Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

 

 

 

 

 

Pour la rentrée littéraire de septembre, nous avons fait le choix de critiquer moins de premiers romans que les années précédentes, même s'ils furent encore nombreux. Deux ou trois de ces premiers romans franchirent le plafond de verre, parmi eux, Voici venir les rêveurs, de Imbolo Mbue aux éditions Belfond.

 

 

Rêver est indispensable pour vivre. Mais parfois rêver a un prix élevé. Depuis plus de deux siècles, le rêve de partir aux États-Unis perdure. Partir pour un ailleurs qui sera donc meilleur, partir vers le pays où tout est possible, partir pour devenir un autre. C'est le rêve d'une famille camerounaise émigrée à New York. Le lecteur va plonger dans cette mégalopole qui ne dort jamais, où tout est possible... mais pas toujours pour tous. Jende Jonga vit à Harlem avec sa femme enceinte et leur fils de six ans. Il vient enfin de trouver un job de chauffeur chez Clark Edwards, un banquier de... Lehman Brothers, en 2007, juste avant la crise des subprimes... American dream, loin du Cameroun, s'intégrer, devenir de vrais américains pur jus... Avoir le sésame, la Green card. Tout commence bien, un job plutôt sympa, un boss qui ne l'est pas moins, une certaine complicité entre les deux hommes, et même entre les deux familles.

 

Pourtant le petit chauffeur va découvrir les infidélités de son patron-banquier. Que faire ? Solidarité entre les deux hommes ? Solidarité entre le petit employé noir et le riche banquier blanc ? Ou se taire. Dilemme sur fond de menace d'expulsion pour la famille. Imbolo Nbue alterne alors les points de vue de ses personnages et se sert avec panache d'un sens du dialogue étonnant. Elle fait vivre les deux couples face aux menaces qui planent. L'expulsion possible pour les uns, la faillite pour les autres quand la banque sera détruite. Très vite le lecteur immergé dans ces quatre vies perçoit que ce premier roman est une des très belles surprises de cet automne. La langue est chatoyante, précise, l'on respire peu à peu l'air de New York et le prix des rêves. Née au Cameroun en 1982, Imbolo Mbue a fait des études aux États-Unis et vit aujourd'hui à Manhattan, elle illustre avec une grande empathie, le choc des cultures, fait de mirages d'intégration et d'un bien compréhensible désenchantement provoqué par la douleur de l'exil. Si ce roman est une réussite absolue, ce qui nous réjouit encore plus, est la certitude de la naissance d'un grand écrivain. Si pour les fêtes de fin d'année, vous avez le bon goût d'offrir des livres, mieux que les prix littéraires surfaits, offrez donc Voici venir les rêveurs...

 

Dan29000

 

Voici venir les rêveurs

Imbolo Mbue

Traduit de l'anglais (Cameroun) par Sarah Tardy

Éditions Belfond

2016 / 440 p / 22 euros

 

Le site de l'éditeur

Lire un extrait

 

PRESSE /

« Roman nostalgique sur l’immigration, en apesanteur entre le pays quitté et le pays trouvé, roman made in USA qui interroge notre liberté face au mirage américain, Voici venir les rêveurs se lit aussi comme un truculent récit sur New York… On pense aux livres de Dinaw Mengestu sur l’exil ou à ceux de Jonathan Dee sur l’Amérique des nantis. On pense surtout avoir découvert un formidable écrivain. »
Gladys Marivat, Le Monde des livres
 

 
« Comme le Dominicain Junot Díaz ou l’Indienne Jhumpa Lahiri […], Imbolo Mbue touche à l’universel avec une histoire d’immigration, inspirée de récits réels. »
Sophie Joubert, L’Humanité


 
« Imbolo Mbue s’apprête à triompher dans le monde entier. »
Christine Ferniot, Lire

 

Tag(s) : #lectures

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :