Affaire Karachi : une affaire d'Etat dont la vérité se rapproche de Sarkozy et Balladur

Publié le par dan29000

 

 

 

 

 

karachiL'affaire Karachi-Agosta ne cesse depuis quelques semaine de prendre de l'ampleur, une affaire de corruption au plus haut niveau de l'Etat, avec en ligne de mire, Sarkozy et Balladur. Une affaire d'Etat, de vente d'armes au Pakistan, de rétro-commissions et surtout la mort dans un attentat de onze français...

Un livre est publié par les deux journalistes de MEDIAPART aux éditions Stock. Ceux qui enquêtent également sur l'affaire Bettencourt-Woerth, Arfi et Lhomme. Un fantastique travail dont nous reparlerons, en attendant, voici en 18', un parfait résumé de toute cette longue et grave affaire...

 

Dan29000 

 

Ci-dessous la vidéo-dossier signée MEDIAPART

et l'article du Nouvel obs.com 

 

 

 

Explication affaire Karachi, vidéo de Médiapart qui rentre dans les détail de l'affaire Karachie où ils détaillent les soupçons de financement illégal de la campagne d'Edouard Balladur en 1995 et le rôle de Nicolas Sarkozy ainsi que Jacque Chirac.
No comment ..... il faut juste voir.......
-source : médiapart
-Autres :Pour une justice indépendante et impartiale dans les affaires Bettencourt, singnez la pétition:

-http://www.mediapart.fr/club/blog/la-redaction-de-mediapart/140710/deja-plus-de-9000-signataires-de-lappel-pour-une-justice-

 

 

 

 

 

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QUAND L'ATTENTAT DE KARACHI DEVIENT L'AFFAIRE KARACHI
 


- Le 8 mai 2002, une voiture piégée fait exploser le bus de la Direction des Constructions navales (DCN) devant l'hôtel Sheraton de Karachi à 7h45. 15 personnes sont tuées, dont 11 Français employés de la DCN, travaillant à la construction de sous-marins dans le cadre d'un contrat avec le Pakistan, et quatre Pakistanais.

- Une enquête anti-terroriste est ouverte en France. Le juge d'instruction Jean-Louis Bruguière privilégie pendant des années la piste d'un attentat islamiste commis par Al Qaida en représailles contre l'engagement français en Afghanistan, piste avancée par le Pakistan.

Le juge Marc Trévidic reprend le dossier en 2007. Il abandonne en 2008 la piste Al Qaida pour s'intéresser aux commissions versées dans le cadre de contrat de vente de sous-marins au Pakistan et de frégates à l'Arabie Saoudite.

- Le contrat Agosta, signé le 21 septembre 1994 par le gouvernement Balladur, prévoit la vente par la France de trois sous-marins d'attaque conventionnels de type Agosta 90B au Pakistan. Montant du contrat: 5,5 milliards de francs, soit 826 millions d'euros. La France est en concurrence avec la Chine, la Suède, la Grande Bretagne, et l'Allemagne: pour décrocher le marché, le contrat prévoit des commissions équivalant à 10,25% du montant de la vente. La plupart ont été versées. Selon plusieurs acteurs de l'époque, l'Arabie saoudite aurait pu payer en partie en lieu et place du Pakistan.

- Le contrat Sawari II, conclu en novembre 1994, par le gouvernement Balladur également, porte sur la vente à l'Arabie saoudite de trois frégates La Fayette pour un montant d'environ 19 milliards de francs (près de 3 milliards d'euros). Le montant des commissions s'élève à 18% du montant du contrat, selon un responsable de la Direction des constructions navales (DCN). Un montant important de ces paiements n'a finalement pas été honoré, Jacques Chirac ayant stoppé les versements après son élection en 1995.

- Commissions et rétrocommissions :

 

Les commissions sont des pots-de-vin versés par une entreprise ou un Etat à un intermédiaire pour décrocher un contrat. Elles étaient légales jusqu'en septembre 2000, et la ratification par la France d'une convention de l'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement économique) qui les fait tomber sous le coup du délit de "corruption d'agents publics étrangers".

Les rétrocommissions, illégales, permettent quant à elles à celui qui vend une marchandise de récupérer une partie des commissions qu'il a versées à un intermédiaire ami.

Dans le cadre des contrats Agosta et Sawari II, Jacques Chirac décide une fois élu à l'Elysée en 1995 de stopper le versement des commissions, soupçonnant Edouard Balladur d'avoir financé sa campagne présidentielle de 1995 grâce à des rétrocommissions, selon l'ancien ministre de la Défense Charles Millon.

