A propos des questions d'organisation, un texte de P. Zarka

Publié le par dan29000

A propos des questions d’organisation.

P. Zarka


La conception que l’on se fait de l’organisation politique découle directement de la conception que l’on se fait de qui est le sujet de l’agir politique. En ce qui nous concerne, il s’agit de faire découler nos principes d’organisation de ce que nous entendons par « révolution ».



Première difficulté : l’héritage révolutionnaire repose sur des principes où l’organisation se substitue aux intéressés et à ce titre considère tout ce qui ne vient pas d’elle comme un obstacle au processus révolutionnaire. Point commun à Robespierre, Babeuf, Lénine et aux tentatives ultérieures. Il n’y a pas d’un côté, ce qui serait aisément discerner comme démoniaque et de l’autre des processus qui ont fait leur preuves quant à leurs capacités de politisation. Les mêmes éléments ont par le passé porté des fruits réels mais étant fondés sur des rapports de dépossession se trouvent actuellement en porte à faux avec les aspirations des individus à assurer leur autonomisation. Au-delà, il faut bien s’interroger sur les raisons qui font que depuis 1789, aucune révolution n’a durablement réussie. La Révolution française avait pour fondement qu’une classe de dominants et de possédants prenne la place d’une autre et depuis la Commune de Paris, la question posée est l’émancipation de chaque individu de toute forme d’exploitation et de domination. En s’inspirant des formes issues du XVIII° siècle, puis en rejetant la violence, révolution et course au pouvoir institutionnel sont souvent confondues. Je n’ignore pas la question des pouvoirs institutionnels et de la nécessité de les investir, mais de les investir pour les subvertir et à ce titre, je doute fort qu’une révolution puisse émerger à partir de la vie institutionnelle. La moindre conquête sociale et démocratique du XX° siècle a été arrachée lors d’interruptions de la normalité institutionnelle, alors la révolution….ce n’est pas parce qu’elle serait démocratique que cela atténuerait le problème. Celui-ci réside dans le fait qu’on ne peut être émancipé que par soi-même. Pour aller vite, disons que l’émancipation ne peut découler d’un processus qui ne serait pas en lui-même déjà émancipateur. C’est d’ailleurs l’immense apport théorique du mouvement d’émancipation féminine. Le contraire de la délégation de pouvoir n’est pas l’informel, il est dans la recherche de modes qui établissent des rapports plus contraignants pour les mandataires. Mais en aucun cas, ces derniers ne devraient avoir davantage de pouvoirs que les « mandateurs ».

Un nombre croissant de personnes vit et a conscience de vivre dans un décalage volontaire, tentant d’adapter ses modes de vie sans attendre d’éventuelles ou d’hypothétiques transformations politiques ; la politique étant alors réduite à empêcher le pire. Ces multiples tentatives face à la crise ont toutes un point commun. A travers l’extraordinaire diversité des situations, des objectifs fixés, des luttes pour sauver des acquis et des expériences d’autres modes de vie émerge la volonté de se doter des pouvoirs qui permettent de choisir sa vie, d’en maîtriser le cours pour autant que cela soit humainement possible. Mais sans que rien dans l’organisation de la société, ni le marché, ni l’Etat ne vienne empêcher la constitution de ce pouvoir sur soi-même. Ils inscrivent leur pensée dans l’acte et le mouvement en développement. Ce double refus est un moteur d’imagination et de passage à l’acte. A l’inverse, la difficulté que connaissent les mouvements sociaux aujourd’hui, tient à mon avis, à ce que les enjeux ont changé : hier, c’était la répartition des fruits du travail ; aujourd’hui si on prend l’exemple des délocalisations ou des disparitions de productions, ou encore la question des retraites, c’est que ceux qui luttent se donnent le pouvoir d’organiser la société. Je souligne « se donnent » et « pouvoir ». Pouvoir impliquant à la fois la question de la nature de la propriété –curieux que si peu l’aient posée à propos des banques- et de l’autogestion. Comment invoquer « l’émancipation sans toucher à ce qui fausse tous les rapports sociaux : la domination du marché et la propriété des moyens de production et d’échanges qui décident des réalités économiques et sociales ? L’absence de volonté de se colleter à cet enjeu fait …une succession de défaites.

