Lyon / Des fascistes font annuler un débat RESF dans une bibliothèque

Publié le par dan29000

 L'exposition "Les Chiffres ont un visage" était visible depuis une dizaine de jours à la bibliothèque du 4e arrondissement de Lyon. Le vernissage devait avoir lieu ce soir, avec la projection d'un film, et un débat avec RESF, sur les sans-papiers. Mais tout a été annulé. La salle d'exposition a été fermée au public.
Motif : le travail du photographe Bertrand Gaudillère, du collectif Item, serait trop militant. Bertrand Gaudillère est un photographe militant. Le travail qu'il mène auprès de sans-papiers l'est aussi. Hier, toute la journée, la bibliothèque et la mairie du 4è ont reçu des plaintes "d'habitants". Des appels initiés par les Jeunes Identitaires Lyonnais, groupuscule d'extrême-droite qui évolue dans la mouvance du Bloc identitaire. Quelques heures avant les plaintes, ils appelaient sur leur site à harceler la bibliothèque, afin de faire annuler l'expo.
Bertrand Gaudillère, le photographe, a en effet été informé de l'annulation de son vernissage dans la journée de mercredi : 
"Un gars de la bibliothèque m'a appelé. Il m'a expliqué que mon travail était trop engagé et trop militant pour avoir sa place dans une bibliothèque. Apparemment, cela aurait pu passer si j'enlevais les textes qui allaient avec les photos. Si, dès le départ, on m'avait dit que mon travail était trop engagé pour être accroché dans une bibliothèque, je l'aurais compris. Mais, là, cela ne veut rien dire".

  Patrick Bazin, le courageux directeur de la bibliothèque municipale de Lyon, explique avoir été alerté mercredi matin sur les "questionnements posés en interne" par cette exposition.
"Effectivement, ce débat, tel qu'il était organisé, ne respectait pas notre devoir de pluralisme. Je ne veux pas que la bibliothèque municipale soit perçue comme un lieu de militance" (…) "Je n'ai rien contre les sans-papiers, ni contre ceux qui les défendent, mais je crois que nous devons, dans notre mission de service public, être soucieux d'un certain équilibre".

La rhétorique est bien connue. Avec ce genre de discours, durant la dernière guerre, on aurait octroyé, durant l'occupation, une minute pour les juifs, et une minute pour les nazis. Quant au..."Je n'ai rien contre les sans-papiers, mais...Là aussi cela sent un peu le moisi, surtout aujourd'hui, au lendemain de Calais, le "mais" est vraiment de trop. Quant au sens de l'équilibre, à Lyon, il profite souvent aux fachos...Surtout quand la mairie (socialiste ?) se couche devant eux.

 A la mairie du 4è, on tente en vain d'expliquer que le problème n'est pas lié aux photos mais au débat organisé ce jeudi soir à l'occasion du vernissage.
 
"Il y avait deux problèmes. Un problème de déséquilibre du débat. N'étaient invités que des personnes qui défendaient la même position. Le second problème est lié à la présence de sans-papiers à ce débat. Est-ce qu'une bibliothèque peut réellement accueillir des personnes qui sont hors-la-loi ?", explique Dominique Bolliet, le courageux maire (socialiste ?) de la mairie du 4è. Ces mots semblent étranges dans la bouche de cet élu (socialiste ?).
Ils ressemblent vraiment beaucoup aux mots des Identitaires (pas socialistes). 
A Lyon, le courage n'étouffe pas la direction des bibliothèques, ni les élus (socialistes ?) qui s'inclinent devant les pressions fascistes des nauséabonds identitaires.

Publié dans actualités

Commenter cet article