Rennes / PS / Bientôt une ville pour les riches et les flics

Publié le par dan29000

Le projet de transformer le couvent des Jacobins en centre de congrès traîne dans les tiroirs de la Mairie depuis longtemps. Celle-ci a en effet une conception bien à elle des besoins de la ville et de ses habitants. Ce dont Rennes manquerait c'est d'un Palais des Congrès pour accueillir les businessmen ! On croit rêver !
Consacrer autant d’argent public au profit de quelques uns s’ajoute au choix d’un lieu de patrimoine qui, au lieu de profiter à tous, servira à assurer le standing des cadres supérieurs. Mais si  la Mairie voulait  faire oeuvre  de mixité sociale, c'est loupé car l’arrivée des uns  signifie toujours le départ  des autres : L’installation d' équipements de haut standing, en plus de défigurer le quartier, entraînera la hausse des loyers et des prix des commerces, et donc contribuera à exclure les plus pauvres du centre ville, comme d'habitude. Cela se nomme ségrégation sociale, ce n'est hélas pas nouveau, et cela un sport qui se pratique aussi bien dans les communes de droite que de gauche.
Mais pour cela , il s'agira de « nettoyer » le centre ville des indésirables. 
La Mairie et la Préfecture ont oublié leurs querelles, et s’accordent pour commencer à installer des caméras dans les sites « sensibles » et pour faire débarquer 120 flics supplémentaires (sur 600 environ en activité actuellement à Rennes). Le dispositif : l’Unité Territoriale de Quartier, composée de 20 membres, et une compagnie de sécurisation,  mélange d’une CRS et d’une BAC, forte d’une centaine de flics. Leur champ d’intervention : la lutte contre la petite délinquance, anti-SDF, l’élimination des tapages nocturnes,  les violences urbaines, c'est à dire la répression des manifestations. 
En  2006, le Canard Enchaîné avait  révélé, que les flics déguisés et mêlés aux manifestants pour provoquer des troubles et permettre des arrestations faisaient partie de cette unité… Si les projets immobiliers de la Mairie sont clairement destinés aux privilégiés, ces mesures sécuritaires, prennent pour cible les pauvres, les jeunes, et les contestataires.
La ville nous appartient. A nous de savoir lutter contre les caméras, la présence des flics et de faire valoir le droit de manifester et de contester la militarisation de nos grandes agglomérations avant que nous n'ayons à subir une situation à l'italienne où Berlusconi donne l'habitude aux habitants de voir l'armée patrouiller dans les rues.

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