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Alep : Aux ratiocineurs assado-poutiniens de France et d'ailleurs

Publié le par dan29000

Aux ratiocineurs assado-poutiniens de France et d’ailleurs

 

Une lecture ambivalente de la tragédie d'Alep a pris corps dans des cercles de la gauche « radicale ». Celle-ci efface des débats les combattants pour une Syrie libre et démocratique qui s’opposent à la fois à la dictature d’El-Assad et à Daech. Ce discours impérialiste français, qui s'oppose à l'impérialisme étatsunien, renie plus d’un siècle de traditions et de luttes internationalistes.

 

Le niveau de tartufferie et de cynisme de carriéristes politiques et autres « intellos » de salon a atteint la cote d’alerte. Le seul acte de « bravoure » de ces acteurs consiste à prendre à rebrousse-poil les « médias-à-la-solde-des-États-Unis-qui-désinforment ». Ce discours révisionniste que l’on nous sert à grosses louches ces jours-ci sur les réseaux sociaux est un poison mortel à gauche.

Il faut admirer la plasticité et l’adaptabilité idéologique d’une argumentation qui procède essentiellement par diversions (« Pourquoi ne parlez-vous pas des autres guerres ? »), par le biais de recensions comptables « objectives » (« cela fait six mois que l’on nous annonce la destruction du dernier hôpital à Alep-Est ») et d’affirmations aussi idiotes que scandaleuses, vite démenties quand les critiques enflent (« Poutine va régler le conflit en Syrie »).

Cette péroraison insidieuse prend corps aussi bien dans le mainstream de la gauche dite « radicale » que dans les cercles conspirationnistes et, évidemment, dans la fachosphère. C’est un discours de sens commun qui alterne les propos sibyllins et équivoques, et des affirmations tapageuses. Quand des voix à gauche se rebellent, le ratiocineur assado-poutinien bat provisoirement en retraite, joue à la victime, à l’incompris : « on a déformé mes propos, c’est une conspiration des médias capitalistes, etc. ».  Cette rhétorique fonctionne en boucle, et malheureusement convainc des esprits bien disposés en général.

Ce poison mortel à gauche, cette (dé)raison soi-disant « anti-impérialiste » sert aujourd’hui de prêt-à-penser d’un combat qui renie plus d’un siècle de traditions et de luttes internationalistes. L’internationalisme de gauche est un humanisme intégral : il est bien entendu anti-belliciste, anti-impérialiste et se range aux côtés des opprimés, fussent-ils citoyen-nes cubain-nes ou vénézuélien-nes. Un régime de gauche qui ne respecte pas les droits élémentaires humains doit être considéré comme oppresseur même s’il est progressiste sur le plan socio-économique. Et tant pis s’il faut désespérer le Billancourt géopolitique. L’internationaliste de gauche ne choisit pas ses guerres : il les condamne toutes.

Ces principes ad minima étant posés, il est simplement stupéfiant que certains à gauche continuent de renvoyer dos-à-dos toutes les parties au conflit et de distiller le doute sur les motivations des parties combattantes. Dire que le combat qui fait des morts civiles (« c’est bien regrettable, mais dans toute guerre il y a des morts civiles », ajoutent nos tartuffes) oppose El-Assad à Daech est une contre-vérité par omission : il se trouve aussi dans ce conflit des combattants pour une Syrie libre et démocratique qui s’opposent à la fois à la dictature sanglante d’El-Assad et à Daech. Ces forces sont les grands perdants de cette offensive. Elles sont, de manière inouïe, oblitérées de ce conflit. C’est une infamie, une faute politique inexcusable de la part de celles et ceux qui se réclament des valeurs et des idéaux de gauche.

En ce jour, pendant que l’on continue d’arrêter et d’assassiner des civils à Alep – hommes, femmes et enfants - que des femmes engagées dans la résistance se suicident pour échapper aux viols des soldats, nos tartuffes font de vagues déclarations anti-guerre aussi hypocrites que lénifiantes, noient le poisson en digressant sur les conflits au Kosovo, au Yémen, etc.

Le champ politique comprend ses admirateurs poutiniens – « l’homme fort du Kremlin » - mais il regroupe surtout l’inévitable nébuleuse gauche/droite néo-républicaine, mue par la nostalgie d’une France établie comme « puissance internationale ». L’ennemi numéro un, aussi bien de cette gauche républicano-gaulliste que de l’extrême droite, est « l’impérialisme yankee ».

