Afghanistan : depuis 170 ans, morts et barbaries occidentales, par Gérard Filoche

Publié le par dan29000

 

 

74° soldat français mort le 14 août 2011

Depuis 170 ans, l’Occident n’a apporté que morts et barbaries en Afghanistan

par Gérard Filoche, Démocratie & socialisme

mercredi 17 août 2011

Comment Sarkozy a t il pu, en dépit de ses promesses de campagne électorale d’y mettre fin, (un mensonge de plus) doubler les effectifs militaires français en Afghanistan dans le cadre de l’OTAN ? Comment peut-il prétendre y défendre la démocratie, la civilisation ou encore le droit des femmes ? Chaque jour de cette guerre d’invasion intolérable et perdue d’avance est un jour de barbarie et de morts. Comment Sarkozy et son ministre Longuet (un « ex » du groupe « Occident vaincra ») peuvent-ils enterrer les morts avec des discours lénifiants et creux, sans s’interroger sur leurs responsabilités face à ces victimes et à leurs familles ? Mais aussi face aux victimes, aux ravages, aux crimes accumulés contre la population civile de ce lointain pays ?

Toute l’histoire, toute la réalité est là pour dire à celles et ceux qui veulent en connaître, que cette guerre doit être immédiatement stoppée.

Le territoire, connu depuis 1747 sous le nom « Afghanistan », a été occupé tour à tour par les Britanniques de 1840 à 1919, l’URSS de 1979 à 1989, puis les USA depuis 2001 assistés par une coalition internationale de 49 pays dont la France. Mais « Afghanistan » est un « terme purement poétique pour désigner diverses tribus et états, comme s’il s’agissait d’un pays réel. L’état afghan n’existe pas… » jugeaient déjà Marx et Engels dans leurs articles de 1857. Et depuis 170 ans, les envahisseurs successifs n’ont rien apporté, ils n’ont fait que maintenir le territoire dans une situation féodale appauvrie, renforcer les seigneurs de guerre, les conflits tribaux et les extrémismes religieux.

Les envahisseurs britanniques :

La tribu majoritaire, les Pachtouns, (41 % de la population en l’an 2000) a particulièrement été victime de toutes les attaques des puissances qui cherchent à occuper ou à neutraliser son territoire : Marx et Engels montraient l’intérêt qu’avaient les colonisateurs britanniques à dominer l’Afghanistan en tant que « possession indispensable pour repousser toute force d’invasion venue d’Asie centrale et indispensable contre la Russie ». Les Britanniques jouaient déjà au XIX° siècle sur les divisions et guerres entre Mahométans et Hindous, tribu contre tribu, caste contre caste, et tandis que « tous luttaient contre tous » les soldats et les hommes d’affaires britanniques progressaient. Cela n’empêcha pas la toute-puissante armée britannique d’être complètement surprise et anéantie (16 000 soldats tués) en novembre 1841 et en janvier 1842 à Gandamak par l’insurrection d’une coalition de ces « tribus » arriérées qu’elle méprisait. Ce fut la défaite historique la plus sévère enregistrée par la Grande-Bretagne coloniale, il n’y eut qu’un seul survivant du corps expéditionnaire. Il fallut trois autres expéditions coloniales aux Britanniques pour se réinstaller partiellement : ils divisèrent le pays avec une frontière artificielle, ligne droite qui sépare encore l’Afghanistan du Pakistan, et du même coup, divise les pachtounes entre eux : elle s’appelle la « ligne Durand » du nom de l’officier britannique Mortimer Durand qui fut chargé de délimiter, en 1892, l’Empire des Indes de son « garde-frontière », l’Afghanistan. Le territoire Pachtoune stupidement partagé, empêchant l’accès à la mer d’Oman, entre Kaboul et, Islamabad reste toujours incontrôlé. (Lire les écrits de Marx et Engels sur l’Afghanistan 1857 et la post-face de Gérard Filoche aux Ed. Mille et une nuits, Fayard, fin 2001)

Les envahisseurs russes :

Les forces de l’armée rouge russe envahirent l’Afghanistan le 25 décembre 1979. Ils prirent le contrôle de la ville Kâbul et des centres importants. Les Russes exécutèrent le président Haffizullah Amin et instaurèrent Babrak Karmal comme président du pays. Ils imposèrent même dans un premier temps des réformes plutôt progressistes (athéisme d’état, alphabétisation, droit des femmes, réformes agraires…) mais forcées : or aucune armée étrangère d’invasion ne pouvait changer les moeurs de ce pays par la force. Il y eut à nouveau une vive résistance territoriale, un soulèvement, une puissante guérilla victorieuse des moudjahiddines et seigneurs de guerres, d’Al-Quaida et des talibans. Ces derniers armés par les USA et l’Arabie saoudite, grâce à l’argent de l’opium, réussirent à mettre en échec la toute-puissante armée soviétique. Au milieu des eighties, les États-Unis dépensèrent des centaines de millions de dollars par an (au total 3,3 milliards de dollars et l’Arabie saoudite autant) pour subventionner la guérilla et, en son sein, des hommes comme Ben Laden. En 1986, 118 000 soldats soviétiques et 50 000 Afghans menaient la guerre contre 130 000 rebelles. Bien que les troupes russes aient de l’équipement moderne (hélicoptères, tanks et bombardiers), les rebelles furent armés de missiles « stinger » américains, ils avaient un fort soutien local et opéraient avec efficacité dans leur terrain montagneux. L’effet de la guerre sur l’Afghanistan fut désastreux, la moitié de la population fut déplacée dans le pays, obligée d’émigrer, blessée ou tuée. Au total, en 110 mois de présence militaire, 900 000 Soviétiques servirent en Afghanistan. 800 hélicoptères et avions, 1 500 blindés et plusieurs milliers de véhicules ont été détruits. Le coût financier pour l’URSS fut estimé entre 2 et 3 milliards de dollars américains par an. Les pertes humaines soviétiques ont été de 11 897 morts au combat, 2 556 morts de maladie où par accident * 53 753 blessés au combat ou par accident dont la moyenne de "pertes" par mois était de 4 366 en comptant les malades dont 126 morts. Les pertes afghanes (tous bords confondus) sont estimées à 1 242 000 morts dont 80 % de civils. On estime que 30 % de la population avait quitté le pays ou s’était déplacée à l’intérieur des frontières. Ce qui existait comme agriculture (production fruitière notamment) fut abîmé, le système scolaire était en ruine, l’industrialisation était nulle et les projets d’irrigations endommagés. La retraite russe fut complète en février 1989.

