Jan Fabre à Avignon : l'orgie de la tolérance

Publié le par dan29000

Impossible de définir JAN FABRE. Le quinquagénaire belge est-il d'abord un dessinateur, un sculpteur, un chorégraphe, un plasticien, ou un metteur en scène ? Difficile de répondre car l'homme est totalement inclassable, irréductible. Durant la première partie de sa vie, ses expositions étaient visibles dans le monde entier de la Biennale de Venise à la Documenta de Kassel, de Budapest à Sao Paulo, d'Amsterdam à Lisbonne ou Helsinki. Puis de 1980 à 2009 ses œuvres furent visibles sur les scènes de théâtres. Sans pour autant déserter les musées, puisqu'il fut l'invité en 2008 du musée du Louvre pour l'exposition : Jan Fabre, l'ange de la métamorphose. La métamorphose est une des passions de cet étrange et génial artiste, avec aussi les scarabées. C'est en 2002 qu'il réalisa le plafond de la salle des glaces du Palais royal de Bruxelles qu'il a recouvert alors de 1,4 million de carapaces de scarabées qui réverbéraient la lumière.
De « Une femme normale à en mourir » en 1995, à « Je suis sang » en 2001, en passant par « L'histoire des larmes » Jan Fabre déchaine les passions et le mot est faible. Détestation sans faille, proche de la haine ou adulation outrancière, pas de demi-mesure pour son théâtre iconoclaste et dévastateur. Tout peut arriver dans les pièces de Fabre. Images crues, nudité des corps, masturbation, violence, scatologie provocatrice, cris et larmes... sans fin. L'homme possède une saine haine de son époque. Époque qui est la notre. Son écriture et sa mise en scène ne sont que le reflet d'une société malade, certains diraient en stade final de décomposition. Âmes sensibles et délicates s'abstenir. Une forme de subversion/déconstruction à l'état pur, une sorte de cocktail molotov artistique qui chaque fois enflamme les spectateurs (qui parfois quittent la salle). L'eau tiède n'est pas sa tasse de thé, le consensus n'est pas de mise.

« L'orgie de la tolérance » est présentée au Festival d'Avignon cette semaine.

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