La Belgique honore le grand poète Mahmoud Darwish

Publié le par dan29000

 
 
 
 
 
Michael Warschawski

Une chaire au nom du grand poete arabe
La Belgique honore Mahmoud Darwish

 

A l’initiative de la Federation Wallonie-Bruxelles, de l’Universite Libre de Bruxelles et l’Universite Catholique de Louvain sera inauguree, le 25 janvier 2017, une chaire Mahmoud Darwish au Centre Bozar de Bruxelles. Cette consecration fait justice a l’un des plus grands ecrivains et poetes arabe de notre temps. Dans toute la region arabe, il n’y a aucun autre poete dont presque tous les jeunes – et les moins jeunes – savent reciter par cœur certains poemes, ou au moins quelques lignes.
Geant de la littérature arabe, Darwish était avant tout LE poete national palestinien, et ce des les annees soixante du siecle dernier, quand il publiait ses premiers textes dans el-Jadid, le supplement culturel du quotidien communiste el-Ittihad. Mahmoud Darwish a vecu dans sa chair les aspects divers de l’oppression coloniale de son peuple : refugie de l’interieur, c'est-à-dire deplace, enfant, de Birwi, son village natal vers le village de Jdeideh, soumis jusqu’en 1965 au regime de l’administration militaire, puis l’exile.
S’il a toujours refuse a etre definit comme un poete politique, Mahmoud Darwish n’en était pas moins aussi un homme politique, profondement engage dans le combat de son peuple pour sa souverainete nationale. Quand il quitte sa patrie, il rejoint l’OLP ou, plus tard, il devient membre de son Comite Executif.
Au moment ou la Belgique celebre Mahmoud Darwish, je ne peux pas ne pas me souvenir du scandale provoque a son propos par la ministre israelienne de la culture [sic], Miri Regev. C’était le 26 Septembre dernier : au cours d’un evenement culturel qu’elle presidait, cette ancienne general de brigade responsable de la censure militaire, quitte la salle parce qu’on lisait un poeme de Darwish. A ce propos j’ecrivais dans mon blog en hebreu : « A quoi ressemble le comportement de Regev ? A Donald Trump qui attaquerait Albert Einstein sur la loi de la relativite, ou un gamin de 5 ans qui critique une peinture de Van Gogh […] Mahmoud Darwish n’a pas besoin de sa reconnaissance : depuis longtemps il est entre dans le Pantheon de la culture mondiale contemporaine. Une ministre de la culture digne de ce nom aurait tout fait pour honorer la culture israelienne en y integrant Darwish, apres en avoir été exclu pendant des decennies. »
A l’inverse, la Belgique vient, ces jours-ci, de s’honorer en honorant celui que tous les Palestiniens appellent simplement « Mahmoud ».

Publie dans le Courrier de Geneve, Fevrier 2017

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