Avec 30 millions d’habitants en 2011, une superficie de 652 230 km², 181° pays au classement de l’indice de développement humain sur 192, 68 % d’analphabètes (seulement 43 % des hommes et 12,6 % des femmes de plus de 15 ans savent lire et écrire) espérance de vie autour de 45 ans, avec 85 % des Afghans qui sont des paysans, avec l’accroissement manipulé des conflits tribaux et religieux, ces multiples guerres de 1840 à 1990, britanniques et russes n’ont apporté que du malheur.

Les nouveaux envahisseurs US, de l’OTAN, de la FIAS :

Il en est de même de la guerre décidée unilatéralement par Georges W Bush, le même qui envahit, détruisit, ruina l’Irak à partir d’un ignoble mensonge délibérément fabriqué sur l’existence de « prétendues armes de destruction massive ». 18 des 20 terroristes qui avaient détruit les Twin Towers étaient saoudiens et pas afghans. Le Mollah Omar fut chassé du pouvoir dés 2001. Ben Laden fut retrouvé et abattu au Pakistan, pas en Afghanistan.

Mais en 10 ans, de 2001 à 2011, après la destruction de l’Irak qui a fait revenir ce pays des décennies en arrière, c’est en Afghanistan qu’une incroyable et terrible guerre menée par les pays les plus riches du monde contre l’un des pays les plus pauvres et les plus arriérés se poursuit.

Le bilan de cette guerre « contre le terrorisme » engagée dés septembre 2001 est tout aussi sinistre que l’attentat du 11 septembre contre les Twin towers qui lui a servi de prétexte. La destruction du World Trade Center à Manhattan avait provoqué 3 234 morts. Deux mois plus tard, le 11 décembre 2001, les bombardements US et britanniques avaient provoqué 3 767 victimes également innocentes dans la population civile afghane. D’après l’ONU, il faut rajouter entre 6 300 et 23 600 civils morts directement, ou indirectement, du fait de la guerre entre 2001 et 2003.

L’attaque initiale de 2001 chassa les Talibans du pouvoir, instaurant un gouvernement provisoire dirigé par Hamid Karzaï à la suite des accords de Bonn de décembre 2001. Mais les talibans se réorganisèrent et obtinrent un appui suffisant dans la population pour engager une nouvelle guérilla contre la Force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS composée de 49 pays) qui regroupe les forces armées sous commandement de l’OTAN.

2006 : la contre-offensive des insurgés afghans

En dépit de tout, et comme dans les années 1840 et 1980, en 2006, les forces armées afghanes sont redevenues très actives et n’ont cessé, de l’avis de l’Etat major US lui-même, de progresser.

Les chiffres sont soumis à vérification. Mais toutes les sources convergent : Il a été révélé qu’en Afghanistan, le nombre de civils tués en 2006 aurait été de 9 759, dont 6 269 tués par les forces anti-gouvernementales, et 2 723 par la coalition ou les soldats de l’armée régulière, En 2006, le nombre de victimes afghanes de la guerre est en nette progression de l’avis de tous les observateurs : en 2009, entre janvier et août, la « coalition » comptabilisait 1 285 tués (dont 766 Américains) depuis le début des opérations en septembre 2001. La plupart de ces victimes dont dues à des engins explosifs improvisés ; ce nombre serait de 2 237 soldats morts en janvier 2011. Les pertes civiles sont difficiles à estimer car la FIAS ne les comptabilise pas ; mais les divers rapports font état de plus de 14 000 morts, inclus les forces de polices et milices. Les pertes du côté des talibans sont plus élevées, bien qu’aucun rapport n’apporte de données vérifiées, il serait supérieur à 25 000 pertes depuis 2001. En août 2008 il y avait 70 000 soldats étrangers en Afghanistan, 53 000 pour la FIAS et 17 000 pour l’Opération Enduring Freedom américaine ; en 2009 il y a 113 000 soldats étrangers, dont 71 000 américains déployés dans le pays ; ces chiffres n’incluent pas les mercenaires (20 000 en 2007, 28 000 en mars 2008) des sociétés militaires privées (firmes britannique Saladin et Américaine Blackwater).

La prétendue double « guerre contre le terrorisme » lancée par George W Bush en dix ans, en Irak et en Afghanistan, a coûté 1 283 milliards de dollars, et fait entre 227 000 et 300 000 morts, au moins, dont près de 120 000 civils, soit 51 % des pertes recensées à travers ses trois programmes principaux : l’opération Enduring Freedom en Afghanistan, l’opération Iraqi Freedom en Irak et l’opération Noble Eagle visant à renforcer la sécurité des bases militaires.

De 2006 à 2010 les « insurgés » afghans progressent

Le 13 juin 2008, la guérilla afghane force la prison de Sarposa et libère près de 1 200 détenus dont 400 liés aux Talibans. Ils infligent des revers aux armées américaines (bataille de Wanat le 13 juillet 2008) et française (embuscade de Surobi le 18 août 2008). Les policiers et l’armée afghanes sont aussi durement éprouvés par les attaques de la guérilla et fortement infiltrés. Vers la fin 2009, une série d’attaques dans la province du Nouristan culminent le 3 octobre lors de la bataille de Kamdesh et obligent même le général McChrystal à prescrire l’abandon des principales bases de la province les jugeant difficilement défendables pendant l’hiver faute de soutien d’artillerie. Pour la première fois depuis 2001, les Talibans peuvent exercer leur contrôle sur une province. En janvier 2009, « International Council on Security and Development » estime que les Talibans étaient actifs dans environ 72 % du territoire afghan.

Le « sursaut » US d’Irak vers l’Afghanistan

Le site National priorities estime à plus de 437 milliards de dollars le coût de la guerre. En octobre 2010, les effectifs de l’armée afghane sont portés à 140 000 personnes, vers juin 2011, l’armée afghane compte 171 600 militaires et ses effectifs devraient atteindre 240 000 personnes. La police afghane comprend, en octobre 2010, 109 000 policiers.

Le désengagement irakien des US se répercute largement dans leur budget militaire afghan : il passe de 142,1 milliards à 95,5 milliards de dollars entre 2008 et 2009. C’est en 2010 que le budget alloué à la guerre en Afghanistan dépasse le budget pour l’Irak. En cumulé depuis le début de chaque conflit, l’Irak a coûté 806 milliards de dollars, soit 63 % du total, contre 444 milliards pour l’Afghanistan, 35 % du total.

En 2007, Georges W. Bush lance le “surge“, augmentation massive des troupes qui passent de 132 000 en janvier 2007 à 170 000 en novembre suivant. Entre l’Irak et l’Afghanistan, les États-Unis mobilisent alors 195 000 hommes, un maximum qui sera ré-atteint en août 2009.

