Thierry Jonquet, disparition d'un grand auteur de polars

Publié le par dan29000

Thierry Jonquet nous a quitté à l'âge de 55 ans, c'est tôt, trop tôt, pour lui et pour nous. Fils d'ouvrier, Jonquet fut d'abord militant avant d'être écrivain, d'abord à Lutte Ouvrière, puis à la LCR en 1972. Né en 1954, après des études de philo et d'ergothérapie, il fit divers petits boulots et travailla en milieu hospitalier (gériatrie et psychiatrie). Cela lui donna une forte expérience sur la mort, la vieillesse et la folie que l'on retrouvera dans plusieurs de ses romans. Il nous parlera longuement de son expérience militante dans le passionnant "Rouge c'est la vie" en 1998. Il publia de nombreux livres, romans, nouvelles et livres pour la jeunesse et même bande dessinée de 1982 à nos jours.
Parmi les plus importants on peut retenir "Mygale" en 1984, "La belle et la bête" en 1985 (numéro 2000 de la Série noire), "Les orpailleurs" et "Moloch" en 1998 et enfin le très émouvant "Mon vieux", une de ses plus belles réussites en 2005. Son talent avait su construire un alliage détonnant de faits divers de société et de critique sociale et politique. Il avait depuis de longues années pris ses distances avec le militantisme, mais continuait à produire une littérature politique, toutefois dénuée de tout angélisme de gauche. Ayant dynamité les codes du roman noir,il avait su mieux que personne décrire la misère sociale des années 80 et 90.
"J'écris des romans noirs. Des intrigues où haine et désespoir se taillent la part du lion et n'en finissent plus de broyer de pauvres personnages auxquels je n'accorde aucune chance de salut" écrivait-il en 1998.

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