POKEMON GO : Les abrutis du jour, par Thierry Kruger

Publié le par dan29000

LES ABRUTIS DU JOUR - Ce n'est pas pour rien que j'envisage une grève de la faim ... Il y a 7 millions de chômeurs, une société qui ne veut connaître que des urbains-blancs-toujours-jeunes pas chiche de toute 'culture' et ignore les pauvres, les lumpen, les prolétaires, les ouvriers, les artisans et les paysans, mais aussi les pas 'beau', les handicapés, les vieillards ... Cinéma et télé ne veulent plus de borgne, de mutilé, de balafré, de nain, de bégayeur, de zézayeur, de travailleur en sueur sentant le tabac.

Le fonctionnaire, la télé ne le tolère que s'il est de la police, et encore, pas le flic de base, mais le grand-chef-qui-sait-tout et rien des conditions d'application sur le terrain des directives parfois délirantes de son ministre. Elle ignore avec dédain l'infirmière, le postier, l'instituteur, fonctionnaires 'piétaille' pour l'État-patron, condamnés à accomplir en 35 heures ce qui nécessiterait peut être dix fois plus d'heures travaillées, ce faute d'embauches. Du patron, elle en bouffe à la pelle, mais du gros, du très gros, de ceux qui font détester les millions de petits patrons. L'employé de bureau n'est 'bon pour l'antenne' que s'il invente une start-up. Le jeune, il doit avoir l'air sorti d'une école privée catholique ou d'un magazine branché (quand ce n'est pas d'un asile). Il n'est héroïque que s'il se fait un max de blé, qui avec une application pour portable connecté, qui avec ses CD estampés 'rebelle-mais-pas-trop'. Jamais elle ne dira à quels adultes il doit la concrétisation de son projet. Mythe de l'Homme sans Histoire, qui s'est fait tout seul et oserais-je le dire, Homme souvent 'sans qualité' en mode Muzil.

La société française de l'auto-proclamée élite, elle ne veut ni affiliation, ni mémoire, ni racine. Elle ne veut pas de rue, de foule, d'improvisation, de créativité, en un mot, d'un PEUPLE. C'est tout juste si elle a pas honte de se dire 'française', parce qu'elle n'intègre plus et que même, elle nous désintègre plutôt. Elle veut pas du citoyen, du responsable, mais ne cherche que des coupables, sans chercher un procès contradictoire, mais juste un verdict. Aussi passe-t-elle son temps à juger gravement de vétilles vestimentaires, de modes alimentaires ou d'un mot mal dit, mal compris, mit au mauvais endroit. Alors que ce ne sont pas les mots, mais les Hommes, mes concitoyen(ne)s, qu'elle mal-comprend et mal-situe. Alors qu'en fait, c'est eux, les tout-en-haut qui sont pas à la bonne place et devraient redescendre de leur perchoir et mettre le nez dans leur fiente qui en est tombée. Ils devraient subir les rigueurs de leurs loix de 'rigueur'.

La petite lucarne est le reflet de leur quasi aveuglement à NOUS VOIR. Pouvoir bigleux, autiste, comme si la Démocratie n'était qu'un vieux vautour acariâtre et déplumé, travesti en chouette, ce symbole de la première Démocratie connue, Athènes. Elle veut du trans-humain binaire, connecté à la machine, qui répond par 'oui' ou 'non' sans intellect. Et même quand elle demande cette réponse stupide, un certain référundum qui ..., elle peut répondre MERDE ! et effacer nos voix pour maintenir le train de la République sur leur voie sans issue, qui même au garage où la loco sera démontée, dispersée et soldée au grand Marché des idées courtes.

Elle veut de l'aseptique, de l'indolore, du non-signifiant, bref, elle veut LA MORT ... Avec tout mon mépris car les pokémons, c'est du bonheur pour le 5-9 ans, dix grand maximum. Une 'société' culturellement pédophile est abjecte. Et si l'on la blesse, l'égratigne, cette société infantile appellera aussitôt 'papa' flic et 'grand-père' homme providentiel. Cette 'société', elle ne veut pas connaître que son bonheur de pacotille à un PRIX humain et environnemental exorbitant ... Elle dit 'pourvu qu'il ne se passe RIEN pour moi qui ne soit pas prévu' et ne prévoit absolument pas un DEVENIR ensemble, où le 'je' se sublime et grandit par et avec l'AUTRE, avec et non pas 'à côté de l'autre' ni seulement 'connecté à l'autre' ...

Mes films ne passeront jamais sur aucune télévision. Elles ne s'adressent donc qu'à des enfants éternels, jamais vraiment adultes, en somme, aux négateurs du réel. Le réel n'est pas là pour nous faire plaisir, ni sécable à notre convenance narcissique. Il n'est ni bon, ni mal, mais conséquence de causes et cause de conséquences ... sur lesquelles nous pouvons, plus ou moins, intervenir. Et le désespoir de nos temps viendrait en bonne part de ce que devant certains problèmes dont on aurait un élément de solution, tout soit fait pour nous rendre incapable de s'associer aux autres, ceux proches physiquement, car plus un problème est grand, plus on doit être nombreux.

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SOURCE/ FB Thierry Kruger,auteur-réalisateur

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