Promesse de sa campagne électorale, Barack Obama annonce le retrait des troupes d’Irak Entre avril 2009 et septembre 2010, les troupes engagées passent de 39 000 à 98 000, soit 2,5 fois plus. En juin 2009, la situation s’inverse donc : les troupes déployées en Afghanistan deviennent plus nombreuses que les troupes au sol en Irak, conséquence du “surge” afghan et du retrait irakien.

Malgré ce déploiement de fonds et de forces qui deviennent supérieures à ce qui existait en Irak aux pires moments de la guerre d’invasion, 2010 est pourtant l’année la plus meurtrière, les violences en Afghanistan atteignent un niveau sans précédent depuis le renversement des talibans, fin 2001. Dans tous les camps, le nombre de victimes augmente et les civils, pris au milieu des tirs, sont particulièrement touchés.

En juin 2010, le Pentagone avoue que les insurgés talibans « contrôlaient en partie le sud, le centre et le nord du pays ».

Le 17 juillet 2010, les États-Unis se déclarent officiellement prêts à négocier avec les talibans, un cadre de la Maison Blanche reconnaît : « la solution militaire n’existe plus ». Et ils négocient unilatéralement avec ceux qui, il est vrai, étaient leurs anciens alliés. Lors du Sommet de l’OTAN de Lisbonne du 19 au 20 novembre 2010, les 49 États membres de la FIAS ont reconnu leur défaite et ont annoncé le transfert de la sécurité aux forces afghanes à partir de 2011. Le « moral » est tel, du côté de la FIAS qu’il se révèle que des unités militaires italiennes « payaient » les talibans pour ne pas combattre. La révélation ne fait pas scandale parce que des services américains reconnaissent « payer » aussi. Les soldats de la FIAS deviennent « bunkerisés » et s’enterrent dans leurs casernes retranchées respectives au lieu de combattre, avec le souci d’éviter des combats sanglants. Dans chaque pays intervenant dans la « coalition », les opinions publiques sont majoritairement contre la guerre. Nul ne pourra gagner en occupant l’Afghanistan ce pays sans vrai nom et sans état. L’objectif du sommet de l’OTAN de Lisbonne est devenu un retrait de la plupart des soldats de la force internationale d’ici la fin 2014. La guerre est perdue, chacun le sait, Chaque mort de plus meurt pour rien.

Que fait donc la France là-dedans ?

La France est la 4° « contributrice » à cette guerre. En mars 2002, elle se consacrait à des interventions aériennes de surveillance et n’avait que 640 soldats sur place prés de Kaboul. En décembre 2007, 1 600 soldats français sont engagés dans les opérations militaires terrestres en Afghanistan, et au total environ 2 000 militaires y participent. Sarkozy après avoir déclaré dans sa campagne électorale qu’il retirerait les troupes françaises d’Afghanistan et expliqué à la télévision qu’elles « ne pouvaient pas gagner parce qu’aucun pays, jamais n’a gagné en occupant un autre » … a renforcé le corps expéditionnaire : au 1er novembre 2009 il y a 3 850 militaires participant à la FIAS En mars 2008, Nicolas Sarkozy promet encore à l’OTAN des renforts de quelques centaines de militaires, il en envoie 250 de plus et 150 gendarmes en mission de « formation ». En 2011, on compte environ 4 000 hommes avec la présence de chasseurs de l’armée de l’air française et de l’aviation navale. Le coût est de 470 millions d’euros par an en 2010.

Le 31 août 2004, un premier militaire français était décédé des suites d’un accident de la route ayant eu lieu le 29 août. Le 14 août 2011, le 74° soldat français est tué, et il y a près de 500 blessés, amputés, handicapés à vie.

Chaque année, ce nombre de tués augmente Année Faits de guerre Autres Total 2004 3 3 2005 1 1 2 2006 6 6 2007 2 1 3 2008 10 1 11 2009 6 5 11 2010 14 2 16 2011 17 5 22 Total 56 18 74

Quels justificatifs à la guerre d’occupation de l’Afghanistan ? Il n’y en a pas. Réfutation de chaque mensonge de Sarkozy ! Retrait immédiat des troupes ! 15 août 2011

suite de l’article “ : 74° soldat français tué le 14 août 2011″

Avec 150 000 hommes occupant le pays et 444 milliards dépensés, en 10 ans, il s’agit d’un véritable effort de guerre des US, principale puissance militaire du monde… paradoxalement mise en œuvre en Afghanistan, contre un des pays les plus pauvres et les plus arriérés du monde.

BHL, par exemple, et il n’était pas le seul, prédisait une victoire rapide des occidentaux en 2001. Au bout de 10 ans, les insurgés occupent 70 % du pays ! Ils ont reconquis du terrain dans les 4 dernières années, les pertes de la « coalition » alliée, composée de 49 pays, augmentent, le gouvernement mis en place autour d’Hamid Karzai est plus fantoche que jamais, n’ayant aucune autorité hors du centre de Kaboul. Et même au centre de Kaboul, les insurgés agissent. Les troupes alliées sont « bunkerisées », incapables de circuler, de se déployer.Les 27 principaux pays de l’OTAN intervenant en Afghanistan, réunis en « sommet » à Lisbonne fin 2010 ont décidé le principe de la « réintégration » des talibans, principaux opposants au régime de Kaboul ! Cela a été acté et « tout le monde en a admis l’urgence et s’est dit prêt à mettre de l’argent sur la table, c’est une première ». Car, le général McChrystal, chef des forces « alliées », l’a avoué au « Wall street journal » le 10 août 2010 : « les talibans ont pris le dessus ». Il faut que lesdits insurgés ne soient vraiment pas isolés dans leur population pour parvenir à résister ainsi.

1°) La position officielle de l’état-major US reste que « c’est une guerre contre le terrorisme ».

Mais comment croire qu’il y ait besoin de tant de moyens sur ce territoire alors même que le chef dudit terrorisme, abattu au bout de 10 ans… était au Pakistan. Alors que 18 des 20 terroristes qui ont détruit les Twin Towers le 11 septembre 2001, étaient… Saoudiens. Alors que des dizaines de « chefs » de l’organisation Al-Quaida ont été abattus, et que les autres se terrent. Alors que les réseaux menaçants sont justement des « réseaux » éparpillés sans « sanctuaire » et que l’occupation de l’Afghanistan ne peut les faire disparaître ? Le travail de renseignement et d’infiltration, d’interventions ciblées, semblent plus adapté que les débarquements de masse. Les drones semblent avoir davantage d’efficacité que les encasernements géants au sol.

2°) En France, Sarkozy ose expliquer qu’il s’agit d’un combat de « civilisation » pour « défendre les femmes et les petites filles afghanes dont on coupe les mains quand elles mettent du rouge à ongles ». À quatre reprises, cela a été son « explication » principale.

