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Même dans l'avalanche livresque de cette nouvelle rentrée littéraire, la sortie d'un nouveau roman de Gérard Mordillat est un événement incontournable ! La tour abolie, chez Albin Michel, est en bonne place sur les tables de nos librairies depuis la fin août.

 

Comme le titre le laisse prévoir, il s'agit d'une tour, située dans le quartier des tours, à La Défense, le genre d'endroit où, avant les GPS, l'on pouvait se perdre dans un dédale inhospitalier et désert passé vingt et une heures ! Trente-huit étages. La tour Magister. Enfin trente-huit étages vers le haut, car dans tous ces édifices un peu concentrationnaires, il y aussi les niveaux inférieurs. Dans la tour Magister, huit. Dans les niveaux supérieurs, les humains censés être supérieurs, et dans les niveaux inférieurs, les humains un peu moins supérieurs, du genre « sans-dents ». Certains diraient les damnés de la terre, ici les damnés de la tour. Avec son talent habituel et sa verve créatrice, Gérard Mordillat nous brosse en cinq cents pages un tableau de notre société actuelle, en haut, la France d'en haut, les dirigeants de cette assurance, les cadres, un petit monde capitaliste en forme de requins dont la seule obsession au quotidien est le profit maximum. Une galerie réaliste de personnage hors-sol : Robsen, le président, son conseiller Lopez prêt à évoluer encore vers le sommet, Hessler, le DRH, qui déteste les syndicats, considérant le personnel comme une « variable d'ajustement »... Mais aussi Nelson, un cadre de la branche « Habitations » qui va se faire licencier, avec tout ce que cela peut entraîner. Peut-être le personnage le plus passionnant de ce roman social réussi.

 

Dans les sous-sols, il y a les Rats, les Zombies, un mélange hallucinant de junkies, d'alcooliques, de sans-papiers, de SDF. Certains vivent là, entre le – 7 et le – 6, où la violence règne. D'autres ne viennent là que le soir afin de faire les poubelles pour se nourrir des restes du self du personnel du haut ! Deal, bagarre, prostitution au programme. Mais le self pourrait bien fermer un jour. Ces deux mondes ne se croisent que peu, parfois les premiers descendent dans les parkings, et les nettoyeurs montent dans les étages. Il y entre les deux mondes, Peggy la cochonne, la blonde de l'accueil de jour de la tour qui le soir fait semblant de rentrer chez elle, puis revient au – 2 pour dormir avec son frangin Simon, dans leur voiture. L'enfer invisible du capitalisme en marche ! Pourtant un jour la révolte va gronder et les exclus vont sortir de leurs tanières et monter les étages en direction du paradis des nantis ! Un beau roman de résistance comme nous les aimons. L'auteur de Vive la sociale, Les vivants et les morts ou Rouge dans la brume, nous réjouit une fois encore.

 

Dan29000

 

La tour abolie

Gérard Mordillat

Éditions Albin Michel

2017 / 512 p / 22,90 euros

 

Le site de l'éditeur

Lire un extrait

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Dédicace 12/09

Rencontre et dédicace à la librairie La Machine à lire.

8 Place du Parlement
33000 Bordeaux

 

Dédicace 13/09

Rencontre et dédicace à la librairie Le livre écarlate à 19h. 

31 Rue du Moulin Vert
75014 Paris
Tag(s) : #lectures

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