La course effrénée aux logiques institutionnelles sans qu’elle ne corresponde à une réalité du mouvement populaire est non seulement vaine mais un piège. En moins de quarante ans, nous avons battu la droite à trois reprises et on ne peut pas dire que cela a été le point de départ d’une dynamique. Les lois « Auroux » en 1982 (qui seulement s’en souvient ?) sur les droits des travailleurs sont restées lettres mortes ; les 35H en 98 n’ont débouché sur aucune création d’emplois ce qui rend l’acquis vulnérable. Et pourtant, ce sont là des promesses (pour une fois) tenues. Cela dit l’inefficacité d’une surévaluation du travail législatif au regard du mouvement populaire. La révolution, ce ne peut qu’être d’abord de permettre aux individus de sortir du rôle de muets auquel la société les assigne et de les mettre en situation d’intervenir là où on ne les attend pas. Il y avait de cela dans ce que l’on appelle « les émeutes de banlieues » en 2005 ou lors du référendum du TCE ou du mouvement contre le CPE. Pour celles et ceux qui avaient 18 ans en 68, ils se souviennent peut-être de l’effet sur nous de cette femme noire qui aux USA, décide de prendre place dans un bus réservé aux blancs ou de ce jeune noir en Alabama qui veut entrer dans une université réservée aux blancs ou de « l’anomalie » que représentaient le fait que les vietnamiens faisaient jeu égal avec la première puissance militaire du globe…ou plus modestement en mars 68, quand les garçons sont allés dans le bâtiment des filles à la Cité U de Nanterre- symbole de l’interdit pesant sur la sexualité. Ne pas être à la place où la société nous assigne. Mais dans chacun de ces cas, l’exigence allait au-delà de ce qui était explicité : je suppose que le problème de la noire américaine ne se limitait pas à vouloir rentrer chez elle sur une place assise, du jeune noir américain allait bien au-delà de son entrée à l’université, quant à l’investissement du bâtiment des filles à la Cité-U de Nanterre, j’en suis sûr.

Il faut donc imaginer une conception de l’organisation collective qui non seulement ne contrarie pas la prise de responsabilités et la diffraction d’identité qu’implique tout processus d’émancipation mais le favorise. Tant que l’organisation n’est pas un outil d’individuation, c'est-à-dire d’affirmation de soi par la socialisation, elle ne correspond pas à ce que nous tentons de définir comme processus révolutionnaire. A cette fin, je relèverai ici trois pistes à explorer qui me semblent fondamentales.

1) La nature de l’objectif que s’assigne l’organisation.

2) Les contours qui permettent de l’identifier.

3) Quelques principes de fonctionnement.
1) La nature de l’objectif que s’assigne l’organisation

Traditionnellement, elle veut « prendre » le pouvoir au service de ceux qu’elle annonce représenter. Pour aller vite, remarquons qu’il est encore plus facile de rendre des richesses que de restituer aux intéresses la moindre parcelle de pouvoir. La délégation qui découle de cet objectif nourri tous les opportunismes ; pas seulement de la part des organisations mais aussi des électeurs eux-mêmes qui sont souvent conduits à préférer le vote »utile » à leurs propres convictions. Le rôle « des politiques » est de poser la question sous son angle politique : ces ouvriers qui manifestent un désir d’autopouvoir pour pouvoir survivre, sont à interroger : veulent-ils devenir patrons à la place des autres patrons ? Font-ils face à des patrons « déviants » ou à une organisation de la société généralisée qui fait système ? Sont-ils capables de repérer dans la société d’autres salariés qui comme eux, sont dans la même quête d’une identité autre que celle de victime ? Ne pourraient-ils pas alors fédérer ces désirs en une force qui les mette sur un pied d’égalité avec ceux qu’ils combattent et qui se sent capable de penser aussi en termes d’organisation générale de la société ?