Hormis le fait qu’à chaque fois qu’on lui pose la question, l’état-major US nie cela et répète qu’il s’agit d’une guerre contre le terrorisme et non pas pour les femmes afghanes, qui peut croire la fable de Sarkozy ? « Quel que soit le désir des Occidentaux de voir un changement dans la société afghane, cela n’a jamais été la raison première de notre intervention militaire dans le pays, pas plus que cela ne justifie le maintien du commandant des forces internationales en Afghanistan » répète le général David Petraeus, qui s’est efforcé de clarifier ce point en novembre 2009. « N’oublions pas ce pour quoi nous sommes en Afghanistan, a-t-il déclaré. Notre mission est de veiller à ce que ce pays ne puisse plus servir de sanctuaire à Al-Qaida.” » (Le salut des femmes ne viendra pas de l’Occident » Les alliés sont incapables d’améliorer leur sort, analyse le spécialiste James Fergusson le 25.08.2010 in The Observer)

Evidemment de notre point de vue, la situation des femmes afghanes figure parmi les pires du monde. Mais s’il faut faire la guerre « pour libérer les femmes » et « pour la petite fille afghane », il faudrait dix guerres pareilles car les femmes martyrisées et les « petites filles afghanes », il y en en a, hélas, dans dix pays similaires qui sont, eux, des alliés officiels de la France. Est-ce par la guerre et les guerres d’occupation qu’il est possible de mettre fin à ces martyrs ? Faut-il multiplier les « croisades » armées contre la charia partout où elle règne ?

Est-ce que la libération des femmes peut venir dans tous ces pays d’extérieur, par des troupes de combat ? Est-ce que 150 000 hommes armés de pied en cap vont libérer les femmes afghanes ? Est-ce que les actions courageuses mais limitées d’ONG en direction de quelques milliers de femmes à Kaboul vont modifier en profondeur les moeurs et traditions qui régissent la vie de millions de femmes afghanes dans tout le pays ?

On peut affirmer sans risque d’erreur que non seulement ce n’est pas l’OTAN qui libérera les femmes, mais qu’à l’inverse elle ont peu à en attendre. L’ironie cruelle veut que, dans la dernière constitution afghane, l’Occident ait imposé un quota de 25 % de femmes parmi les élus, ce même Occident qui ne parvient pas à faire respecter ce quota dans ses Assemblées…

Et les “ Alliés contre le terrorisme ” afghans que la « coalition » autour des USA ont ramenés au pouvoir à Kaboul ne sont pas mieux que les Talibans : les Moudjahidins, alliés des USA, combattaient les alliés des Soviétiques qui voulaient forcer les filles à aller à l’école, interdisait la vente des femmes et le lévirat (coutume selon laquelle les veuves d’un mari défunt deviennent les épouses de ses frères). L’aggravation de la répression des femmes a commencé avec les Moudjahiddins pro USA, et non avec les Talibans !

On peut citer longuement Christine Delphy (Une guerre pour les femmes afghanes ? Octobre 2005) qui rétablit l’histoire :

« Les médias occidentaux ont “ jeté un voile sur le passé glorieux ” et bien connu des Moudjahiddins : à partir du départ des Soviétiques en 1989, les points communs entre eux ne suffisent plus à faire taire leurs rivalités. La cupidité et l’appétit de pouvoir de tous ces chefs de guerre les poussent à se battre sans cesse

les uns contre les autres dans des alliances sitôt renversées que créées. Au bout de quatre ans, en 1992, ils prennent Kaboul et renversent Najibullah ; mais la guerre civile, et surtout la guerre contre les civils ne s’arrête pas pour autant. Les soldats de l’Alliance du Nord pillent les maisons et violent les femmes.Les chefs locaux rançonnent les camions tous les 50 Kms, les transports sont impossibles, la corruption et le désordre empêchent l’application de la Charia.

Certains d’entre les Moudjahiddins, et surtout les plus jeunes, qui ont pris les idéaux islamiques au sérieux, sont écœurés. Ils partent étudier au Pakistan. Ce sont les étudiants, les Talibans, les fils spirituels et parfois physiques des Moudjahiddins. Aussi anticommunistes que leurs pères mais plus disciplinés, plus sérieux, et encore plus fondamentalistes : bref, de bons candidats à l’aide des USA, qui allongent les dollars aux madrasas (écoles coraniques) pakistanaises via l’Arabie saoudite. Et en un an, les Talibans formidablement armés conquièrent une grande partie du pays et entrent à Kaboul. Quand les Moudjahiddins battent en retraite en 1996, ils laissent 50’000 morts rien qu’à Kaboul et la ville en ruine. Ce que six ans de guerre anti-soviétique n’avaient pas réussi à faire quatre ans de guerre entre factions l’ont accompli.

Et les femmes dans tout ça ?

Alors, les USA ont-ils toujours lutté pour les droits des femmes ? Non. Ont-ils jamais lutté pour les droits des femmes ? Non. Ont-ils au contraire carrément foulé aux pieds les droits des femmes ? Oui. Car les droits des femmes ont été promus et défendus en Afghanistan entre 1978 et 1992 : mais par des gouvernements prosoviétiques. C’est de cette époque, celle de Amin, Karmak, Taraki et Najibullah, que l’on tire ces statistiques étonnantes sur le grand nombre de femmes médecins, professeures, avocates. Et ce ne fut pas de chance pour les femmes d’Afghanistan : car puisqu’elles étaient défendues par des gouvernements alliés à un ennemi des USA, il a bien fallu les sacrifier. On ne peut pas laisser les droits des gens, surtout quand ces gens ne sont que des femmes, interférer avec la poursuite de l’hégémonie mondiale. Les droits des femmes, c’est comme les enfants irakiens : leur mort est le prix de la puissance US, et les Américains le paient d’autant plus volontiers que finalement, ce ne sont pas eux qui le paient.

Les pères des Talibans, les Moudjahiddins, armés cette fois par les Russes qu’ils avaient chassés douze ans auparavant, sont revenus à l’ombre des bombes américaines ; guère changés si on en juge par leur façon de faire la guerre [10]. Pourquoi auraient-ils changé en ce qui concerne les femmes, pourquoi seraient-ils devenus féministes, ces hommes qui avant de se battre contre les Soviétiques, puis entre eux, se battaient contre les droits des femmes ?

Comme toutes les féministes du monde, qui ont mené depuis plus de deux ans la campagne internationale sur le sort fait aux Afghanes par les Talibans, j’espère que le gouvernement qui sera mis en place en Afghanistan garantira les droits humains des femmes, et fera respecter au moins quelques-uns de ces droits. Un meilleur statut pour les femmes, ce pourrait être l’un de ces résultats non prévus d’une guerre : un bénéfice collatéral en quelque sorte. On peut l’espérer. Mais sans rêver. » Christine Delphy.

