Fête de l'insurrection gitane 2016

Publié le par dan29000

Fête de l'insurrection Gitane 2016

 

 Exil

Un Spectacle Politique Vivant  15 mai 2016 de 11h à 2h sur le parvis de la basilique de Saint-Denis  

 

L'insurrection Gitane ?

 

  Cette année encore La voix des Rroms et ses amis célèbreront en France et en Europe, le soulèvement, le 16 mai 1944, des femmes du « camp des familles tziganes » d’Auschwitz II-Birkenau, sous la forme d’un Spectacle Politique Vivant. Suite aux efforts de La voix des Rroms auprès de ses partenaires, le 16 mai est devenu depuis mai 2015  l’International Romani Resistance Day et simultanément des évènements auront lieu  encore en 2016 dans de nombreuses villes d’Europe, dont Berlin, Vienne, Budapest, Skopje, Srebrenica, Prague etc... Tout particulièrement, l’événement continental portera le thème commun de l’EXIL avec la volonté de  rassembler les hommes et les femmes que l’histoire contemporaine, les guerres de l’économie ont arraché à leur lieux familiers pour les exposer aux dangers des mers et des routes d’Europe : les “migrants”, “les réfugiés”. En exposant  encore le spécifique exil rromani, cette fête politique et culturelle veut être  avec les  éclaireurs d’une ouverture de l’Europe pour l’accueil des victimes de ces guerres de l’économie.  Grand manifeste  contre le racisme  structurel, la Fête de l’Insurrection Gitane veut aussi être  un acte d’affirmation d’une nouvelle appartenance commune fondée sur la cohésion non hiérarchique de tous  en tant que multiplicité résistante. L’identité rromani, multiple, dans son acte d’insurrection historique, et en tant que cible contemporaine parmi d’autres des violences nationales et gouvernementales en Europe, se propose comme paradigme  de cette unité harmonieuse des différences dans un ensemble continental cohérent.   C’est donc tout naturellement que cet acte qui veut participer d’un mouvement général de refondation de la citoyenneté doit prendre place pour la France à Saint-Denis, localité cosmopolite organisée, et donc objet métropolitain de la haine nationaliste, et précisément sur le parvis de la Basilique où sont les gisants des Rois et qui par ailleurs, est mentionné dans le Journal d’un bourgeois de Paris (1427) comme lieu l’apparition des Rroms dans le Royaume de France. Cette année encore, la fête, parodie d’une insurrection, sera aussi la parodie d’une foire, en hommage à la foire du Lendit, qui du haut Moyen-Âge à l’aube du monde industriel fût le motif d’un afflux dans les parages de Saint-Denis des peuples français et de toute l’Europe continentale.  

Les faits :

Le 16 mai 1944, les femmes et les hommes du "camp des familles tziganes" d'Auschwitz II Birkenau, avertis par le réseau clandestin de la résistance du camp, se sont organisés et ont réussi à repousser les gardes SS venus les conduire aux chambres à gaz. Les meneurs de cette insurrection, membres d'un plan secret de soulèvement général du camp, furent après cette nuit dispersés et assassinés dans d'autres sites d'extermination du 3ème Reich. Les enfants, les femmes et les hommes restés dans le "camp des familles tziganes" ont été exterminés dans la nuit du 2 au 3 Août 1944. Le plan général de soulèvement du camp fût mis en œuvre le 7 octobre 1944, par les membres des "sonderkommandos" depuis le site des chambres à gaz.

Le danger d'être victime :

L'effort en vue de la reconnaissance du "Génocide des tziganes" est historiquement lié à l'émergence après-guerre d'un "mouvement pour les droits civiques". Ce mouvement était largement organisé autour de la promotion et de la reconnaissance d'un nom "endonymique" : "Rom", "Sinti und Roma", etc. Cette centralité du nom était un des aspects de la promotion et reconnaissance de la cultures et de la langue Rromanis.  La nouvelle génération a commencé d'être sensible au danger qu'il y a à surgir dans l'espace collectif sous le seul aspect de la figure de victime historique de crimes politiques de masse ; et faire ainsi de cet état un référent existentiel central. Ce stratagème a deux effets fâcheux majeurs : renforcer l'exposition du groupe victime face à la possible violence d'Etat, augmenter l'hostilité à l'égard du groupe, de l'ensemble des administrés non appartenant au groupe.

Promouvoir la révolte et la dignité pour la situation actuelle :

Il est très pertinent, au contraire, d'associer cet effort de reconnaissance et de souvenir du processus de destruction, de sa complexité spécifique avec la célébration de l'héroïsme et de la résistance, même précaires, qu'ils ont rencontrée. L'exemple de cet acte de résistance inspire courage et dignité. Son incompréhensible maintien dans le silence de l'Histoire est il motivé par la puissance de vie qu'il contient ? Cette puissance doit, quoi qu'il en soit, servir désormais à la jeunesse européenne de réservoir pour faire face aux incertitudes et menaces du présent (montée de l'autoritarisme, normalisation des pratiques policières abusives, état d'exception permanent etc...)

Une réappropriation démocratique de l'histoire :

La pratique commune de la commémoration est plus souvent institutionnelle, et si elle désigne les premiers concernés sous l'aspect exclusif de la victime, c'est que son objectif et sa justification,  par la désignation de ce statut, sont la repentance du "bourreau", l'essentialisation de la figure de la victime, l'institution d'un "bouclier moral" entre le "bourreau" et la victime, qui paradoxalement est toujours entre les mains du "bourreau". La dite cérémonie est ainsi formalisée en direction exclusive des institutions, et les premiers concernés n'y figurent que sous l'aspect d'une représentation (de victime) adressée à ces mêmes institutions. L'initiative Rromani Resistance propose une méthodologie alternative qui consiste à formaliser la mémoire en direction des premiers concernés afin que la forme décidée soit conforme à leur usage, avec pour objectif l'amélioration de la vie démocratique suivant l'autorité et la responsabilité du "dèmos".

La multiplicité comme loi du "dèmos" :

Rromani Resistance est le plus largement inclusif. Si le "genocide des tziganes", dans la stricte intimité des familles, a ravagé un groupe restreint (mais multiple : Rroms, Manouches, Sintés, itinérants divers etc... ), la résistance a toujours été le fait d'amitiés partisanes rassemblant des femmes et des hommes, qui outre appartenir à cette communauté d'amis, avaient des appartenances individuelles variées. Ainsi le réseau de résistance interne de Birkenau, auxquel les leaders Rroms et Sintés du 16 mai appartenaient, comptait aussi des juifs de diverses nationalités, des polonaises monarchistes, des communistes polonais etc... La résistance contre les crimes politiques d'État du présent et de l'avenir ne peut pas être le fait du prince mais seulement le fait du "peuple". Rendre aux premiers concernés la puissance contenue dans la révolte du 16 mai 1944, c'est leur donner l'outil pour reformer la multiplicité d'amis que doit être un "dèmos" : la communauté des partisans.  

 

SOURCE/ INSURRECTION-GITANE.COM

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