RESF / Père expulsé, famille détruite dans l'Essonne ce samedi

Publié le par dan29000

L'histoire de Yaho Séverin qui va être expulsé ce samedi, source RESF / 

M. Yaho Séverin va être expulsé vers Douala demain samedi 5 septembre à 13h50. 

A tous ceux qui le peuvent, rendez-vous à 10h30 à l'aéroport Charles-de-Gaulle Terminal 2C, point d'enregistrement du vol AF 946. 

Source : liste RESF91, reçu le 4 septembre 19h 
Resf.info : Urgent et important 

Pardon du rythme soutenu des alertes resf.info ces derniers temps : ce n'est pas nous qui décidons mais le président de la République. Une situation dédiée à M. Besson qui, dans sa conférence de presse a déclaré : « Il ne suffit pas que l'on entre en France, que l'on inscrive son enfant à l'école pour qu'il y ait protection (ndlr: régularisation) des parents ». La vie de Séverin Yaho est une gifle en réponse au "Il ne suffit que l'on entre en France" du ministre.  

Père expulsé, famille démembrée : en Essonne aussi ! 

Séverin Yaho est au centre de rétention de Vincennes depuis le 20 août 2009. L'avion qui l'éloignera définitivement de sa famille est programmé pour samedi 5 septembre à 13h50. Séverin ne dort plus, il a perdu une dizaine de kilos en deux semaines. 

Séverin Yaho est né au Cameroun en 1979. Sa mère quitte le foyer familial quand il a 3 ans. Son père, chauffeur de camion dans une société de carburants, est toujours sur les routes et confie l'enfant à une famille de sa connaissance en Centrafrique. Séverin a alors 5 ans. Trois ans plus tard, son père décède dans un accident de la route. L'enfant reste dans sa famille d'accueil mais il est considéré comme une charge, maltraité, sans affection. Il s'enfuit vers l'âge de 17 ans quand le fils de la famille lui donne un coup de couteau dans la cuisse. Il vit alors dans la rue jusqu'au jour où un Ivoirien le prend sous son aile. Séverin travaille dans des restaurants pour gagner un peu d'argent. Un an plus tard, ils partent en Côte d'Ivoire. Séverin trouve du travail dans le port. Mais les relations se dégradent entre les deux hommes et il doit à nouveau partir. N'ayant plus d'attaches en Afrique, il décide de tenter sa chance en Europe. Il arrive par bateau à Marseille à 24 ans, sans papiers et rejoint la capitale. Il travaille et dort dans des restaurants. 

En 2006, il se fait arrêter et est placé au centre de rétention de Plaisir. Le consulat du Cameroun refuse de lui délivrer un récépissé car il n'a aucun papier d'identité (normal, il a quitté le Cameroun à 3 ans et n'y est jamais retourné). 

La même année, Séverin rencontre Josiane qui deviendra sa compagne. Josiane illumine sa vie. Avec le désespoir d'un homme qui va tout perdre, il crie son amour pour cette femme, la seule, dit-il, qui lui ait apporté de l'affection, celle qui lui « a rendu la vie tellement belle ». Josiane a une petite fille de 4 ans, Cyrielle, qu'il aime immédiatement comme sa propre fille. Joyce naît le 3 décembre 2007. « Ma famille est ma seule richesse » dit-il. 

La vie de la famille bascule le 10 juin 2009. Séverin est arrêté, condamné à une peine de prison et à une interdiction du territoire d'un an pour séjour irrégulier. Le 20 août 2009, on vient le chercher à la prison de la Santé pour le transférer au centre de rétention de Vincennes. Considérant que son nom est à consonance camerounaise et qu'il s'habille comme un Camerounais, le consulat du Cameroun lui délivre un laissez-passer. 

Cette famille très unie n'avait rien à se reprocher : Josiane, originaire de Centrafrique, est titulaire d'une carte de résident de 10 ans. Séverin qui n'a jamais pu déposer de dossier de régularisation car il n'avait pas de passeport enchaînait les petits boulots. Cyrielle est scolarisée à l'école Louis Pergaud à Ste Geneviève des Bois (91) et Joyce est un adorable bout de chou. 

Cette famille va être écartelée samedi 5 septembre 2009 sur décision de l'Etat français.

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