A vol d'oiseau, de Craig Johnson, chez Gallmeister

Publié le par dan29000

Le fan club français de Craig Johnson s'élargit d'année en année, et c'est justice. En ce printemps, une double actualité pour notre ami américain, d'abord A vol d'oiseau, toujours aux éditions Gallmeister, et en poche, Molosses, chez Points, si vous l'aviez loupé précédemment.

 

A vol d'oiseau est donc un nouvel épisode des aventures du shérif Walt Longmire que nos lecteurs connaissent bien. Une mission très originale pour le shérif, assez loin de celles qui lui incombent d'habitude : marier sa fille, Cady. Mais bien entendu, tous les préparatifs ne vont pas vraiment se dérouler comme prévu, d'autant plus que Longmire se trouve au cœur du monde cheyenne, ce qui ne va pas simplifier l'enquête. Le point de départ étant un très étrange suicide. Audrey Plain Feather a sauté de la falaise... mais avec son fils dans les bras ! Malgré tout l'enfant est sauf. Mais cette mort est-elle ce qu'elle semble être, un suicide ?

 

Tout cela n'étant que les premières pages de ce nouveau chapitre des enquêtes de Walt Longmire. Vont ensuite venir se greffer sur cette histoire peu banale, la nouvelle chef de la police tribale, Lolo Long, et comme une difficulté n'arrive jamais seule les fouineurs du FBI vont venir s'ajouter au puzzle à déchiffrer. Au-delà de l'enquête elle-même, assez mainstream, l'originalité de A vol d'oiseau vient du contexte, celle de cette réserve indienne, où la grande sagesse des anciens plane un peu partout, où l'on se retrouve parfois à se laisser guider... par un singulier corbeau. Le ton étant, comme d'habitude, saupoudré d'humour, tranchant avec des situations parfois noires.

 

Après déjà 9 titre parus en France et plus de 200 000 livres vendus, sans oublier 3 prix littéraires et une série télévisée (hélas assez moyenne), si vous n'avez jamais lu un Craig Johnson, c'est le bon moment, avec en prime le choix du format, poche pour Molosses ou A vol d'oiseau, en grand format. Un régal.

 

Dan29000

 

A VOL D'OISEAU

Craig Johnson

Traduit de l'américain par Sophie Aslanides

Éditions Gallmeister

2016 / 320 p / 23,50 euros

 

Le site de l'éditeur

 

Lire notre article sur Molosses

 

 

LIRE UN EXTRAIT :

 

— Je voudrais bien savoir ce qu’a fait Katrina Walks Nice pour se faire virer d’un rade comme celui-là pendant soixante et un jours.

Je commençais à avoir des doutes sur la composition de l’équipe de négociateurs que j’avais amenée avec moi pour convaincre le chef de la tribu des Cheyennes du Nord d’accepter que ma fille se marie à Crazy Head Springs.

— Tu ne peux pas qualifier le White Buffalo de “rade”. C’est le centre névralgique de la réserve.

Mon adjointe, Victoria Moretti, secoua la tête.

—  C’est rien d’autre qu’une putain de supérette. (Elle sourit, se réjouissant de l’occasion qui lui était donnée de remuer la merde.) Elle a dû faire un truc vachement grave pour se retrouver interdite d’accès pendant deux mois.

Vic montra du doigt le tableau blanc fixé au-dessus de la caisse enregistreuse sur lequel étaient inscrits les noms de tous les contrevenants qui avaient été épinglés pour chèques sans provisions, vol à l’étalage et autres comportements crapuleux, de manière que tout le monde puisse en prendre connaissance – une version moderne du pilori.

Mon regard glissa sur le panneau pour aller se poser sur les corbeaux qui tournaient au-dessus de Lame Deer tandis que les premières gouttes de pluie tombaient sur la 212. C’était la route principale dans la réserve, et celle que les poids lourds empruntaient pour éviter les pesées sur l’autoroute. Avant d’être élargie et nivelée correctement, elle était connue sous le nom de Scalp Alley, en référence aux nombreux voyageurs infortunés qui avaient trouvé la mort sur la bande composite d’asphalte et de scories, et aux croix plantées au bord de la chaussée, autant d’éclairs sinueux des Blacks Hills jusqu’à Little Bighorn.

Comme le dit mon bon ami Henry Standing Bear, sur la réserve, même les routes sont rouges.

J’essayais de rester attentif, mais je me laissais continuellement distraire par les corbeaux qui surfaient sur les courants aériens dans l’éther des Hautes Plaines ; il pleuvait au loin, mais le soleil semblait vouloir l’emporter sur les nuages. Le ciel arborait un violent contraste de bleu et de gris charbonneux que ma mère prétendait être causé par le diable qui battait sa femme.

— Elle a dû voler la caisse enregistreuse.

 

 

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