Mais non, au contraire, le régime pro américain d’Hamid Karzaï est celui qui a édicté en 2009 une des pires lois liberticides contre les femmes, considérée par la sénatrice afghane Humaira Namati comme « pire que sous les talibans » pour les femmes. Cette loi interdit aux femmes de sortir de chez elle, de chercher du travail, de s’éduquer ou d’aller chez le médecin sans la permission de leur époux. Un article de la loi interdit aux femmes de refuser de faire l’amour avec leur mari (they cannot refuse their husband sex) !

Un des paradoxes, c’est qu’au cours de la guerre de libération, et en s’opposant au gouvernement fantoche d’Hamid Karzaï, certains parmi les talibans sont amenés à évoluer : sous leur régime ultra-rigoriste, entre 1996 et 2001, télévision, musique et cinéma étaient interdits. Mais pour appuyer leur insurrection, les talibans utilisent désormais les nouvelles technologies dans le but de promouvoir et vanter leur combat en Afghanistan : sites internet, courriers électroniques, Facebook et plus récemment Twitter. Ils se sont mis à faire des films pour défendre leur cause. « Nous considérons la technologie moderne, telle qu’internet, comme une bénédiction divine », assure Zabihullah Mujahid, un de leurs porte-parole. « Si elle est utilisée de façon islamiquement correcte ».

C’est plus probablement dans la lutte de la majorité écrasante du peuple afghan contre l’OTAN et ses troupes d’occupation, que les mœurs les plus arriérés évolueront. De tels combats exigent des mobilisations qui transforment forcément les organisations sociales et les consciences en profondeur.

C’est ainsi qu’on peut renverser ce prétexte donné de la prétendue guerre de « libération des femmes » : les plus réactionnaires sont du côté du pouvoir pro-occidental de Karzaï et les insurgés coté Patchounes sont amenés, pour entraîner la majorité de la population, à assumer des évolutions qu’ils n’auraient pas acceptées au départ. C’est en combattant l’OTAN que les femmes peuvent, libérant leur pays, se frayer un chemin pour se libérer elles-mêmes.

Et qui va croire et dire qu’on se bat là-bas pour imposer le « droit de vote pour les femmes » ? Surtout la France qui n’a accordé le droit de vote aux femmes qu’en 1945, quinze ans après la Turquie…

« Est-ce que cela justifierait la guerre ? Et si la défense des droits des femmes était la vraie raison des bombardements américains, est-ce que cela justifierait les bombardements ?

Un conte (avec morale) et une question : a-t-on le droit de bombarder les gens pour leur bien ? Il était une fois un pays où les femmes n’avaient toujours pas le droit de vote, en dépit de trente ans de luttes féministes, des années et des décennies après qu’elles l’eurent obtenu dans la plupart des nations voisines d’Europe. Comment ces autres nations traitèrent-elles ce pays ? Lui firent-elles la guerre ? Lui imposèrent-elles un embargo ? Lui retirèrent-elles leur confiance et leur alliance ? Bien au contraire, elles défendirent ce pays quand il était attaqué ; et au lendemain de la victoire, en 1945, elles l’aidèrent financièrement à se reconstruire, et le prièrent de revoir sa copie et d’accorder la citoyenneté aux femmes, ce qu’il fit. » (Christine Delphy)

Enfin on peut souligner que Sarkozy se dit le meilleur ami allié du cheik Zayed, tyran d’un des émirats, celui d’Abu Dhabi : Sarkozy a noué amitié et fraternité avec l’émir, construit une base militaire française provocatrice à 220 kms des côtes iraniennes, vendu le Louvre des sables et la Sorbonne, et il a engagé la France dans une alliance totale ( « si on vous attaque, c’est comme si on nous attaquait »). Cet émirat a pourtant un régime similaire sinon pire que celui des talibans afghans vis à vis des femmes, des immigrés, des travailleurs, c’est une dictature sexiste, raciste, ségrégationniste, esclavagiste, intégriste, sans démocratie, sans élection, sans parti, sans syndicat, sans droits sociaux… Qu’est ce que cela veut dire alors que ce comportement sans principe ici et là ? Sinon que Sarkozy aime les talibans riches tandis qu’il fait la guerre aux talibans pauvres ? En opportunité, Sarkozy fait tuer nos soldats à Kaboul « pour les droits des femmes et des petites filles » , mais envoie Fillon à Riad, en Arabie saoudite, là ou les femmes n’ont même pas le droit de conduire une voiture… Sarkozy au fond se moque des droits des femmes, ce n’est que du vent pour maquiller son suivisme à l’égard de l’OTAN.

S’il y a un avenir pour la libération des femmes afghanes, il commencera le jour, ou, le dernier soldat de l’OTAN sera parti. Elles ont même intérêt à prendre un rôle le plus actif dans la libération de leur pays contre les occupants. Elles auront d’autant plus de forces accumulées pour se libérer de la dictature talibane ultérieure.

3°) On entend aussi des énormités dans la presse française sur le fait qu’on « défendrait la civilisation » là-bas.

Civilisation contre civilisation, celle qui envahit n’est pas forcément la plus avancée. Invasions et bombardements ne semblent pas, historiquement avoir fait leurs preuves pour « civiliser », éduquer et émanciper. La démocratie ne s’importe pas à la force des baïonnettes et des « drones ».

Lorsqu’est tué le 74e militaire français le 14 août 2011, Sarkozy fait encore savoir que « la France reste déterminée à continuer d’oeuvrer pour rétablir paix et stabilité dans ce pays et contribuer à son développement ».

Si l’OTAN, et les troupes françaises qui lui sont incorporées, aidaient vraiment le peuple afghan « à se développer » cela se saurait, et ils auraient progressé depuis dix ans, vu les énormes moyens investis. Une petite partie de ces moyens auraient pu servir à construire une voie ferrée ou à l’irrigation. Mais 150 ans après les premières invasions coloniales, britanniques, russes, américaines, il n’y a toujours pas de train (et pourtant même Marx et Engels pensaient que les Britanniques allaient construire des voies ferrées !).

Le pays contient en son centre un massif montagneux qui culmine à plus de 7 500 mètres d’altitude appelé Hindou-Kouch, le Piémont (géographie) de l’Himalaya. Ce massif contient des milliers de milliards de mètres cubes d’eau gelée en neiges éternelles. Plus d’une demi-douzaine de fleuves y prennent leur source. Les problèmes de sécheresse et les difficultés de l’agriculture sont essentiellement dus à l’absence d’un système d’irrigation efficace. Y a t il des avancées dues aux occupants ? non, plutôt des reculs dus aux guerres.

