Pittsburgh / Gvain / Maigre bilan du sommet

Publié le par dan29000

Quelques phrases du bilan qui donnent le ton :

Tourner la page d'une ère d'irresponsabilité.

Pas d'excès de confiance.

Veiller que nos systèmes de régulation contiennent les excès.

Nous avons désigné le G20 comme étant le forum prioritaire de notre coopération économique internationale.

Prochains sommets au Canada en juin 2010, en Corée en novembre 2010 et France en 2011.


C'est peu.  Quant aux fameux bonus, ils vont être encadrés (brrr....), sans imposer de plafond (ouf ouf)...Instauration d'un système de bonus-malus. Les paradis fiscaux, eux aussi, ont eu peur, mais pas trop longtemps, ils ont signé tout une gamme d'accords. La Suisse, le Luxembourg de Clearstream, Andorre et Monaco sont sortis de la liste grise.

C'était clair pour tout le monde que le capitalisme ne pouvait pas continuer comme avant.

Et bien bonne nouvelle, il  le peut, et il va même le faire, si si.

Il fallait le moraliser (cette belle idée qui fait trop rire les banquiers et  les traders du monde entier), et bien c'est fait, tout est moraliser, d'ailleurs le G8 a vécu, place en priorité au G20, cela au moins c'est du concret ! Faut dire que moraliser le capitalisme, c'était pas facile, un peu comme rendre aimable un scorpion...

Sarkozy est vraiment content, les banquiers du monde entier aussi, tout va donc bien. Les banques elles sont déjà bien remises de la crise financière, elles repartent à fond sur les profits.

Mais ceux qui paient durement la crise, eux, sont toujours là.

Hélas, effet Obama oblige, les manifestants étaient clairsemés, sans comparaison avec les grandes démonstrations altermondialistes sous Bush. Quelques milliers pour la plus grosse manifestation, des centaines pour d'autres, quelques heurts d'une police trop nerveuse et quelques arrestations aussi.


Ci-dessous un bon cadrage d'un dirigeant de JOBS FOR JUSTICE, syndicat de Boston...


Russ Davis est le directeur exécutif de Jobs with Justice, syndicat basé à Boston :

«La déception est terrible, mais rien n’est encore gravé dans le marbre…»
«Nous, on travaille avec des communautés de base, des collectifs religieux, etc. La première chose que l’on constate, c’est que les plus pauvres payent la facture d’une caste de financiers, et que ni le G20 ni Obama n’y ont rien changé. On nous dit que le taux de chômage est au plus haut depuis vingt-six ans. En fait, le taux réel lorgne les 25 % si on inclut les temps partiels contraints, les fins de droits, etc. Les patrons tout puissants se sentent pousser des ailes. Ils arrachent les conventions collectives pour les jeter à la poubelle. Ils multiplient le lobbying pour retarder le vote de l’Employee Free Choice Act, qui vise à donner aux syndicats le droit de faire signer librement aux salariés la possibilité d’être représentés par un syndicat si la majorité d’entre eux le souhaitent, un truc impossible à l’heure actuelle si l’employeur n’est pas d’accord. Et qui finance en partie le lobbying antisyndical ? Bank of America, la même banque qui soufflé sur les braises des subprimes et pousse dehors les propriétaires qui ne peuvent rembourser.

«Qu’est-ce que le G20 a changé, là-dessus, sur l’impunité totale des banques ? Même le président régional de l’AFL-CIO, le plus grand syndicat, a rejoint notre mot d’ordre : il faut nationaliser les banques. Le problème, c’est que le débat est pipé. Illico, tout mouvement de contrôle est traité de socialiste, de marxiste. Le plus drôle, c’est que de plus en plus d’Américains pensent que le socialisme, c’est une bonne chose… La crise a réinstallé la droite la plus réactionnaire, la plus toxique : on le voit sur l’autre sujet capital, la réforme du système de santé, toujours en plan. Obama est pris en étau entre la partie réformatrice et la droite démocrate, qui se rallie aux républicains. Le problème, c’est que les conseillers issus de Wall Street trustent son cabinet économique, quand, à l’échelon intermédiaire, des cadres progressistes veulent être plus ambitieux. La déception est terrible, mais rien n’est encore gravé dans le marbre… On peut changer les choses, changer vraiment le système et pas "le moraliser" : il n’est pas "moralisable". Après tout, après la Grande Dépression, il a fallu trois ans pour sortir la tête de l’eau…»

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