Grippe A / Les doutes du milieu médical sur le vaccin

Publié le par dan29000

Alors que Bachelot, hier, nous incite à nous vacciner  la semaine prochaine, avant la vaccination à la mi-octobre, si si, première vaccination tout de suite (car le vaccin est prêt) contre la grippe saisonnière, et ensuite octobre ou novembre, seconde vaccination pour la grippe A ! Total trois injections en deux mois !
Pendant l'agitation médiatique de la ministre qui en fait trop depuis des mois, songeant bien entendu à ce pauvre Mattéi qui avait perdu son poste après la canicule, une grande partie du corps médical émet quelques doutes sur le futur vaccin attendu comme le messie dans un mois.

« La sagesse médicale est de douter, on devra tous se prononcer dans le doute. Il faut l'admettre. Quand on vote c'est pareil », taquine Jean-Marie Le Guen député PS et président de l'Assistance-Publique-Hôpitaux de Paris. Et de rappeler qu'on est « face à une équation à plusieurs inconnues » :
« On ne connait pas les vaccins, ni la date à laquelle ils seront disponibles, ni s'il faudra une ou plusieurs injections. »

 Le Syndicat national des personnels infirmiers a lancé la polémique avec un sondage auprès de ses adhérents. 4 000 personnes ont répondu :
Refusent de se faire vacciner (65%)
Acceptent (26%)
Hésitent (9%)
 Les personnels des services sensibles, comme la réanimation néonatale, sont plus enclins à accepter le vaccin.
 A part l'ancien directeur de la Croix-Rouge, Marc Gentilini, et le professeur Bernard Debré, on n'entend peu les grands médecins hospitaliers mener campagne contre le vaccin. 
Comment faire un rapport bénéfices/risques ? 
Face au doute, la raison invite à tenter de faire son propre rapport bénéfices/risques. Car l'intérêt de la santé publique ne devrait pas prévaloir sur l'intérêt de l'individu.
 
Antoine Flahault, directeur de l'Ecole des Hautes études en santé publique s'est fait une raison : 
« Si on se fait vacciner, on a 1 chance sur 1 million de développer un effet secondaire grave type syndrome de Guillain-Barré. Si on est personnel de santé, on est exposé à un virus qui peut tuer une fois sur 10 000. 
Pour moi, entre les deux risques il n'y a pas photo. Les populations à risque et celles plus exposées au virus ont selon moi intérêt à se faire vacciner. »


Qu'en pensent les médecins ? 

D'abord, tous attendent les résultats des test cliniques en cours, qui pour l'heure « ne sont pas très univoques » en faveur de la vaccination, remarque Antoine Flahault. 
Ils sont donc obligés de se prononcer sans avoir toutes les informations.
Interrogé, le président du conseil de l'Ordre des médecins semble d'ailleurs assez gêné. Ecoutons ce que nous dit Michel Legman : 
« Au sens de la santé publique je suis plutôt pour la vaccination. Je comprends les appréhensions, j'aimerais avoir des preuves de totale innocuité des vaccins, il faut juste attendre, il faut raison garder et ne pas effrayer la population. »

Mais chez les minoritaires du Syndicat de la médecine générale, la tonalité du discours est bien différente. Son président, Patrick Dubreil, conseille seulement à ses patients « à risque » de se faire vacciner, car îl ne voudrait « pas coller des effets secondaires à des gens sains ».
Surtout, il regrette l'absence de « démocratie sanitaire, en France il n'y a pas de lieu pour échanger et débattre, entre patients et professionnels. »

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