4°) On nous montre parfois quelques hôpitaux et des écoles.

Les écoles ? Les ONG CARE et Oxfam, soulignent que les progrès réalisés concernant l’éducation des filles sont menacés par le désinvestissement du gouvernement afghan et des pays donateurs. Pour les ONG, l’éducation des filles en Afghanistan est l’une des rares bonnes nouvelles de ces neuf dernières années et un enjeu indispensable pour le développement et la stabilité du pays. Certes des ONG font du travail positif à l’abri et malgré la guerre.

Actuellement, 2,4 millions (sur 15 millions) de jeunes Afghanes sont inscrites à l’école, alors qu’elles n’étaient que 5 000 en 2001, soit 480 fois plus d’inscrites. Bien que ces chiffres soient en progression, les personnes interrogées évoquent la pauvreté comme le premier obstacle à l’éducation des filles et le facteur principal qui pousse de nombreuses jeunes filles à abandonner l’école. Cette raison est suivie de près par les mariages précoces ou forcés et l’insécurité. Celles qui parviennent à rester à l’école reçoivent une formation de mauvaise qualité en raison du manque de qualification des enseignantes, du manque d’écoles pour filles et de leur faible équipement. Seulement 30 % des professeurs sont des femmes et la grande majorité travaille dans les zones urbaines et leur périphérie, avec plus d’un tiers basé à Kaboul, la capitale. En revanche, dans la province très dangereuse de Khost, à la frontière du Pakistan, seulement 3% des enseignants sont des femmes. Dans la province voisine de Paktika, ce chiffre chute à 1%. Plus de 40 % des jeunes filles interrogées ont déclaré que leur école ne disposait pas de bâtiment en dur, les cours ayant ainsi lieu en plein air ou dans des structures temporaires. Le rapport révèle également que les jeunes filles issues de zones rurales sont les plus mal loties : moins de 10 % des filles de la province de Balkh ont fréquenté une école équipée d’un bâtiment en dur contre trois quarts des filles vivant à Kaboul. Certaines ont également indiqué devoir marcher plus de 3 heures pour aller à l’école la plus proche. Les ONG préviennent que l’intensification du conflit, qui se propage dans des régions auparavant sécurisées comme le centre, le Nord et l’Ouest du pays, empêche de plus en plus les jeunes filles d’aller à l’école. Plus d’un tiers des personnes interrogées considèrent l’insécurité comme un obstacle majeur. Des écoles, particulièrement des écoles de filles, ont été prises pour cible et de nombreux parents préfèrent garder leurs enfants à la maison, craignant pour leur sécurité. Alors que de nombreux pays de l’OTAN contributeurs de troupes montrent un intérêt presque exclusif pour le transfert des responsabilités de sécurité au gouvernement afghan et le retrait de leurs troupes d’ici à 2014, les ONG se disent profondément préoccupées par la perspective d’une baisse de l’aide en Afghanistan après le départ des forces internationales.

Hôpitaux ? L’Afghanistan souffre d’un taux de mortalité infantile et maternelle parmi les plus élevés au monde. Un enfant sur quatre meurt avant l’âge de cinq ans et, toutes les trente minutes, une Afghane décède des conséquences d’une grossesse. L’espérance de vie moyenne de 42 ans est l’une des plus faibles du monde.

L’intensification des combats a évidemment des répercussions négatives sur la santé publique. Craignant les déplacements en raison de l’absence de sécurité, les mères amènent souvent leurs enfants à l’hôpital trop tard pour qu’ils puissent être soignés, et d’autres sont retenus aux barrages routiers, relève le CICR. » Le résultat est que des enfants meurent du tétanos, de la rougeole et de la tuberculose – que l’on pourrait facilement prévenir par la vaccination – que des femmes meurent en couche et que des hommes par ailleurs en bonne santé succombent à de simples infections »

Selon un rapport des Nations unies portant sur le premier semestre de 2010, le nombre de civils tués a progressé de près d’un tiers par rapport à la période correspondante de 2009. Le nombre de patients traités par l’hôpital Mirwais peut aussi inclure des insurgés et des membres des forces de sécurité afghanes car l’hôpital ne fait pas de distinction lors de l’enregistrement des malades, a précisé Bijan Farnoudi, porte-parole du CICR à Kaboul. Le CICR note par ailleurs que son travail devient de plus en plus compliqué en raison de la présence sur le territoire afghan de groupes armés de plus en plus fragmentés et éparpillés. « Notre principal défi consiste à maintenir l’accès aux régions les plus touchées par les combats, mais l’augmentation du nombre de groupes armés rend cela très difficile pour nous » a dit Stocker. Avec un personnel basé en Afghanistan de plus de 1.500 personnes, dont près de 150 étrangers, le CICR fournit une aide humanitaire et inspecte les centres de détention du pays en s’efforçant d’être en contact avec « toutes les parties au conflit ».

Mais 444 milliards ont été dépensés en dix ans pour faire cette guerre : un dixième de ces milliards utilisés pour « aider à la civilisation » auraient changé le pays en profondeur, écoles et hôpitaux ! Cela aurait changé puissamment la condition des enfants et des femmes.

5°) Sarkozy nous parle de « pacification » et de « stabilité » voire de « liens à renforcer avec les habitants » que l’OTAN, la « coalition » FIAS, la France chercheraient à « libérer ». C’est une pure farce, « storystelling ». Qui peut croire cela ?

Les buts de guerre ne visent pas du tout « à aider le peuple afghan à se développer ». Comment cela pourrait-il se faire avec des camps-casernes géants « bunkerisés » et des soldats harnachés comme des cosmonautes, osant à peine en sortir et avançant précautionneusement anxieux regardant partout d’où les coups peuvent venir ? Aucune zone n’est sure, des « insurgés » peuvent surgir de n’importe ou, il n’y a pas un endroit, pas une route sans crainte de mines, il y a des zones entières dans le sud-est ou les envahisseurs sont chassés et ou les insurgés règnent totalement. Même au cœur de Kaboul, il y a des attentats meurtriers. Si les troupes de l’OTAN avaient le soutien d’une partie significative des Afghans cela se saurait. Mais ils en sont à craindre que leurs traducteurs et leurs guides ne les trahissent. Parmi les soldats du pays recrutés et formés pour « l’armée afghane », il y en a un sur trois qui désertent avec armes et bagages dés qu’ils en savent assez.

La thèse nouvelle fournie par les militaires et l’Elysée au grand public, en France, en août 2001, à l’occasion du 74° soldat mort est que « les talibans sont affolés » et que, un peu comme une bête qui meurt, ils frappent donc plus durement, de façon désorganisée et quasi suicidaire, ce qui expliquerait le nombre croissant de nos victimes. Alors « quid » des analyses de Washington qui considèrent que « les talibans ont pris le dessus » ?