Le champ intellectuel compte ses Dr Pangloss, ceux qui concluent sentencieusement un papier sur la tragédie d’Alep en affirmant : « nous n’avons aucune leçon à donner à El-Assad et à Poutine ; Obama est le vrai responsable, ainsi que nos gouvernements, du fait de leur inaction et de leur manque de courage ». C’est une évidence que nos gouvernements occidentaux portent une très lourde responsabilité dans ces massacres : leur inaction et le manque d’initiatives concrètes sont hautement coupables. Mais une fois que l’on a dit cela, quid des massacres assado-poutinien ?

À Alep, ce sont des hommes, des femmes et des enfants que l'on massacre devant nos yeux. Il faut se mobiliser pour les sauver et les protéger de toute urgence. Toute autre considération est sans intérêt en cette heure tragique.

Twitter : @PhMarliere

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Publié dans actualités

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Isabelle 22/12/2016 22:30

lu sur Mediapart :

" A l'attention de M. Mardam Bey & de M. Philippe Marlière "

" Imaginerai t-on que l'on caractérise l'auteur de cet article M. Mardam Bey et occasionnellement  M.Philippe Marlière, de Saoudo-Daeshien ou de fieffé ratiocineur de France ou d'ailleurs ? Non, car l'éthique du discours nous l'interdirait. En aucune façon, car  l'auteur - ou M.Marlière - le prendrait très mal et tous les deux auraient le droit de nous reprocher une telle volonté de nuire et un tel esprit calomniateur.
Personne n'est «Pro-Assad» sur Médiapart ni «Pro-Poutine» car si c'était le cas, les accusateurs risqueraient fort de se retrouver «Pro-Erdoğan» et anti-Kurdes sans autre forme de procés, tant leur réductionnisme politique est le dégrès zéro de la politique commune et du débat partagé.
M.Poutine n'a pas déclenché la guerre de Syrie. M.Assad lui, a visiblement été dépassé par la révolte d'un peuple qui désirait ardemment la démocratie et la fin de l'autoritarisme mafieu et népotique. Dépassé par le peuple syrien en révolution et dépassé par les invasions étrangères concomittantes - via les mercenaires en noir de l'internationale réactionnaire djihadiste vraisemblablement  téléguidée par le royaume d'Arabie Saoudite  et par le nouveau dictateur de la Turquie, M. Recep Tayyip Erdoğan - M.Assad et son triste régime ont dû pour sortir de la nasse faire appel à ses alliés, le président russe et le président iranien.  De la même façon que le général Sisi avait fait appel à l' époque,  à la France et aux USA pour sauver le systéme dictatorial hérité de l'ancien dictateur Hosni Moubarak. Ce même Hosni Moubarak,  membre de l'Internationale socialiste, l'ancien ami de l'ex-directeur du F.MI, M.Dominique Strass Kahn et l'ami du Parti Socialiste français. Oui, historiquement, M.Assad a joué son va-tout et la guerre civile syrienne s'ensuivit.
Les Médiapartiens de Gauche ou pas, ne sont pas responsables de la Guerre en Syrie.
Je refuse pour ma part de participer à une campagne électorale où les calculs politiques cachent mal la compassion hémiplégique et le désir de culpabiliser encore une fois la population française pour des crimes qu'elle n'a pas commis.
Comment des responsables politiques français et européens peuvent-il encore s'épargner à bon compte et faire payer sur le dos du peuple français, leur propre  incurie politique ? Se dédouaner à bon compte d'une telle responsabilité personnelle n'a jamais fait un programme digne de ce nom pour une future élection présidentielle.
S'il s'avérait que certains aient échoué, alors qu'ils démissionnent de tous leurs mandats et qu'ils reviennent à la vie civile. Nous ne paieront plus à leur place, ni pour leurs déficiences, ni pour leurs crimes par procuration, ni pour leurs agissements inconsidérés.
A l'heure où l'armée Irakienne et l'armée des USA bombardent la ville de Mossoul dans laquelle vivent enfermés 1,5 Million d'habitants sans eau potable et sous le joug des fascistes islamistes de l'Organisation Terroriste Internationale « Daesh » ( l'ancien «ISIS» ), n'est-il pas bien étrange que la campagne simultanément orchestrée par le candidat à l'élection présidentielle M.Dominique Jadot et le journal de référence Médiapart, n'ait pas pensé à dénoncer la barbarie via une seule et même manifestation et une seule et même campagne pour la Paix en Syrie et en Irak ?
