La grande histoire de ce que nous devons aux animaux, de Brian Fagan, Librairie Vuibert

Publié le par dan29000

 

 

 

 

 

 

 

Lentement mais surement la place des animaux dans notre société évolue depuis quelques années. Il y a deux semaines Martin Page nous expliquait que Les animaux ne sont pas comestibles, peu avant Geoffrey Le Guilcher était en immersion dans un abattoir breton avec Steak Machine... Aujourd'hui nous vous proposons une promenade-lecture passionnante au travers des siècles avec un archéologue britannique, grand vulgarisateur, Brian Fagan : La grande histoire de ce que nous devons aux animaux, édité par La librairie Vuibert.

 

 

Cet essai s'ouvre avec plusieurs cartes géographiques et une chronologie de -25000 à 1918, nous sommes bien dans une étude historique, mais pas de panique, cette étude est accessible à tous vu le mode de narration de Brian Fagan, professeur émérite d'anthropologie à l'université de Californie. S'il est encore peu connu en France, il est déjà l'auteur d'une trentaine d'ouvrages, traduits dans dix langues. Il fut en particulier le premier à reconnaître le rôle primordial des animaux dans le développement des civilisations en y apportant les preuves. En sept parties bien distinctes, Brian Fagan nous embarque dans un beau voyage au travers le temps et les continents. Au début de cette grande histoire, des cavernes, des chasseurs et des chassés, des loups et des chiens-loups, et déjà des dessins d'animaux sur les parois de ces cavernes, signe de l'importance des animaux. Puis est venue la révolution agricole, avec les premières fermes, l'enfermement des aurochs et l'opposition entre chasseur et éleveur, ce dernier devant protéger les animaux, peu à peu la possession d'animaux devint alors un marqueur social.

 

Brian Fagan consacre ensuite quelques pages surprenantes à l'origine de la mondialisation, une origine où se trouvent les ânes et les chameaux, c'est à dire l'époque des grandes caravanes. Les animaux de bât commencèrent à être utilisés dans la vallée du Nil, les premiers ossements d'ânes furent retrouvés vers 4000 av. J.-C. Parfois des ânes étaient retrouvés dans des enclos funéraires, c'est dire leur importance. Au-delà des voyageurs, ce furent les marchands et les pèlerins qui se servirent beaucoup des ânes, avant que ne prennent la relève, chevaux et chameaux. Avec passion et brio, Brian Fagan nous fait partager le sort de ces animaux auxquels nous devons tant, métissage des populations, essor économique ou diffusion des idées. En fin de volume, l'auteur explicite qu'au-delà des hommes, les animaux furent aussi victimes de la folie militaire durant la guerre des Boers et la première guerre mondiale. Une lecture nécessaire, en espérant que cette publication permettra d'autres traductions de Brian Fagan, comme Beyond the blue horizon, par exemple.

 

Dan29000

 

La grande histoire de ce que nous devons aux animaux

Brian Fagan

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Laurent Bury

La libraire Vuibert

2017 / 304 p / 20,90 euros

 

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