6°) On nous vante aussi, dans le journal du grand marchand d’armes français, le Figaro ou à l’Elysée, la défense de la « démocratie ». Là, il ne faut pas exagérer dans le mensonge sauf à en glorifier le caractère scandaleux. Ne peuvent y croire que celles et ceux qui le veulent, ne se renseignent pas, ferment les yeux.

Le régime mis en place à Kaboul autour de Hamid Karzaï, l’homme des US, est tellement antidémocratique que le trucage des dernières élections a fait un scandale mondial parmi les principaux occupants de la coalition autour de l’OTAN. La fraude était si ample, si spectaculaire, portant sur des millions de bulletins de vote, que le 2 septembre 2009, les 27 pays ont été obligés de se réunir autour de Kouchner et Mariani, de l’envoyé de l’ONU, un norvégien, Kai Eide, et de l’américain Richard Holbrooke mandaté par Obama, pour, selon Le Monde du 3 octobre, « convenir de poser un voile pudique sur le crédit réel à apporter au scrutin présidentiel » du 20 août précédent. « Ils doivent composer avec des opinions publiques nationales de plus en plus rétives face au coût humain de cette guerre et à son issue incertaine » alors ils sont passés par-dessus les Afghans, par-dessus la faible participation (combien en vérité ? 10 % de votants ?) et par-dessus les 2500 plaintes pour fraude. En fait, ils se sont moqués de la démocratie, de l’opinion du monde entier et de la réalité sur le terrain : « L’essentiel est que le vote ait eu lieu » avait cyniquement affirmé Kouchner. Hamid Karzaï le candidat américain aurait eu 47,3 % des voix contre 32,6 % à son principal adversaire le docteur Abdullah Abdullah (qui s’est alors retiré). Il a fallu « une altercation » (mot peu pudique pour des diplomates) entre Holbrooke et Karzaï pour qu’il y ait un « second tour » (qui n’eut ensuite pas lieu).

La corruption du gouvernement Hamid Karzaï atteint des sommets. Hamid Karzaï, pachtoune, est l’homme de la RAND Corporation, formé et recruté aux USA, employé du pétrolier UNOCAL lié au vice-président Dick Cheney, dans le but de construire le pipe-line qui doit traverser l’Afghanistan et drainer le pétrole d’Asie mineure. Karzaï avait déjà collaboré et négocié à ce titre avec les talibans lorsque ceux-ci étaient encore alliés des USA. Son frère était le principal trafiquant de drogue du pays.

Quel modèle de démocratie « l’Occident » veut-il offrir ainsi aux Afghans ?

7°) Pire : ce qu’offre surtout l’Occident, l’OTAN plus que la civilisation et la démocratie, c’est le développement de la drogue.

L’Afghanistan est devenu le bastion mondial de la production d’opiacé. Selon un rapport canadien, c’est 93 % de l’héroïne consommée dans le monde qui est d’origine afghane. Bien que les objectifs de la mission de la coalition soient « de sécuriser le pays et d’aider à son développement et à sa reconstruction », le seul résultat le plus évident, le plus important c’est le foisonnement du trafic de narcotiques dans le pays… et dans le monde entier ! L’opium à Londres vient d’Afghanistan ! Les US qui prétendent lutter contre la drogue dans le monde ont 150 000 hommes sur place, ils combattent ceux qui avaient éradiqué la drogue et ils … laissent faire aujourd’hui une quasi monoculture du pavot.

L’Office contre la drogue et le crime de Nations unies (UNODC) rappelle que la culture du pavot en Afghanistan n’était pourtant pas un fait historique, mais le résultat d’une série de facteurs sociaux, économiques et militaires développés au cours des trois dernières décennies de guerre. Avant l’invasion soviétique de 1979, la production d’opium se chiffrait à une centaine de tonnes seulement.

Durant la période 1980-1990, les Américains ont, par le biais de la Central Intelligence Agency (CIA), financé le djihad islamique contre les Soviétiques par une aide d’environ 3 milliards de dollars. Cette aide a contribué à l’émergence de groupes fondamentalistes comme celui du seigneur de guerre Gulbuddin Hekmatyar. Le spécialiste John Cooley révèle que « la CIA et ses alliés laissèrent prospérer les plus grands empires de la drogue qu’on ait jamais vus [...] la CIA fermait les yeux et l’encourageait [l’afflux de narcotiques] activement ». Ce laxisme a concouru à accroître la production d’opium. En 1990, elle se chiffrait à 1 600 tonnes. La retraite de l’Union soviétique a laissé le pays en proie à une guerre civile entre les différentes ethnies et le commerce de l’opium a servi a nouveau à financer les seigneurs de guerre.

Paradoxalement, ce sont les talibans qui avaient quasi éradiqué la culture du pavot en 2000 !

Mais lorsqu’ils ont été chassés en 2001, la production d’opium est passée de 1 600 à 4 600 tonnes. Aujourd’hui, l’Afghanistan occupé par l’OTAN produit 8 200 tonnes d’opium et c’est devenu une source de revenus pour les insurgés talibans… et pour les corrompus du gouvernement Karzaï. Les paysans s’allient aux trafiquants et aux talibans par souci de survie et de sécurité.

La corruption au sein du gouvernement afghan d’Hamid Karzaï fait rage selon la députée au Parlement afghan, Malalai Joya : « 34 membres du parti d’Hekmatyar siègent au Parlement [et] 70 % des membres du Parlement sont accusés de crimes de guerre [dont] des trafiquants de drogues, des talibans et des tueurs de l’Alliance du Nord ». Le frère Karzaï était un des principaux trafiquants de drogue notoires.

Si les Afghans se tournent vers le pavot, c’est parce que son exploitation est rentable. Par exemple, sa production est 20 fois plus profitable que celle du blé. Pourtant les cultivateurs n’aiment pas nécessairement produire le pavot, car il est interdit par la religion musulmane. S’ils le font, c’est parce qu’ils n’ont pas vraiment le choix. C’est en créant une solution de remplacement que les cultivateurs délaisseront le pavot. Certains prônent la possibilité de cultiver un pavot médicinal. Toutefois, la demande est plutôt restreinte. La culture de la grenade est une autre idée intéressante, car elle est plus lucrative que celle du pavot. Encore là, si les 193 600 hectares servant à cultiver le pavot se transformaient en champs de grenades, l’offre abondante ferait inévitablement baisser le prix du fruit.

