ELECTIONS : FORTE POUSSEE VERTE, DECLIN SOCIALISTE

Publié le par dan29000

Premier enseignement évident de ce scrutin, le fort et durable désintérêt des électeurs français et européens pour cette Europe. Pour l'hexagone comment s'en étonner quand après le non historique du peuple, le résultat est bafoué par les parlementaires UMP/PS peu de temps après ! De plus, la campagne fut aussi triste et atone d'un bout à l'autre, même si elle fut courte, et l'on peut s'en féliciter.
Revue des points positifs :
En premier, c'est clair, le succès de EUROPE ECOLOGIE, au-delà de leurs propres espérances. Pourquoi ? D'abord, une bonne, voire très bonne campagne qui n'endormait pas, l'utilisation intelligente d'Internet (sans doute les seuls à bien comprendre l'importance de ce média), ensuite un casting exemplaire qui a su convaincre nombre d'électeurs qui ne votaient pas Verts hier. Certains détracteurs de la première heure parlèrent du mariage de la carpe et du lapin pour l'alliance Bové-Cohn-Bendit, certes l'accord OUI-NON sur le référendum passé surprenait, mais la campagne a démontré que cela fonctionnait et qu'il n'était pas possible de rester durant des années sur les résultats passés. Sans doute aussi ont-ils beaucoup parlé d'Europe (plutôt positif pour un scrutin européen, non ?) sans tomber dans le piège d'en faire directement un scrutin anti-Sarko...Enfin dernière explication, un certain dégout du PS parti moribond, déchiré, sans avenir. Le trio charismatique José-Eva-Dany était, non seulement dans l'unité, donc dans une dynamique, mais dans la nouveauté, tout le contraire des partis d'Aubry et Bayrou. Enfin ils furent les seuls à s'ouvrir largement sur les réalités du terrain avec leur accord avec le monde associatif si vivace en France, en intégrant FRANCE NATURE ENVIRONNEMENT qui regroupe des centaines d'assos vertes.
Hormis la droite, EUROPE ECOLOGIE est le seul vainqueur de ce scrutin. A relativiser tout de même vu le taux d'abstention des couches populaires et des jeunes. Mais la suite pour eux pourrait être assez peu simple.
Autres points positifs, la lourde défaite du MODEM qui talonnait encore les écolos quatre jours avant le résultat ! Sans doute son minable leader a dévoilé son vrai visage consternant en se faisant atomiser. Cette vraie droite déguisée en faux centre est partie en fumée et cela clarifie un peu le paysage et va rendre encore plus compliqué la recomposition du PS vers sa droite (Mais où est Ségo ?). Tant mieux.
Quant au PS, second perdant de la journée, il se prend une claque historique, à égalité avec EUROPE ECOLOGIE, et parfois derrière dans certains endroits ! Le congrès de Reims a donc laissé des traces qu'il ne pouvait effacer si vite, ne pouvant se cacher derrière un nouveau sigle, comme le PCF. La guerre des chefs et la présence des éléphants, le blocage des jeunes, son bilan européen calamiteux où le PSE a voté presque tout le temps avec le PPE lui amènent un discrédit complet et vraiment mérité.
Après le positif, voyons les aspects négatifs :
La gauche de la gauche : Désunie, un résultat honorable du FRONT DE GAUCHE mais qui va se trouver en difficulté quand sa composante essentielle, le PCF, va rejoindre ses tendres amis du PS pour les régionales qui approchent. Et Mélenchon, très combatif, que va-t-il faire, rejoindre aussi ceux qu'il vient de quitter avec fracas ? Leur problème sera celui-ci. Un front (de gauche, ou uni, voire populaire !) cela sonne bien, mais pour combien de temps, pour faire un « coup » et puis ensuite retourner dans le giron du PS pour avoir des postes et des budgets ? Mélenchon est le gagnant du Front de gauche et le PCF n'a fait que différer. 
Quant au NPA si l'on ne peut parler de défaite (pas d'élu tout de même) et un score doublé par rapport à celui de 2004 après sa calamiteuse alliance avec LO, il s'inscrit dans le paysage, certes, sans que l'on puisse parler de succès. Jouer la carte électorale chaque fois, en demeurant marqué par son fort investissement dans les luttes sociales, va relever de plus en plus du grand écart. Etre révolutionnaire (en s'investissant beaucoup dans les élections, contraire de la révolution) ou vouloir avoir des élus dans des institutions bourgeoises (jamais favorables aux luttes) cela ne va pas être facile à mettre en place.
Ne considérant pas le Front de gauche comme révolutionnaire (cela se saurait), le camp électoral des révolutionnaires, NPA-LO est crédité d'un bon 6%, cela n'est pas réjouissant, même si notre électorat est en partie resté chez lui. Surtout en pleine crise du capitalisme, qui serait, selon certains, en faillite !


Publié dans actualités

Commenter cet article