Grève du lait / Marée blanche du désespoir au Mont St-Michel

Publié le par dan29000

Déjà une semaine de grève du lait pour les agriculteurs. Ils avaient organisé hier vendredi une journée blanche particulièrement spectaculaire, surtout dans l'ouest de la France.
En Loire-Atlantique, venus des départements voisins, 500 agriculteurs ont épandu un million de litres dans un champ au nord de Nantes.
Dans le Finistère, à Pont-de-Buis, c'est un millier d'exploitants agricoles qui répandaient un million et demi de litres dans un champ de 24 hectares.
A Tanis, près du Mont Saint-Michel, 300 tracteurs épandaient trois millions de litres.
Alors que les regards, à juste titre, sont braqués sur les suicides à France Telecom, une autre vague a lieu, à bas bruit, depuis quelques mois parmi les agriculteurs. Notamment dans la Manche et dans le Finistère. Si le lait continue de nous nourrir, ce n'est plus le cas, depuis déjà longtemps, des éleveurs. Certes la grève ne fait pas l'unanimité dans la profession. D'habitude une grève c'est stopper la machine de production, mais ici on ne peut stopper la traite des vaches ! Les agriculteurs sont en grève mais travaillent toujours très tôt le matin, 7 jours sur 7. L'animal ne peut attendre. Difficulté aussi sur un sujet délicat : Que  faire du lait lorsqu'il n'est plus vendu (à perte) ?
L'APLI et la Coordination rurale ont proposé le lait aux associations caritatives qui ne donnèrent pas suite, sans doute pour des problèmes techniques. Certes les dons se multiplient, mais restent limités, là aussi pour des problèmes techniques.
Alors de nombreux éleveurs sont désespérés de voir tout ce lait (produit symbolique fort s'il en est) perdu dans les champs. Depuis longtemps le désespoir  se faisait sentir. La situation n'est hélas pas nouvelle. L'Europe a son habitude à laisser se dégrader la situation et la profession est aussi minée par un syndicat majoritaire, corporatiste et collaborationniste, la FNSEA. Alors que cette grève européenne est sans précédent, non seulement ce syndicat refuse d'y participer, mais appelle, seul, à une journée d'action (!) dans un mois. Et ensuite son dirigeant s'étonne de se faire conspuer à Rennes cette semaine ! 
Depuis un an les prix à la production ont perdu 30% ! Mais pas au profit du consommateur. Leur demande est simple et juste, pouvoir vivre de leur travail, c'est à dire avoir une juste rémunération. ( 400 euros la tonne au lieu des 230, voire moins aujourd'hui). Les cessations d'activité se multiplient comme les suicides. Les autres vivant en dessous du seuil de pauvreté. Ceci est un bel exemple assez parlant des méfaits du capitalisme dans une Europe qui se soucie des profits bien avant de se soucier des hommes. C'est aussi le résultat de l'entrée de l'agriculture dans l'OMC il y a quelques années. ATTAC et quelques autres l'avait alors dénoncé à juste titre.

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