Affaire DSK : les femmes en colère

Publié le par dan29000

 

DSK: femmes en colère

    

 

Une vingtaine de femmes sont venues devant le tribunal, au 100 Center Street, pour faire entendre leur désapprobation. Danette Chavis avait apporté sa pancarte fait maison:
   - "Et l''ADN, ça ne sert à rien ?"
    Les manifestantes étaient des responsables d'associations contre la violence sexuelle ou les injustices faites aux femmes. Il y avait aussi une élue de New York et une représentante de NOW (National Organization for Women), la grande organisation féministe qui a lancé une campagne sur le thème "Take Rape Seriously" ("Prendre le viol au sérieux").

    Les femmes pensent qu'en classant l'affaire, le procureur Cyrus Vance prend une décision qui a plus de conséquences qu'il n'y parait pour les New Yorkaises. 
   Décrédibiliser la plainte de Nafissatou Diallo, au motif qu'elle a sous-évalué ses revenus pour conserver son logement social ou qu'elle a donné des versions différentes de ce qu'elle a fait tout de suite après avoir été (selon elle) agressée, est "injuste", a dit Leticia James, membre du conseil municipal.
   - "Is there such a thing as a perfect rape victim" ? a-t-elle demandé ("ça existe, une victime parfaite de viol ?")
    Va-t-il falloir que les immigrées pauvres s'assurent que leurs déclarations d'impôts sont établies dans les règles de l'art pour obtenir justice quand elles seront agressées ? a demandé Leticia James.

   

 

Les femmes ont expliqué que tout ce qui est arrivé à Nafissatou Diallo est assez classique: "tir à vue" sur son passé, son statut, sa réputation, ses fréquentations..
    Pour elles, il n'est pas surprenant qu'une victime fasse des déclarations contradictoires: elle est en état de choc. (à cet égard, la lecture de la motion du bureau du procureur montre ce qui s'apparente à un décalage culturel profond: les enquêteurs relèvent que Nafissatou Diallo pleure avec effusions un jour et le lendemain accueille la même question avec impassibilité)

    Pour Sonia Ossorio, la directrice excéutive de NOW, moins la moitié des viols font l'objet de plaintes. Et 6 % seulement des violeurs finissent par faire de la prison. L'affaire DSK/Nafissatou risque encore de décourager les victimes, a-t-elle dit (en blâmant aussi l'avocat Kenneth Thompson pour des erreurs grossières dans la gestion du dossier).


    Catherine Coswell, de l'Alliance nationale contre les agressions sexuelles, a dit que les fausses accusations de viol sont rares: de 2 à 8 % de toutes les accusations, selon l'Institut de recherche des procureurs américains.


    Et Andrea Plaid de l'association Sister Song a lancé une pétition pour protester contre le traitement par le New York Post, non pas de DSK le "perv", mais de Nafissatou, que le quotidien avait accusée de faire le trottoir.
    La militante a appelé à des excuses publiques du quotidien du groupe Murdoch.  

     Les journalistes américains ont écouté avec beaucoup de sérieux. Il n'y avait pas un journaliste français à l'horizon. On ne saurait mieux illustrer le décalage des préoccupations...

 

 

Source : LE MONDE / blog big picture, de Corine Lesnes

 

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Mitsuko 25/08/2011 07:11


Bien sur que nous sommes revoltees, nous les femmes dans cette histoire ... Nous nous rendons encore une fois que nous ne sommes toujours pas l'egales des hommes et c'est outrageant ... DSK s'en
sort bien et c'est monstrueux et pourtant peu d'hommes ont reagi !!! Ca fait mal quand on est une femme en 2011 car personne ne leve ne serait-ce un petit doigt contre tout ce que l'homme fait
contre les femmes de tous les pays du monde ... Et en plus, les hommes se pensent les plus forts ...


dan29000 25/08/2011 07:47



Là encore, bien d'accord avec toi, mais le combat anti-dsk n'est pas fini, ni aux USA, ni en France...