Mais les crimes de populations civiles ne semblent pas identiques pour certains esprits procureurs. Pourtant commis par toutes sortes d'armées étrangères, illégalement stationnées sur le territoire syrien ou irakien, via les artilleries modernes et les fous de Dieu, celles-ci meurent sous l'assaut de toutes sortes de sicaires. Que ceux-ci soient étrangers, syriens ou irakiens, oui beaucoup ont été rameutés là, volontairement, par centaines de milliers sur les différents théâtres d'opération, attirés par l'odeur du sang et le déversement continuel d'armes, de munitions et de millions de pétrodollars.
5000 Milliards de dollars, voilà le coût global qu'aura coûté la « Guerre-sans-fin » de M.G.W Bush depuis les attentats terroristes du 11 septembre 2001. Pour quel résultat ? Des millions de morts au Moyen-Orient, en Afrique et un grand nombre de morts en Europe ; que celle-ci soit d'Ouest ou d'Est. Sans compter les milliers de morts aux USA, en Australie, en Asie. Partout la planète explose. Pas un jour où un attentat terroriste ne survienne quelque part sur le globe, déchiquetant ses proies innocentes comme ses tueurs volontaires, stipendiés ou aliénés.
Quand on lit un message Face Book envoyé par l'alter-ego du candidat à la présidentielle M.Domnique Jadot, à savoir M.Raphaelle Glucksmann et qu'on lit une prose révisionniste qui mélange odieusement les crimes nazis et franquistes en Espagne en 1937, prélude à la Seconde Guerre Mondiale, avec les conflits territoriaux meurtriers qui ont fait exploser l'ancienne Yougoslavie et l'ancienne URSS à la fin du XX° siècle, on se pince de tant d'amnésie politique. M.Glucksmann bizarrement  exempte les différentes chancelleries au pouvoir à l'époque en Allemagne, en France et en Grande Bretagne, ainsi que l'Union Européenne elle-même, qui a pourtant joué un rôle politique considérable et tout aussi douteux que l'OTAN dans le déclenchement des multiples conflits à la fin du siècle dernier.
Où sont les souvenirs de ces morts dans votre mémoire, M.Glucksman ? Nulle part. On se pince d'un tel amalgame répugnant et aussi falsificateur de l'Histoire. Comment s'étonner dans ces conditions que M.Raphaël Glucksmann, cet ancien conseiller en chef du président Mikheil Saakachvili, ce grand ami de G.W Bush et principal déclencheur de la guerre dans le Caucase en 2008, ait oublié dans sa liste de villages ou de villes martyrs, les autres centaines de villes martyrs, celles où l'Empire US a déversé pendant un demi-siècle son napalm, son agent Orange, ses bombes à l'uranium enrichi et ses gazs toxiques ?
Depuis quand M.Gluskmann concurrence t-il Dieudonné, en surenchérissant sur lui, dans la concurrence mémorielle ?  "Mes morts sont plus morts que les tiens", semble t-il crier à la télévision dans un soucis de triste excellence médiatique. Et l'on nous commanderait, NOUS, les Médiapartiens de Gauche ou pas  que nous jouions en sa compagnie, à ce vil jeu de la compétition victimaire ?
Y 'a t-il dans ce pays, la France, des conseillers en communication et des candidats à la présidentielle de 2017, précocement atteint par la maladie d'Alzheimer ?
Tout cela n'est pas sérieux à l'heure où le fascisme islamiste ensanglante la France sur tous ses territoires et assassine son peuple dans toute sa diversité culturelle et cultuelle. Privilégier une ville martyr et un peuple martyr plutôt que de l'associer à une autre ville martyr et à un autre peuple martyr dans un même refus de la guerre et du Parti de la Guerre, voilà qui aurait été humainement et politiquement plus judicieux.
Cela aurait permis aussi aux cinq petites manifestations glucksmanniennes françaises de décupler de plus grands effectifs populaires et cela aurait eu le mérite conséquent de ne pas inutilement diviser toutes sortes de multitudes soeurs, toutes unies dans la haine de la guerre et de ceux qui les produisent et les financent ; des Guerres-sans-fin" que certains ont intérêt à faire durer par soucis de rentabilité et de retour sur investissement.