- Le rapport Nautilus est le premier à évoquer un lien possible entre la suspension du versement de ces commissions et l'attentat de Karachi en 2002. Il s'agit en fait d'une série de six rapports de 2002, résultats d'une enquête sur les causes de l'attentat de Karachi commandée par la DCN, et dont Claude Thévenet, un ancien de la DST, a reconnu être l'auteur.

On lit ainsi dans le 3e rapport, daté du 11 septembre 2002, à propos de l'attentat : "Les personnalités militaires ayant instrumentalisé le groupe islamiste qui a mené à bien l'action poursuivaient un but financier. Il s'agissait d'obtenir le versement de commissions non honorées, et promises par le réseau El Assir lors de la signature du contrat de septembre 1994. L'annulation de ces commissions avait été décrétée en 1995, à la suite de l'alternance politique en France, et visait à assécher les réseaux de financement occultes de l'Association pour la Réforme d'Édouard Balladur."

- Le rapport a été versé au dossier judiciaire fin 2008, et le juge Marc Trévidic oriente désormais son enquête vers l'hypothèse de représailles pakistanaises après l'arrêt du versement des commissions liées la vente des sous-marins.

- Une mission d'information parlementaire "sur les circonstances ayant entouré l'attentat de Karachi" est créée en juillet 2009. Les députés UMP ont refusé la constitution d'une commission d'enquête au nom de la séparation des pouvoirs, puisque une enquête judiciaire est en cours (ce qui n'avait pas empêché la création d'une commission d'enquête parlementaire sur Outreau par exemple). Les députés, après avoir auditionné d'anciens ministres, des responsables de la DCN et des services secrets, ont rendu leur rapport le 12 mai dernier. Ils y jugent "plausible" que l'attentat de Karachi ait pu "avoir été commandité par des intermédiaires mécontents de ne pas avoir touché de FCE (c'est-à-dire des commissions) soit sur le contrat Sawari, soit sur le contrat Agosta", sans écarter complètement la piste islamiste. Mais de fait, une mission parlementaire n'a pas de pouvoirs aussi étendus qu'une commission d'enquête...



LES PERSONNAGES-CLES DU DOSSIER

 

Edouard Balladur

Premier ministre et candidat à la présidentielle à l'époque de la signature des contrats Agosta et Sawari II.

Lors de sa campagne présidentielle en 1995, 10 millions de francs en espèces provenant de rétrocommissions liées au contrat Agosta aurait été versés sur le compte de l'Association pour le financement la campagne d'Edouard Balladur (Aficeb), selon Libération.

Entendu par la mission d'information parlementaire, il a démenti tout financement occulte de sa campagne, dont les comptes ont été validés par le Conseil constitutionnel.



Jacques Chirac

Une fois élu à l'Elysée en 1995, il confie à ses proches, dont Dominique de Villepin, sa volonté de "s'attaquer au trésor de Balladur", son rival malheureux à l'élection présidentielle. Il soupçonne Edouard Balladur d'avoir financé sa campagne grâce à des rétrocommissions. Il donne l'ordre à son ministre de la Défense Charles Millon de stopper le versement de commissions sur le contrat de vente de sous-marins au Pakistan susceptibles de donner lieu à des rétrocommissions vers des décideurs français.



Nicolas Sarkozy

En tant que ministre du Budget d'Edouard Balladur, il a dû approuver le volet de financement des contrats Agosta et Sawari II, et donc la rémunération d'intermédiaires, selon un ancien dirigeant de la DCN. Nicolas Sarzozy était également le porte-parole de campagne du candidat Balladur. Le président de la République a qualifié de "fable grotesque" l'hypothèse d'un financement illégal de la campagne de 1995.



François Léotard

Il a suivi les négociations sur le contrat et a dû donner son accord à son plan de financement, y compris les commissions, en tant que ministre de la Défense de 1993 à 1995. C'était un des principaux soutiens de la campagne d'Edouard Balladur.



Renaud Donnedieu de Vabres

Chargé de mission du ministre de la Défense François Léotard, c'est lui qui a imposé deux intermédiaires, Ziad Takieddine et Abdulrahman El Assir, dans le contrat Agosta, selon des dirigeants de DCN. Il figurait dans l'équipe de campagne d'Edouard Balladur.



Ziad Takkiedine

Intermédiaire libanais dont le nom apparaît à la fois dans la négociation des contrats Agosta et Sawari II – il dément pourtant avoir participé à la première transaction. Il aurait été imposé par le cabinet du ministère de la Défense, alors que les contrats étaient sur le point d'être signés. Proche de Brice Hortefeux et Jean-François Copé, il nie être un "ami" de Nicolas Sarkozy, ce qu'il a notamment affirmé aux journalistes Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme, auteurs du livre le Contrat. Il laisse entendre que l'attentat de Karachi pourrait être lié au contrat Sawari II.



Source : (Anne-Sophie Hojlo – Nouvelobs.com)


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