Dakota song, Ariane Bois, chez Belfond

Publié le par dan29000

 

 

 

 

 

 

Pour son cinquième roman, Ariane Bois (Le monde d'Hannah, 2011) et (Le gardien de nos frères, 2015) nous offre une magnifique saga romanesque se déroulant sur toute une décennie, au cœur de New York : Dakota song. Diplômée en journalisme de New York University, elle a vécu plusieurs années aux États-Unis, en particulier à Big Apple. S'appuyant sur une solide étude du plus célèbre hôtel de cette ville mythique, elle brosse avec une réelle chaleur de nombreux portraits de ces gens, inconnus ou célèbres, habitant ce lieu, un mélange réussi de fiction et de réalité, décrivant un lieu emblématique des seventies.

 

 

Shawn Pepperdine a vingt ans, un jeune homme noir parmi d'autres, qui habite Harlem avec sa mère et ses sœurs. Pourtant sa vie dérape soudain quand il est le témoin du meurtre de son meilleur ami. Afin de retrouver un peu de sécurité, il va se planquer dans un lieu célèbre de cette ville qui ne dort jamais, le Dakota, un magnifique immeuble en forme de château médiéval, en plein centre de Manhattan. Près de Central Park, quatre-vingt-treize appartements, et surtout quelques dizaines de personnes veillant au bien être quotidien des résidents. Shawn, au début, se réfugie dans les sous-sols, se faisant le plus discret possible. Ce n'est qu'au fil du temps qu'il va y devenir un employé, et même le premier portier noir du Dakota, cet immeuble réservé à ceux qui ne portaient pas encore le nom de « people ».

 

Avec subtilité, Ariane Bois nous fait partager la vie quotidienne d'un des endroits emblématiques de New York, entre le Studio 54 et le Chelsea Hotel, Lauren Bacall y éleva sa famille, Rudolph Noureev et Leonard Bernstein y séjournèrent et un jour John Lennon s'y installa en 1972 avant d'y être assassiné en 1980. Au-delà de la vie agitée de cet hôtel si particulier, Ariane Bois dépeint une décennie passionnante de l'histoire des États-Unis, une décennie de résistance, la fin de la guerre du Vietnam, la faillite de la ville, la fameuse panne d'électricité de 1977, le watergate, les luttes féministes autour de Susan Sontag, les Blacks Panthers en déclin et les émeutes raciales se poursuivant pour arracher l'égalité réelle après avoir obtenu les droits civiques dans les sixties. Shawn est porteur de tout cela, au milieu du déferlement du rock and roll de Lou Reed et Patti Smith ou de l'explosion du génie d'Andy Wharol. Les chapitres sont brefs, tenant le lecteur en haleine, et en harmonie avec la vie trépidante du lieu. A déguster sans modération, en écoutant un bon vieux morceau du Velvet Underground avec Nico...

 

Dan29000

 

Dakota song

Ariane Bois

Éditions Belfond

2017 / 441 p / 20 euros

 

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