Considérer qu’exploités et dominés soient les auteurs et les acteurs de la révolution, ne conduit pas à un culte béat de la spontanéité. Mesurer le besoin d’élaboration d’une culture politique qui leur soit propres, ne vient pas spontanément. Il faut en avoir envie, savoir opter pour un point de vue qui ne soit pas celui du capital, mettre en commun les informations, créer les conditions de se transformer collectivement en force politique majeure. La médiation qu’offre l’organisation n’est plus alors de parler à leur place mais de permettre une identification entre le « Nous » et les « Je ». Cette identification ne se produisant qu’à travers la projection dans un troisième terme qui est soit la personnalité d’un(e) meneur( se), soit le regard que l’on porte sur sa propre capacité à participer à un élan collectif.

Il n’y a de politique transformatrice que par des processus de modifications de l’identité des individus concernés ou plutôt par un processus de diffraction de cette identité : Je reviens sur ce que j’écrivais en Avril: « Les salariés de Total ont renouvelé en acte le débat sur la propriété sociale des moyens de production : à propos de leur entreprise, ils ont dit « Nous sommes chez nous ! » et ont annoncé leur volonté d’assurer par eux-mêmes le travail de raffinerie. (…) Aucun Parti se revendiquant de la radicalité ne l’a perçu comme tel. » Je voulais personnellement attirer l’attention sur deux faits qui me semblent majeurs : ce que je considère comme du communisme en germes et le fait qu’aucun parti n’a été s’immerger dans cette réalité pour en exploiter (au sens où l’on exploite une terre) ces éléments. Je ne connais personnellement aucun de ces salarié et je serai fort étonné d’apprendre qu’ils se soient dit »Ah tiens, nous relançons le débat sur le pouvoir et la propriété sociale des moyens de production ». Si cela était le cas, nul besoin de formation politique.

Cela veut dire par contre qu’il n’y a de politique que si quelqu’un a la volonté d’ALLER chercher et trouver de tels germes à développer. Ce quelqu’un ne peut qu’être une organisation qui interprète et conceptualise. En disant ce qu’ils ont dit, les ouvriers et techniciens de Total sont restés des ouvriers et des techniciens, mais en même temps, ils n’étaient déjà plus tout à fait les mêmes, et c’est fondamental. Ils sont, durant un trop bref moment, devenus aussi des cadres dirigeants d’entreprise, des audacieux se sentant capables de se projeter dans des projets et des pratiques qui leur étaient jusqu’alors inconnus, des terrains qui leur étaient interdits. De ce fait, ils ont changé quelque chose de leur identité. Comme les étudiants de 68 n’ont pas été durant ce temps que des étudiants. Et les jeunes de banlieues ont tenté en 2005 d’accéder à une visibilité qui leur était jusqu’alors refusée.
2) Les contours

