La prestigieuse BNF va céder à Google !

Publié le par dan29000

Après Harvard, Priceton, Madrid, Lausanne, ce fut la seconde bibliothèque française, celle de Lyon, qui, en 2008, céda ses fonds à numériser à Google et son Book search. Numérisation et mise en ligne des ouvrages tombés dans le domaine public (500 000 du XVIe au XIXe siècle). A cette époque, déjà reculée (un an), la BNF avait contesté ce projet, ayant déjà débuté le sien (livres numérisés consultables en ligne sur GALLICA). Certes le projet s'avère lent et surtout onéreux. Cette semaine la Tribune nous apprenait que les négociations entre Google et la BNF étaient avancées et devraient se conclure dans les prochains mois. Certes un communiqué de la vénérable institution française est tombé hier, signalant que rien n'était signé. On peut donc en conclure que les négociations avancent. Cela inquiète bien entendu les éditeurs et ayant droits qui craignent pour le respect des droits d'auteur des livres encore sous copyright, sans parler du respect à l'anonymat des lecteurs et de la simple confidentialité de l'acte de lecture.
Aux USA, l'EFF (electronic frontier fondation) et des écrivains (Lethem, Doctorow, Chabon) demandent à Google de garantir la confidentialité afin d'éviter toute surveillance ou profiling à des fins policières. L'EFF demande donc que le site efface les données des utilisateurs chaque mois. Cela prend toute son importance si l'on se souvient du "Patriot act" instauré depuis le 11/09 qui permet de prendre connaissance des titres de livres empruntés dans toutes les bibliothèques publiques du pays. Big brother aime bien surveiller nos lectures, se rappeler dans l'affaire de Tarnac, les livres saisis aux domiciles des inculpés.
Selons vos lectures, vous serez déjà un peu, ou beaucoup coupables !
L'éventuelle décision de la BNF serait une très mauvaise nouvelle pour la culture française et pour les libertés en général. Mais il faut reconnaitre aussi qu'une alternative, même pas hexagonale, mais européenne, n'arrive pas vraiment à se faire jour, et ce n'est pas Européana qui nous prouvera le contraire. Comme dans de nombreux domaines, l'Europe est performante pour la monnaie, les banquiers et les entreprises, pas pour les droits ou la culture ! Cela n'étonnera personne mais ce n'est pas une raison suffisante pour ne pas lutter contre le monopole de la numérisation qui se met en place.

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