Baaba Maal, à Rock en Seine dimanche et nouveau CD dans les bacs

Publié le par dan29000

Après huit ans de silence,c'est le grand retour de Baaba Maal, en concert ce week-end à Paris pour Rock en seine et la sortie de son nouvel album "Television". Né en 1953 dans le nord du Sénégal, il est venu étudier la musique occidental au Conservatoire à Paris, puis de retour à Dakar il fonde le groupe "La voix du peuple". En 1990 il travaille avec Peter Gabriel, tourne en Europe, mais le succès ne devient mondial qu'en 1994 avec African woman. S'ensuivent plusieurs albums, une tournée avec Santana. Ce chanteur-guitariste joue aussi de la kora et est très engagé politiquement en Afrique. Il est aujourd'hui représentant du PNUD.
Son idée est d'investir la la TV, le web et la téléphonie pour informer le peuple africain sur le plan de l'éducation et de la santé. De plus il a fondé un festival, "Le blues du fleuve" à Podor sa ville natale, lui octroyant un peu de pouvoir afin de faire avancer les choses dans cette partie du Sénégal.
Extrait d'une interview récente sur MONDOMIX :
Télévision, c’est le point de vue de Baaba Maal sur le monde d’aujourd’hui et sur la position de l’Afrique dans le monde ?
 
Oui, globalement, Télévision constitue une partie de ma vision. Une idée revient constamment dans ma démarche, mes textes et mes activités : promouvoir les Objectifs du Millénaire*, ma collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) dans ma communauté au Nord du Sénégal. A chaque fois que je donne des interviews, que je joue ou ai la chance de m’asseoir avec ces associations, nous évoquons ces problématiques. Donc a fortiori, les thèmes qui se dégagent de mes chansons se recoupent un peu avec ces visées. Avec Télévision, j’ai essayé de diffuser cette information. Les outils modernes comme la télévision, le téléphone portable, les ordinateurs, peuvent être d’une importance capitale pour le continent africain. On peut y utiliser la petite lucarne pour constituer un cadre dans lequel les familles, chez elles, derrière l’écran, créent un lien pour aborder des sujets importants.
 
 *(programmes de résolutions prises par 191 pays appartenant aux Nations Unis pour atteindre d’ici à 2015, l’éradication de la faim et de la pauvreté, réduire la mortalité enfantine, combattre le sida, la malaria et autres maladies, promouvoir l’égalité des sexes, assurer la viabilité environnemental…www.standagainstpoverty.org)
 

Mais quand tu parles de celui qui est dans la télévision, il est un peu inquiétant. On ne sait pas qui il est, d’où il vient, ce qu’il fait, ni pourquoi il est là…

Avec Sabina, on a essayé d’étudier l’impact de la télévision sur les jeunes qui découvrent cet instrument. Ils voient quelqu’un s’incruster dans leurs vies, qui semble tout connaître, donne des clés sur les conditions climatiques… Mais est-il vraiment le maître de l’information ? En Afrique, on peut utiliser la télévision pour faire évoluer la situation. Pendant les élections au Sénégal, les chaînes privées ont contribué à éduquer les gens, à faciliter leur prise de position, leur montrer ce qu’ils ne pouvaient pas voir, avant, avec les programmes nationaux.

J’aime aussi citer l’exemple de ma participation, en 2007 en Afrique du Sud, à l’émission de téléréalité Big Brother Africa, suivie par des millions de gens dans tous les pays de cette région. Pendant une semaine, la compétition s’arrête pour laisser des gens importants, hommes de cultures, musiciens… parler aux jeunes candidats d’éducation, de protection de l’environnement, leur dire comment se protéger de certaines maladies. Si on utilise bien la télévision, même avec des programmes très simples, on peut véhiculer des messages nobles.


Publié dans musiques

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