La difficulté ici est que le NOUS est toujours un pluriel. La Palissade ? Que non ! Jusqu’à présent il a toujours été présenté comme devant être univoque pour ne pas être cacophonique, uniforme et aligné pour être efficace. Et le pluriel n’est que formel. L’effondrement des partis fortement ancrés dans le tissu social qui ont vécu sur ce mode durant près d’un siècle en dit long quant à la dite efficacité. Comment l’approche de réalités complexes et composites pourrait être de l’ordre de l’uniformité ? Sauf à se substituer aux composantes de cette réalité. Comment la construction de connaissance nécessaire et l’action même dans un sens identique, pourraient découler d’un discours univoque ? Dès lors comment une organisation révolutionnaire pourrait ne reposer que sur un seul de ses courants dès lors qu’ils existent. Même Marx dont on ne peut évoquer la tiédeur considérait que les communistes n’avaient pas à se ranger dans un Parti à part. Concrètement aujourd’hui, la diversité et la multiplicité des parcours qui peuvent converger vers la construction d’une nouvelle culture politique recouvre à la fois des logiques politiques différentes mais aussi des approches de natures différentes : politiques, sociétales, syndicales, culturelles…La participation de chacune étant indispensable à l’intelligence du réel. A l’image d’un scanner, elle permet de cerner des réalités complexes sous différents angles. Il ne peut y avoir de projet commun qu’élaboré ensemble et ce, sans avoir à changer la nature de ces différentes approches. Aujourd’hui, l’absence quasi-total de forces issues du syndicalisme nous interdit de fait, certains champs d’interventions au risque de devenir (comme d’autres) des donneurs de leçons …qui ne coûtent rien au donneur et n’ont pour résultat que de hérisser le poil de celles et de ceux qui ont le sentiment que l’on parle à leur place. Il ne s’agit donc pas simplement « d’articuler » le social et le politique mais d’interroger : parler de misère, d’injustice, de retraite ou de l’implosion de l’économie grecque, en rendre responsables les dépenses sociales, s’agit-il vraiment de « questions sociales » ou s’agit-il d’assujettissement des hommes et des femmes à des dominants ? Bien évidemment, personne ne peut ignorer les souffrances et les urgences sociales. (Comme si la politique consistait à parler d’autre chose !) Mais les quarante dernières années nous ont appris que de courir après les urgences n’ont empêché ni qu’elles s’étendent ni qu’elles s’aggravent. Il y a plus qu’une nuance entre les deux manières de poser la question. L’une renvoie à des réformes souhaitables, l’autre met l’éclairage plus directement sur la structure même de la société. L’une est sur les conséquences, la seconde, sur les conséquences ET les causes. En fait, il n’y a de « questions » que politiques. Enfermer la problématique dans la notion de « question sociale » c’est déjà entériner la dissociation du social et du politique. Et les deux en deviennent impuissants. Comment résoudre ce problème sans une présence plus réelle du mouvement syndical et associatif au sein de la FASE ?


3 - Quelques principes de fonctionnement qui découlent de ces considérants

a) Le caractère inachevé et mobile de la structure : par définition, au-delà de forces dont les engagements néo-libéraux sont clairs, on ne peut dire à l’avance qui se fédérera ou qui n’en sera pas. On n’adhère pas à une fédération comme on adhère à un parti fondé sur des rapports hétéronomes, une structure fédérative ne peut que revendiquer son caractère d’inachèvement, composite et n’écrasant pas la diversité des identités. Cela suppose un état de tension permanent pour intégrer de « nouveaux » participants. Cela suppose aussi de considérer que la reconnaissance par les plus larges couches de l’opinion de l’originalité du caractère fédérant des logiques différentes est en soi un objectif politique à atteindre

b) De l’art du désaccord et de la cohérence de visibilité : la tradition veut que l’on soit identique pour être ensemble et divisés si l’on est différents. Cela interdit toute construction durable : le moindre désaccord fait tout exploser. Être ensemble parce que (et non malgré) différents. Quelle identité politique ou sociale peut prétendre détenir à elle seule les clés de la révolution dont nous parlons ? Dès lors, la perméabilité critique à l’égard des autres pensées est un moteur indispensable, et même d’avantage, le désaccord doit d’abord être pris comme signalant un problème non résolu. Cela ne conduit ni à faire « de l’eau tiède » ni à donner raison à la moindre idée émise, mais à considérer que l’effort qui consiste à chercher à dépasser le désaccord en se dépassant soi-même est indispensable. D’autant qu’il est possible que n’existe pas seulement une bonne réponse par question. Cela n’empêche pas de rendre lisible des prises de positions. Mais dans la mesure où nous souhaitons l’intervention créatrice du plus grand nombre d’individus, la prise de position ne peut être livrée comme un produit qui serait né du néant ; les débats qui y conduisent doivent faire partie de cette lisibilité. Le consensus est ce qui conduit à ne pas prendre de décision par un vote excluant mais à toujours rechercher ce qui permet d’être ensemble. Quant aux désaccords persistants, ils conduisent à penser que la réponse choisie mérite d’être revérifiée à la lumière de la pratique et de réflexions ultérieures. Et une prise de décision ne doit pas empêcher la poursuite d’expérimentation différente pourvu que l’on se mette d’accord (toujours publiquement) sur les moyens d’harmoniser ce qui conduit à des postures différentes. Il n’y a de politique qu’en construction et ce, non pas réservé à une petite élite mais du point de vue le plus largement public possible. Le caractère démocratique du processus révolutionnaire est à ce prix.

