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En novembre dernier, les éditions Gallmeister publiaient une nouvelle traduction de The longest silence (1999) de Thomas McGuane, sous le titre Le long silence, Une vie à la pêche. Un volume de plus d'une collection que nous chérissons Nature writing. Un texte initialement publié sous le titre Intempéries (2003) aux éditions du Cherche-midi et épuisé depuis plusieurs années. Il aurait été dommage de s'en priver.

 

Thomas McGuane, les lecteurs français l'avaient découvert en 1990 avec Embuscade pour un piano et L'homme qui avait perdu son nom. Comme pour son ami récemment disparu, Jim Harrison, il avait accompagné nos voyages livresques durant les deux décennies suivantes. Il fait partie de la fameuse école du Montana, qui n'a d'ailleurs rien d'une école. Le Montana est un des plus vastes États des USA, et aussi un des moins peuplés, entre les Grandes plaines et les fameuses Montagnes Rocheuses. Pour les écrivains du Montana, Richard Ford, James Lee Burke, Jim Harrison, Crumley et Brautigan, la nature n'est pas qu'un personnage, elle est au centre de leurs romans ou nouvelles. Avec au centre de ce centre, la petite ville de Missoula, 60 000 habitants, une centaine d'écrivains et environ 10 000 étudiants suivant les ateliers de creative writing. Deux activités marquèrent toute la vie de McGuane depuis sa jeunesse, l'écriture et la pêche à la ligne. Deux passions. L'homme qui fut le scénariste d'un film culte Missouri Breaks (Penn-Brando-Nicholson) en 1976 nous propose ici un magnifique récit autobiographique, Le long silence.

 

Ce délicieux livre s'ouvre sur quelques remarques de l'auteur. La pêche ce n'est pas que la pêche. Une truite ce n'est pas qu'une truite. L'on va vite comprendre puis ressentir la philosophie de la pêche, un moment à part bien loin de notre monde de dingues. Dès le départ, il rassure les écologistes et les défenseurs des animaux dont nous sommes en remettant à l'eau ce qui vient d'en être sorti. Vu l'état actuel de la planète tout pêcheur doit se faire garde-rivière et « partir en croisade contre les ennemis de la vie aquatique » et contre les pollueurs et autres assécheurs de zones humides. Puis McGuane nous embarque dans les ruisseaux du Michigan où dans sa famille chacun avait sa canne dès le plus jeune âge. Son père pratiquait l'initiation à la pêche en famille. Déjà l'art du lancer, les étangs, les lacs, les castors, le soleil, le silence parfois troublé par un oiseau, observer, attendre, s'enfoncer à pied dans l'eau, marcher, et encore attendre. Parfois durant la nuit sur un petit pont en bois. Une grenouille, un petit-duc. Puis il nous emmène en Irlande, ensuite un détour au pays des bisons vers San Francisco ou Key West dans les seventies, les Bahamas ou encore plus tard, l'Argentine, Mourmansk et l'Islande ! Pêcher tout le temps et partout. Thomas McGuane est un magicien, sa prose colorée emporte le lecteur dans cette nature sauvage salvatrice. Un texte entre zen et lumière. Laissons-le conclure cet article :

« Ce qu'il y a de plus grandiose dans la pêche l'est grâce aux longs silences - les périodes les moins productives. »

 

Dan29000

 

Le long silence

Une vie à la pêche

Thomas McGuane

Traduit de l'américain par Anatole Pons

Éditions Gallmeister

Collection Nature writing

2016 / 370 p / 23,90 euros

 

Le site de l'éditeur

Lire un extrait

 

DANS LA PRESSE

Un monument incontournable de l’Ouest !

L'EXPRESS

McGuane tour à tour séduit, enchante, réjouit, emporte et bouleverse.

TÉLÉRAMA

Cet Américain a le sens de l’humour et du tragique. L’art de parler de la perte des illusions, de la solitude.

LE JDD

McGuane est un écrivain faiseur d’horizons, Blaise Cendrars des rodéos et des rapides en tout genre, traqueur de paradis perdus.

CHRONICART

 

 

Tag(s) : #lectures

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