Désintox : témoignage sur la réalité de Calais

Publié le par dan29000

Qui osera parler de la vérité de Calais?

 

Qui va enfin parler de la vérité de Calais ??? La désinformation va bon train... Mais la réalité et l'histoire de Calais, qu'en est-il vraiment ? Calais meurt depuis l'invasion par les réfugiés.... Ineptie !!!

J'enrage, je ne décolère pas quand j'entends ces commentaires:

" Le centre de Calais meurt depuis que les réfugiés sont là, les commerces  ferment..."

 

Je vis à Calais depuis presque 50 ans, j'ai vécu mon adolescence à Calais, ainsi que les frères et sœurs. J'avais 9 ans lorsque j'y suis arrivée avec ma famille ( mes parents et ancêtres sont calaisiens depuis des siècles) , dans ce quartier neuf qu'on appelait la ZUP, quel choc !!! Moi qui ne connaissais que Charleville-Mézières, que de larmes secrètes versées de ce choc culturel et de cette perte de mes repères. À l'école, en CM1, j'étais déjà ciblée avec mes cheveux noirs et bouclés et mon langage. Je ne comprenais pas le français parlé à Calais, avec cet accent ( pour comprendre, écoutez Dany Boon, " à s'baraque et en ch'ti) et ses mots et expressions improbables . 

Il y avait des poux à l'école, et la maîtresse vérifiait régulièrement les têtes... Devinez qui en premier : mes deux seules copines , Nathalie, d'origine Portugaise, Nadjette, d'origine marocaine, et mon seul copain Rachid, d'origine Algérienne et moi.... Regroupés de fait, pour pouvoir jouer et parler à la récréation... Comme tous les enfants en ont besoin...

J'allais oublier, Sylvie, une fille très sympa, très brune, aux très longs cheveux, la peau mate. Bien française, nous nous aimions beaucoup, un jour elle m'a demandé de venir chez elle passer un moment après l'école parce qu'elle avait été malade et devait rattraper les cours. Elle est entrée dans sa maison, m'a dit "attends, je vais demander à ma mère si tu peux venir " , elle a laissé la porte entrebâillée, et j'ai entendu une discussion et d'un coup, un cri de sa mère: " ça suffit, je t'ai dit je ne veux pas de ça chez moi !" 

Je n'ai pas compris sur le coup, l'horreur de cette situation, la porte fut claquée et je suis restée sur le trottoir , ahurie, ma copine a fini par passer la tête à la porte et m'a dit :" ma mère ne veut pas".

Le lendemain, à l'école, elle m'a dit: "ma mère a dit que tu peux me prêter tes cahiers pour que je rattrape". Mais cette fois, c'est ma mère qui me l'a interdit : " sa mère ne veut pas de toi chez elle, elle n'aura pas tes cahiers ! " Comment comprendre à 9 ans ?...

La maîtresse - que j'admirais beaucoup, grande, fine, une belle dame impeccable, avec ce si beau chignon doré et ses yeux bleus, ses beaux vêtements et ses hauts talons, son beau langage, était toujours surprise par mes excellents résultats scolaires et à chaque fois me demandait d'où je venais...

Et pour en finir avec ce passage de mon enfance,  je veux rendre hommage à Monsieur Allemand, mon instituteur de CM2, qui nous a aimés, sans distinction, et transmis ses savoirs avec passion. C'est vous Monsieur qui m'avez donné l'envie d'être enseignante un jour. Chapeau bas Monsieur !

 

Bref... Le racisme était déjà bien ancré à Calais en 1972...

 

Calais est une ville moribonde depuis très longtemps!!!

Déjà, il y a 30 ans, les jeunes corrects ne pouvaient pas sortir le soir ou la nuit sans craindre de se faire agresser par de bons français bien blancs, au crâne rasé, et aux tatouages fascistes...

Calais, ville portuaire, a toujours été une ville dangereuse la nuit.

Depuis 30 ans, les instituteurs et professeurs se font agresser, sur leur lieu de travail par des parents d'élèves agressifs, et sans éducation.

Depuis 30 ans le Centre ville est mort à 19 heures.

Et la construction du tunnel avec l'ouverture de la Cité Europe, ce complexe commerçant gigantesque il y a une vingtaine d'années, a achevé de tuer la ville et ses commerces.

On peut tout acheter là bas et c'est à 10 mn en voiture !!!

Quant aux touristes , les anglais surtout, je ris, ils venaient juste encombrer les rayons vins et bières de nos hypermarchés...

Et dès l'arrivée de la droite à la mairie, le seul camping de Calais fut fermé !

Les réfugiés n'ont donc rien à voir avec la mort de Calais !

Bien au contraire, si les calaisiens leur avaient laissé une chance, ils n'auraient pas demandé mieux que pouvoir aller boire du thé ou du café dans le centre ville ou à la plage, y manger un morceau aussi. Même avec le peu d'argent qu'ils ont.

Et ainsi participer à la vie économique.

Les siècles de misère sont responsables de la mort de Calais.

Le paternalisme bourgeois de ses industriels qui employaient des enfants dès l'âge de 9 ans, les deux guerres mondiales, l'obligation de quitter Calais pendant la deuxième pour être réfugiés dans d'autres régions de France, tout quitter, sans rien emporter, et revenir dans une ville dévastée, encore plus pauvres qu'avant... Le manque d'accès à la culture et à l'école. 

Voilà où il faut chercher la mort de Calais.

 

 

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SOURCE/ MEDIAPART.FR

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