Affaire Karachi-Takieddine : la justice s'approche de Balladur et Sarkozy

Publié le par dan29000

Vers un dénouement du Karachigate

 

Cela va faire longtemps qu’un scandale empoisonne le monde trouble de la sarközie, celui du Karachigate.

L’affaire semblait au point mort, et on s’interrogeait sur les lenteurs judiciaires, jusqu’à un certain 21 septembre 2011.

 

 

 


Pour rafraichir la mémoire du lecteur, c’est le journal « Libération » qui avait été l’un des premiers à accuser, entre autres, notre autocrate présidentiel d’avoir organisé une partie du financement de la campagne de Balladur par des rétro-commissions, versée dans le cadre du contrat Agosta avec le Pakistan.

Il s’agissait de la vente de 3 sous-marins pour lesquels des commissions devaient être versées, et l’arrêt du paiement de ces commissions provoqua, de l’avis de nombreux politologues, l’attentat du 8 mai 2002, entrainant la mort de 15 personnes dont 11 français, tous salariés de la DCN (direction des constructions navales).

En effet, en 1996, peu après son élection, Jacques Chirac décida de ne pas honorer le solde des commissions, d’un montant de 32 millions de francs, se doutant qu’il alimentait un système de rétro-commissions, provoquant probablement quelques années après, l’attentat de Karachi.

Comme l’écrit Guillaume Dasquié dans le journal « Libération » : « Les 2 intermédiaires imposés par les balladuriens ont au moins reçu 54 millions de francs le 2 juin 1995 dans le cadre d’un accord prévoyant un versement total de 216 millions sur 12 mois (…) nous sommes en mesure de révéler que le compte de campagne de Balladur a enregistré un dépôt en espèce de 10 millions de francs ». lien

A ce moment Nicolas Sarközi était à la fois le porte parole d’Edouard Balladur, et son Ministre du Budget, et Nicolas Bazire était le directeur du cabinet balladurien, ces trois hommes étant à l’époque des amis.

Nicolas Bazire, après l’échec balladurien à la présidentielle, fut nommé en 1999 directeur général du groupe Arnault, dont on sait les liens d’amitiés avec Sarközi, et était aussi le témoin de mariage entre Carla et Nicolas.

Mais cet énarque est aussi membre du comité exécutif LVMH Moët Hennessy Louis Vuitton, vice président du conseil de surveillance de la SAS « les Echos », administrateur d’Ipsos, de Tajan SA, de Carrefour, de Suez environnement, et d’Atos. lien

En 2002, c’est le juge Marc Trévidic, reprenant le dossier confié au juge Jean Louis Bruguière, lequel l’avait envoyé sur des pistes peu crédibles, celles d’Al Qaeda, l’avait de nouveau entendu au mois de mai dernier. lien

Marc Trévidic est, après Thierry Jean-Pierre, Eva Joly, Renaud Van Ruymbeke, l’un de ces juges qui combat la suppression du juge d’instruction. lien

En juin dernier, il avait établi le fait que les sommes du contrat agosta étaient bel et bien revenues en France, et se plaignait des verrous qui bloquaient l’enquête. lien

Comme je le rappelais dans un article paru le 22 janvier 2011, s’il est vrai que Nicolas Sarközi est juridiquement intouchable, de part ses fonctions présidentielles, Nicolas Bazire pouvait être entendu par la justice, étant en quelque sorte le maillon faible.

Il semble que c’est ce qui est en train de se passer, puisque le juge Van Ruymbeke vient de déclarer sa garde à vue.

Un autre personnage a été déféré pour la même affaire, il s’agit de Thierry Gaubert, proche lui aussi de Nicolas Sarközi, puisqu’il était son directeur de communication lorsque ce dernier était Maire de Neuilly, et qu’il était son collaborateur au ministère du Budget et au ministère de la communication.

Il semble avoir été trahi par son ex-épouse, la princesse Hélène de Yougoslavie, laquelle a affirmé à la justice que Gaubert avait accompagné Takieddine en Suisse pour aller chercher des « valises volumineuses de billets » lesquelles avaient été remises à Nicolas Bazire durant la période allant de 1994 à 1995, en pleine campagne balladurienne. lien

Le site Médiapart a largement donné les preuves qui accablent les hommes du président comme on peut le découvrir sur ce lien.

Le 3ème personnage étant bien évidemment le sulfureux Ziad Takieddine, mis en examen le 14 septembre 2011 pour abus de biens sociaux, nouvelle pouvant donner du baume au cœur au « collectif de familles de victimes décédées lors de l’attentat du 8 mai 2002 », collectif pour lequel plus de 3300 signataires ont déjà soutenu la pétition. lien

Takieddine était au cœur de l’histoire du Karachigate, mais pas seulement, puisque selon certains informateurs, il était aussi l’artisan du rapprochement entre Sarközi, Kadhafi, et Bachar el-Assad.

De plus, s’il faut en croire « Frenchleaks », il aurait reçu 7 millions d’euros du « pétrolier Total », avec l’appui de l’hôte actuel de l’Elysée en marge du contrat gazier conclu avec le régime Libyen de Kadhafi. lien

Voila une nouvelle qui devrait surprendre les libyens enfin libres, lesquels ont fait récemment un accueil triomphal à notre autocrate président, semblant ignorer les liens qui unissaient l’ancien dictateur et le président français. lien

Car comme dit souvent mon vieil ami africain : « une main toute seule ne peut pas applaudir ».

 

 

Agora Vox : Olivier Cabanel

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