Christian Poveda, documentariste humaniste assassiné au Salvador

Publié le par dan29000

Christian Poveda a été abattu d'une balle dans la tête, dans une région rurale du Salvador où il habitait depuis quelques années. Son corps a été retrouvé dans une voiture durant la nuit de mercredi à jeudi. Il travaillait avec les différents gangs du Salvador afin de réaliser un documentaire important qui doit sortir en France le 30 septembre prochain. L'ensemble des gangs salvadoriens comptent environ 16 000 membres et s'étendent aux USA, avec plusieurs centaines à LA. Poveda fut longtemps photographe, un photographe célèbre, un grand-reporter ayant travaillé pour Time ou Match. Il était encore l'an passé à Visa pour l'image à Perpignan et au Festival de St Malo, Etonnants voyageurs. Il avait couvert les guerres du Liban, d'Irak et d'Iran. Ce n'est pas forcement la signature d'un membre des gangs que cette exécution, l'on peut penser aussi à un contrat signé par des policiers qui n'étaient pas épargnés par le documentaire de Poveda qui circulait déjà en copies pirates pour un dollar. Poveda n'était pas tendre pour les exactions des policiers qui abattaient parfois des membres des gangs en pleine rue.
Nous reparlerons de son film lors de sa sortie.
Quelques photos de ses reportages sur la Mara18, ci-dessous.
Laissons parler Alain Mingam de Reporters sans frontières :
“Christian était le fils de républicains espagnols réfugiés en France. C’est aussi de ses origines qu’il tenait de fortes convictions humanistes, auxquelles il est toujours resté fidèle. Christian avait effectué des reportages au Chili sous la dictature de Pinochet, au Nicaragua et au Salvador. Il était très engagé dans ses sujets mais ce n’était pas un homme de parti pris. Ses convictions humanistes allaient justement de pair avec une grande rigueur professionnelle. Il avait une démarche authentique, un incroyable faculté à s’immiscer dans l’univers qu’il filmait, sur des sujets aussi divers que le sida en France, le collectif Ras l’front ou les Maras salvadoriens. Pour lui, la force du montage primait sur la force du commentaire. C’est ainsi qu’il restituait l’humanité d’individus comme les ‘mareros’, aussi monstreux que soient leurs actes. L’implication personnelle de Christian dans son sujet lui a même valu d’être approché par les gangs, qui espéraient en faire un médiateur.”
                                                                                                                                    

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