Quand le mouvement syndical résiste à la lepénisation du pays

Publié le par dan29000

Le mouvement syndical résiste plutôt bien à la lepénisation du pays

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Le syndicalisme constitue encore un frein efficace au vote frontiste. Chez les votants qui se déclarent « proches d’un syndicat », 13 % ont voté pour Marine Le Pen au 1er tour, un score bien en-dessous de sa moyenne nationale (21%), selon l’enquête Harris interactive réalisée pour Liaisons sociales [1]. Quel que soit le courant syndical, la tentation FN stagne ou est en perte de vitesse comparé à 2012. Le vote frontiste y atteignait alors 20% chez les « proches d’un syndicat » [2]. Le syndicalisme résiste donc bien mieux que le reste du pays aux sirènes nationalistes et xénophobes : l’attrait du FN y est en baisse alors que Marine Le Pen a gagné 1,3 million de voix en cinq ans. Au contraire, un quart des interviewés qui ne déclarent aucune proximité syndicale, ont voté FN. Précisons qu’en France 16 % de la population salariée est syndiquée ou proche d’un syndicat, soit environ quatre millions de personnes [3].

Comme en 2012, les sympathisants de Force ouvrière sont encore les plus nombreux à choisir la candidate frontiste : 24% (contre 31% en 2012). Si le syndicat ne donne, comme à son habitude, aucune consigne de vote, son secrétaire général Jean-Claude Mailly a rappelé que, pour FO, « opposée génétiquement au racisme, à la xénophobie et à l’antisémitisme, les principes républicains de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité ainsi que la démocratie sont des valeurs incontournables ». A l’Unsa, très implantée dans la police, le vote FN a aussi considérablement baissé, passant de 28 % en 2012 à 14 % en 2017.

C’est à la CFDT et chez les enseignants de la FSU que l’on vote le moins Le Pen (respectivement 7 % et 9 %, contre 16 % pour la CFDT en 2012). « Face à la menace que fait peser sur la France et l’Europe la présence de Marine Le Pen au second tour, chacun doit prendre ses responsabilités et appeler au sursaut démocratique », a fait savoir la CFDT, dans la soirée du 23 avril. Environ un sympathisant sur sept de la CGT (15%) et de Solidaires (13%) ont glissé un bulletin Marine Le Pen, une proportion similaire au syndicat de cadres CFE-CGC (13%) et à la CFTC d’inspiration chrétienne (14%). Comparé à la précédente élection présidentielle, le nombre de cégétistes tentées par l’aventure lepéniste stagne.

Les proches d’organisations patronales ont plébiscité Fillon

Comme la CFDT, la CGT appelle à « faire barrage à l’extrême droite » : « L’utilisation des peurs, du terrorisme, les amalgames éhontés entendus lors de la campagne, la xénophobie, le racisme, le sexisme et l’homophobie, la préférence nationale ne résoudront pas les inégalités, le chômage et les bas salaires. La CGT les combat et les combattra sans relâche ! Elle n’aura de cesse de faire barrage à l’extrême droite ! Pas une voix ne doit se porter sur sa candidate ! »

Et les autres candidats ? En 2012, les sympathisants d’un syndicat avaient voté pour François Hollande à 34 %, Jean-Luc Mélenchon n’arrivant qu’en troisième position (17%) derrière Marine Le Pen (20 %). En 2017, les cartes ont été totalement redistribuées : Macron et Mélenchon font jeu égal (respectivement 28 % et 27%), loin devant Fillon, qui est au même niveau que Le Pen, et Hamon (11%). Les sympathisants de la CFDT et de l’Unsa choisissent largement Macron, à plus de 40 %. Ceux de la CGT, de Solidaires, de la FSU, mais également de FO, lui préfèrent clairement Mélenchon. Enfin, les cadres de la CFE-CGC et les entrepreneurs proches d’une organisation patronale ont, malgré tout, plébiscité Fillon (à 43 % et 58%), qui y devance largement Macron. Étonnant, non ? Plusieurs organisations syndicales de salariés (CGT, FO, FSU, Solidaires et CFDT) appellent à une mobilisation anti Le Pen le 1er mai.

 

 

SOURCE/ BASTAMAG.NET

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