En fait concernant ces deux points a) et b) je ne pense pas que l’on puisse rêver à autre chose qu’à un état de tension permanent, jamais résolu, appelant les interventions les plus larges pour qu’à chaque fois, on puisse redéfinir les moyens de surmonter les obstacles. Ce qui me rend donc méfiant à l’égard d’une volonté d’écrire de statuts qui prétendraient répondre à tous les problèmes avant qu’ils surgissent.

c) Direction ou mutualisation ? La notion d’organisation renvoie alors davantage à la fusion de l’individuel et du collectif qu’à la constitution d’une institution qui met les individus concernés en extériorité de la capacité de production. De passer du stade de dominés et d’exploités à celui de force politique implique de mutualiser les expériences, idées, convictions et prises d’initiatives. La créativité nécessaire ne vient pas toujours des appareils constitués et toute l’histoire a montré que la pente qui menait du pouvoir de représentation au pouvoir accaparé était rapide. Les notions de mises en cohérences, de coordination n’empêche nullement la prise d’initiative devant l’évènement si le socle idéologique bâti en commun est suffisamment solide.

Évidemment, la question des personnes emblématiques est fréquemment posée. Je ne connais pas d’exemple où un « bon leader », ne se soit pas mal terminé même quand il a été vraiment bon par ailleurs. Pour moi, il est une forme de reproduction de la mise en extériorité des individus au regard du centre de gravité de la vie politique. Et cela peut être même malgré lui. C’est cette mise en extériorité que je redoute. Le leader implique de la part des autres, cette admiration qui contient du « moi, je ne suis pas capable » et il porte en lui « le pouvoir de fixer ce qui devient vite la norme ». Il y a quelque chose de l’ordre du détournement, du rapt. Je sais qu’il y a des gens qui savent faire plus que d’autres ou comme on dit « parlent mieux » mais rien ne vient ici légitimer un pouvoir qui permette de distinguer et de fait, de hiérarchiser. C’est un état de fait qui ne leur donne aucun droit à une parole supérieure et donc ne permet pas de se réclamer même implicitement d’être au nom du groupe, un référent dont la validité serait supérieure à celle des autres.

Évidemment, l’idéal ne peut exister, il y a donc toujours une tension entre ce que l’on voudrait et ce qui est. Mais il est nécessaire que cette tension soit toujours présente à nos yeux. Et je suis méfiant envers quelque chose qui en structurant, légitimerait un état de fait et donc occulterait la contradiction et nous priverait de cet esprit de tension. Or la conscience de cette tension permanente me semble fondamentale. Il ne s’agit pas d’ignorer le besoin que des tâches soient couvertes. Au contraire. Animateurs, responsables aux fonctions et aux mandats bien précisés, portes- parole aux fonctions limitées sont à inventer. Et ce, en permanence. La rotation des cadres en est un élément mais seulement un élément, on ne peut pas dire que la limitation à deux mandats du président des USA ait fait de ce pays un modèle de démocratie. La question à creuser est bien plutôt dans le caractère collectif du travail d’élaboration, de définition des besoins et des moyens (j’ai tendance à préférer le mot travail au mot débat), la manière dont nous nous servons des moyens de communications pour être en état de corriger ensemble des trajectoires ; ce n’est plus tout à fait de la représentation ; il en est de même concernant la nature du rapport entre coordination ou espace de mise en cohérence et multiplicité des lieux et des origines de l’initiative politique. De ce point de vue, il est possible que les acquis de chaque type de pratiques ne soient pas suffisamment et explicitement sollicités pour être versés dans un creuset commun et que l’intervention publique de la FASE ne résulte pas suffisamment de propositions multiples et venant de divers horizons.


Source : FASE

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