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Quand on considère la littérature nord-américaine comme une des trois ou quatre meilleures dans le monde, la publication d'un nouveau roman de Jay McInerney est toujours un événement, d'autant plus qu'il n'a publié que huit romans en trente ans. Alors Les jours enfuis, son nouveau roman sorti le mois dernier aux éditions de l'olivier nous réjouit. Après avoir étudié l'écriture avec Raymond Carver, c'est en 1984 que Jay McInerney connut un succès foudroyant dès son premier roman, Journal d'un oiseau de nuit (Bright lights, Big city). Une sorte de roman culte des eighties, cette décennie où les luttes et résistances des sixties et seventies s'éloignaient pour faire place à la vacuité des années fric. Le cinéma avait eu son Rat pack autour de Sinatra, la littérature eut son Brat Pack avec McInerney et Bret Easton Ellis.

 

Pour la troisième fois les lecteurs ont le plaisir de retrouver un couple, les Calloway, Russell et Corrine . C'est en 1993, avec Trente ans et des poussières qu'ils apparurent dans le paysage littéraire français, déjà aux éditions de l'olivier. Une courtière en Bourse et un jeune éditeur, plongés dans le New York où l'argent menait à l'argent, même pour ceux qui tentaient de ne pas se couler dans le moule en or massif. Puis le couple fut de retour en 2007 dans La belle vie, fini la résistance au conformisme bourgeois ambiant, des enfants, un loft dans le quartier branché de TriBeCa. Aisance capitaliste soft, sans la violence de Bret Easton Ellis. Pourtant le couple subira, comme tous les New-yorkais le choc du 11 septembre !

 

Les jours enfuis nous permet de retrouver le couple entrant dans la cinquantaine, au moment d'un tournant pour les États-Unis, la crise des subprimes avec la faillite de Lehman brothers et l'élection de Barack Obama. La belle vie pour Russell et Corrine, du moins en façade. Car, à l'image du pays, la belle carte postale se fracture peu à peu. La maison d'édition indépendante de Russell se porte mal. Il va tenter un coup de poker. Quant à Corrine, devenue scénariste, elle retrouve Luke, un ancien amant. Couple au bord de la crise de nerfs. Un pays à rude épreuve, un couple à rude épreuve. Nostalgie. Avec son brio habituel Jay McInerney brosse ici un passionnant tableau de la vie d'un couple et de son passé, en s'appuyant sur une kyrielle de personnages secondaires où l'humour et l'émotion se succèdent. Le monde a vieilli, le couple aussi. Tout est plus instable, incertain. L'immense talent de McInerney permet d'approfondir les vies intérieures des deux personnages principaux en écho avec des moments particuliers de Big City. A la dernière page, le couple nous manque déjà. Bonne nouvelle, un quatrième tome est prévu, alors que la trilogie va être adaptée au cinéma.

 

Dan29000

 

 

 

 

 

Les jours enfuis

Jay McInerney

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Marc Amfreville

Éditions de l'olivier

2017 / 496 p / 22,50 euros

 

 

 

Le site de l'éditeur

 

Le site de l'auteur

 

 

Tag(s) : #lectures

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