Oui, si M.Jadot avait été mieux inspiré -  plutôt que de cliver l'électorat de Gauche ou pas - il  aurait  permis de démultiplier une puissance politique suffisante pour interpeller nos gouvernements européens afin qu'ils pèsent plus et influent encore plus dans le rapprochement de M.Lavrov et de M.Kerry, pour que cessent les massacres et que puisse se trouver une solution rapide au conflit syrien où 300 000 personnes sont mortes assassinées.
Un conflit qui n'est à cette heure toujours pas réglé ; tandis que des gens meurent encore à Raqqa, là où l'armée française bombarde nuitamment pour 2,5 millions d'euros, la ville syrienne et une population affligée, très certainement aussi affligée que celle qui le fut sous les bombes à Alep, à Alep-Est ou à Alep-Ouest.
Que fait la France à Raqqa ? Que fait la France aussi loin de ses frontières avec son armée financée par les contribuables français ? D'après notre gouvernement actuel, la France, puisque c'est d'elle dont il s'agit, fait la chasse aux djihadistes. Des djiadistes qui occupent cette enclave au coeur de la Syrie dans une Syrie en guerre.
Assado-poutiniste ? Saoudo-Daeshiens, vraiment ?
Le débat doit-il se résumer à ça, dans les colonnes de Médiapart ? A des noms-d'oiseaux de malheur ? Comment pourrions-nous accepter avec conscience les petits calculs électoralistes et politiciens de certaines personnalités, si présentement en dessous des nécessités du temps ?
L'idéologie qui commanda une telle campagne de communication chez certains candidats qui se présentent à l'élection présidentielle de 2017 signe une fois de plus une défaite de la pensée. Une de plus mais une qui ne dira pas son nom, tant il est des Alzheimers politiques bien pratiques pour cacher un manque de solution et un manque de projet politique audacieux, pour la population française du XXI ° siècle.
A quoi cela rime lorsque certaines personnalités privilégient des entreprises criminelles au dépents des autres, cherchant là à séparer les consciences, là, à perpétuer des querelles anciennes ou là encore à nourrir une conflictualité décuplée et de mauvais alois, tandis qu'il faudrait au contraire, privilégier impérativement la desescalade guerrière ? Ne devrions-nous pas, à l'heure où des attentats terroristes viennent d'ensanglanter la Jordanie et une fois de plus, la Turquie, promouvoir la Paix au Moyen-Orient par le réglement des conflits, via l'Organisation des Nations-Unis ?
Comment la Rédaction de Médiapart -  à l'heure où certains géopolitologues de renom, eux-mêmes emportés par leur propre idéologie calculatrice, dérapent sur L.C.P, et désignent comme « ennemis de la Nation, complices des djihadistes » M.Edwy Plenel, M.Alain Badiou et M.Pascale Boniface, au risque de les désigner comme cible physique pour des extrêmistes azimutés -  peut-elle se permettre une telle campagne de presse aussi caricaturale et contre-productive comme on disait il n'y a finalement pas si longtemps ?
Tirer à boulets rouges sur une grande majorité d'électrices et d'électeurs de Gauche ou pas, dans une campagne aussi diffamatoire que celle que lui a fait recemment - dans un sens politique inversé - l'essayiste Monsieur Encel, ne me parait pas du meilleur gôut pour l'action à venir.
Pourquoi Médiapart calque t-il seize ans après le 11 septembre 2001 sa campagne de presse sur l'entreprise belliciste de la philosophie Sol-Air de Monsieur Bernard Henri Lévy, la tête de pont de l'impérialisme français et européen via l' OTAN ?
Qui a t-on besoin de flétrir encore politiquement, à l'heure ou M.Gérard Filoche, voix tonitrutante et haute conscience de la Gauche démocratique, vient de se voir interdire l'accés à la Primaire de la BAP,  par un énième tour de passe-passe de M.Jean-Christophe Cambadélis ?
Qui dans ces conditions n'en appellerait pas à la raison ? "

Qu'en pensez-vous ?