Free Mumia Abu-Jamal now !

Publié le par dan29000

Une délégation du Collectif unitaire national de soutien à Mumia Abu-Jamal vient de le recontrer le 26 juillet dans le pénitencier de Waynesbourg en Pennsylvanie.
Le lendemain, la délégation s'est rendue dans une autre prison près du lac Erie afin de visiter  Debbie, Jamie et Janet (même mouvement que Mumia : MOVE). Elles sont condamnées, avec leurs maris, pour le meurtre d'un policier durant l'assaut de leur maison. Condamnées à cent ans de prison et pouvant bénéficier d'une remise de peine après trente ans. A condition de se déclarer coupables. Ce qu'elles refusent.
COMPTE-RENDU /
Une délégation du Collectif Unitaire National « Ensemble, sauvons Mumia » s'est rendue en
Pennsylvanie du 25 au 28 juillet 2009 pour rendre visite à plusieurs prisonniers politiques. Elle était
composée de trois animateurs du Collectif : Claude Guillaumaud-Pujol, universitaire et auteur d'une
biographie de Mumia (1), Jacky Hortaut, syndicaliste CGT, et de Jacques Lederer, écrivain.
Le dimanche 26, elle a rencontré Mumia Abu-Jamal dans le couloir de la mort
durant trois heures. Désormais, grâce à l'intervention de l’Archevêque sud-africain Desmond Tutu, prix Nobel de la paix, il est délivré de ses menottes lors des visites.
Sa santé est bonne (dixit Mumia) et il paraît en forme. S’astreignant à jouer régulièrement à la balle au mur dans une « cage » lui permettant seulement de voir le ciel, il a esquissé devant nous le geste du lancer, montrant ainsi son besoin immense de dépense physique.
Mumia ne se fait guère d'illusions sur le processus judiciaire actuel mais reste serein et déterminé à poursuivre le combat.
La conversation a roulé très librement sur plusieurs sujets, soit sous la forme de dialogues avec chacun des visiteurs soit collectivement. Malgré l'importance qu'il attache à l'élection du Président Obama, il se montre très lucide sur les limites possibles de son action. Il a tenu à souligner le rôle négatif de la presse et des médias dans le modelage de l'opinion publique aux Etats-Unis et dans le monde entier. Insistant sur leur baisse d’audience, il questionne : « comment faire confiance à des gens qui ne disent pas la vérité ? »
Mumia nous parle du racisme qui est « toujours là ». Il en veut pour preuve l'histoire récente du célèbre professeur d'université noir embarqué par la police alors qu'il tentait d'entrer chez lui.
L'affaire a fait le tour du monde, notamment le fait que le policier a refusé avec arrogance de s'excuser. « How dare you, comment osez-vous ? » Autrement dit, comment, vous, les noirs, osezvous exiger des excuses de nous, les blancs ? Cette phrase, Mumia l'a répétée plusieurs fois comme particulièrement typique et révélatrice du racisme encore profondément ancré dans la société américaine.
Il a remercié avec insistance tous ceux qui, de par le monde et notamment en
France, soutiennent sa cause. Il a laissé éclater sa joie lorsque Jacky Hortaut lui a raconté qu’il avait déployé une banderole « Free Mumia » au sommet du Kilimandjaro, the africa’s highest point, dont il avait fait l'ascension en février dernier.
Un moment émouvant fut aussi celui où il nous a chanté une ballade de sa composition (paroles et musique) dédiée à sa femme. Il aime beaucoup le jazz, notamment Miles Davis et John Coltrane (Love Supreme, Naima...) qu'il tient pour des génies. Il nous a raconté comment, lorsqu'il était journaliste, il baignait en permanence dans cette musique qu’il qualifie « de plus grand apport du peuple afro-américain à la culture universelle ».
La visite, trois heures passées en un éclair, s'est terminée la main et le poing collés des deux côtés de la vitre qui nous séparait, puis sur le coeur pour nous remercier. Il resta debout dans son box à nous regarder jusqu’à ne plus nous apercevoir, nous qui allions retrouver la liberté, lui « Jamal AM# 8335 » qui devait rejoindre sa cellule.


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