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Des châteaux qui brûlent, Arno Bertina, chez Verticales

Arno Bertina, auteur de Ma solitude s'appelle Brando et de Je suis une aventure vient de publier aux éditions Verticales, Des châteaux qui brûlent, un roman marquant de la rentrée littéraire automnale.

 

 

Un abattoir de volailles. En Bretagne profonde. Un lieu de tortures pour humains et animaux comme il en existe beaucoup dans l'hexagone. Parfois, certains se retrouvent en liquidation judiciaire. Quatre-vingts salariés qui résistent, enfin qui essaient de résister. Alors quand un ministre moins lâche que les autres décide de venir les voir, cela ne pouvait être simple. Normal. Les uns pensent à sauver leurs emplois, leurs vies, leurs familles. Le ministre, de gauche, on est dans une fiction, pense à une reconversion évitant de venir encore augmenter les statistiques du chômage ! Le huis clos dans l'usine occupée est en place. Dehors les charognards attendent, médias, préfet, CRS... Un roman sous le triple signe de Neil Young, Emerson et Janis Joplin « Freedom is just another word for nothin' left to lose. » Et soudain, une séquestration.

 

 

Déjà le sujet ainsi délimité aurait suffi à nous intéresser, la littérature française demeure encore un peu trop germanopratine, alternant des historiettes autocentrées avec des explorations autour du salon. Pourtant Bertina va bien au-delà de ce sujet si moderne car il le traite d'une manière originale, et c'est sans doute ce qui fait aussi l'importance de ce roman divisé en soixante-treize brefs chapitres. Avec habileté et précision, Bertina donne la parole à tous les protagonistes de cet affrontement de classe, rendant encore plus vivante son histoire. Cela débute avec Vanessa une salariée de l'unité de conditionnement, suivi par Pascal Montville, le secrétaire d’État, et Céline, sa conseillère... Sur un tel sujet, il était facile de tomber dans les clichés, diabolisant les uns ou les autres. Mais Arno Bertina, si vous avez déjà lu un ou deux de ses livres, n'est pas du genre à manier les stéréotypes, ne publiant pas un nouveau roman à chaque rentrée littéraire comme... Le lecteur se laisse très vite emporter par la qualité des nombreux dialogues, par la justesse des situations. Du souffle, dans ce roman, du souffle dans les personnages et un nouveau souffle celui qui surgit dans une lutte. Un beau roman de résistance.

 

Dan29000

 

Des châteaux qui brûlent

Arno Bertina

Verticales / Gallimard

2017 / 424 p / 21,50 euros

 

Le site de l'éditeur

Tag(s) : #lectures

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