

 

Le 2 mai, cette dernière lui annonce qu’elle ne peut plus venir au lycée en jupe et/ou robe longue, sans même se donner la peine de contacter les parents. La mère de Fannie a essayé vainement de joindre le lycée dans l’après-midi sans que la directrice ne la rappelle. Ce n’est qu’hier qu’elle a été informée de l’exclusion de sa fille. Ce mercredi 3 mai, Fannie a eu de son côté un entretien avec la directrice qui lui a confirmé son exclusion. 

 

La mère de Fannie, de confession catholique est tout à fait consciente de l’injustice flagrante que subie sa fille et compte aller au bout des démarches juridiques pour faire valoir ses droits.

Avalisant ce qui apparaissait déjà comme une évidence, à savoir que c’est la confession religieuse de Fannie qui motive en réalité la discrimination dont elle est la cible, le proviseur vie scolaire s’est dit “offusqué” que la mère puisse soutenir les choix de sa fille. 

Au sein du service juridique du CCIF, contrairement à l’analyse de Madame Rossignol, c’est la relation inverse que nous observons : parfois, lorsque les jupes se rallongent, les jeunes filles accèdent à moins de droits que leurs camarades. Sauf qu’en réalité, ce n’est pas tant la longueur des jupes qui pose question aux discriminants, mais plutôt leur appartenance à la religion musulmane. La militante Sihame Assbague avait parfaitement su résumer cette relation connexe longueur de jupe - jugement de leur degré d’ostentation - appartenance réelle ou supposée à la religion musulmane,  en un seul tweet

Tout comme la mère de Fannie, le CCIF est déterminé à ce que celle-ci puisse retrouver le chemin du lycée sans que ses choix vestimentaires ne puissent être une entrave à son droit à l’éducation. Une jupe longue ne saurait en aucun cas être une infraction à la loi du 15 mars 2004. En 2015, nous enregistrions 177 actes de discrimination dans les établissements des premiers et seconds degré.

Le CCIF tient à préciser que des simples rappels sur le principe de laïcité serait de nature à minimiser ces actes, parfois induits en méconnaissance de cause.  Nous ne manquerons pas de vous tenir informé sur ce dossier. 

*Noms d’emprunt

Crédits photos: Shutterstock

 

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SOURCE/ ISLAMOPHOBIE.NET

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