(Toutes les statistiques sur la production d’héroïne, d’opium ou sur la culture du pavot ont été prises dans le document suivant, sauf indication contraire : UNITED NATIONS OFFICE ON DRUGS AND CRIME, Afghanistan Opium Survey 2007 Executive summary, Août 2007, 21 p. Disponible en version PDF à l’adresse : http://www.unodc.org/pdf/research/A.... (consultée le 29 février 2008)

« Les chefs de guerre ont tour à tour collaboré avec les Russes, les talibans, les divers pouvoirs régionaux ou leurs opposants ; tous ont du sang sur les mains. Entre-temps, ce sont le chaos de la mondialisation, la culture du pavot et les liens interethniques revisités qui engendrent argent et pouvoir – l’économie de la drogue représenterait plus de 2 milliards de dollars par an. La population se gausse de la « démocratie » ainsi importée (mardom sâlâri, littéralement l’hégémonie du peuple). L’Afghanistan est, selon la presse, plutôt une « fusilocratie » (tofang sâlâri). » (Farhad Khosrokhavar. Minorité nationale, Guerre d’Afghanistan 2001 Afghanistan, États-Unis (affaires extérieures), Iran, Pakistan)

8°) L’économie afghane a t elle été stimulée et développée depuis 2001 ?

Non bien sûr, c’est un désastre

Le pays est exsangue : outre les décès, les guerres ont depuis 1979 provoqué l’exil de millions d’afghans (nonobstant les déplacés internes), parfois pris en charge par le HCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés), et parfois cantonnés dans une situation d’illégalité. Ainsi, dans les années 1990, plus de 6 millions d’afghans s’étaient exilés, principalement vers l’Iran et le Pakistan. Début 2001, 2,5 millions d’entre eux se trouvait dans ces deux pays, répartis dans plusieurs centaines de camps de réfugiés. Plus d’un million d’afghans s’exilent après les attentats de septembre et le début de la guerre, la sécheresse s’ajoutant à ces causes : 2 millions d’afghans ont pourtant regagné le pays en 2002, représentant le plus grand rapatriement de réfugiés depuis les années 1970 mais ces retours ne compensent que partiellement les départs dus à la sécheresse et aux persécutions. Aujourd’hui, les réfugiés afghans sont dans leur ultra majorité répartis en Asie centrale : 1,9 million sont au Pakistan, 935 000 en Iran (en juin 2009, d’autres sont en Turquie, etc.

Dans ces conditions, l’agriculture a reculé et l’exploitation des minerais de fer n’est pas à l’ordre du jour, alors qu’elle représente un immense potentiel pour le pays.

L’Afghanistan contient quasiment toutes les sortes de pierres précieuses, parmi lesquelles on peut citer l’émeraude, le rubis, le saphir. Le pays a même donné son nom à une pierre : l’afghanite. Mais l’exploitation est un trafic qui sert aux seigneurs de la guerre.

Le pays possède d’importants gisements de gaz naturel dont l’exploitation avait commencé il y a plus de 60 ans. Dans les années 1980, les réserves étaient estimées par la Banque mondiale à 140 milliards de m³. Des études préliminaires réalisées au début du XXIe siècle montrent que ces évaluations ont été sous-estimées d’au moins 18 fois, les réserves réelles seraient donc plus près de 2 520 milliards de m³. D’autres experts pensent qu’elles sont encore plus vastes puisque les estimations ne concernaient que le nord et l’Ouest mais certaines poches ont été découvertes dans le Sud et l’Est.

Les réserves de pétrole seraient 90 fois plus grandes que ce que pensaient les Soviétiques dans les années 1980. Aujourd’hui, des compagnies pétrolières comme Unocal, Texaco, BP et Total se sont installés à Kaboul pour remporter des appels d’offres du gouvernement.

C’est là que gît le principal intérêt à faire tuer tant d’hommes et à dépenser tant de centaines de milliards de dollars pour une guerre d’occupation perdue d’avance.

L’Afghanistan n’est pas seulement un territoire aux sous-sols potentiellement riches en hydrocarbures, c’est un carrefour décisif pour l’accès aux ressources de l’Asie centrale, évitant l’Iran et les troubles du Caucase.

La guerre actuelle ne se prolonge, ni pour les femmes ni pour la démocratie, ni pour la civilisation, ni d’ailleurs contre les Talibans avec lesquels des négociations ont commencé, mais dans le but d’établir le meilleur rapport de force militaire possible afin de contrôler ultérieurement économiquement la région.

9°) Former une armée afghane et une police afghane ?

Ce projet de former une armée et une police afghane est devenu le principal objectif déclaré des occupants dans la perspective de quitter le pays en 2014.

En septembre 2009, la police afghane comptait 84 000 hommes et l’armée nationale afghane, entraînée par l’OTAN, alignait un peu moins de 94 000 hommes En octobre 2010, les effectifs de l’armée afghane sont de 140 000 personnes, En juin 2011, l’armée afghane devait compter 171 600 militaires et ses effectifs pour le futur devraient atteindre 240 000 personnes. En octobre 2010, la police afghane est composée de109 000 policiers et devrait atteindre jusqu’à 240 000 hommes.

C’est un scénario totalement stupide d’envisager une pareille armée et police dans ce pays parmi les plus pauvres du monde. Comment, là où il n’y a rien, pas de train, pas de routes, pas d’hôpitaux ni d’écoles, ni d’industrie autre que le traitement du pavot, la priorité serait-elle donnée à recruter, former, nourrir, payer 400 000 soldats et policiers ? Quels cerveaux aberrants peuvent imaginer un tel désastre ?

Car déjà l’armée et la police afghanes font face à des désertions massives en particulier dans les unités de combat. Le nombre de soldats qui quittent l’armée par désertion ou non réengagement est très important. La situation est même catastrophique puisque sur les 25 000 hommes recrutés de 2003 à 2005, 18 000 ont déserté ! 25 % des effectifs des unités susceptibles d’aller au feu ont du être remplacés en 2009. C’est carrément catastrophique.

Armée et la police doivent faire face, impuissantes, aux infiltrations menées par la guérilla. Par exemple, le 3 novembre 2009, dans le district de Nad-e-Ali, un policier afghan tue cinq soldats britanniques et deux soldats afghans avant de prendre la fuite. Il n’existe bien sûr pas de chiffre précis permettant d’évaluer le niveau d’infiltration des talibans au sein des forces de sécurité afghanes. Mais au total, depuis mars 2009, l’Otan a comptabilisé 17 cas d’attaques commises par des soldats et des policiers afghans. La moitié environ pourrait être attribuée à des agents dormants de l’insurrection. C’est d’autant plus préoccupant que l’Otan est entrée dans la phase dite de transition. Jusqu’à la fin 2014, les armées étrangères vont progressivement se retirer au profit de ces forces afghanes. Pour tenir cet objectif, le gouvernement recrute massivement et limite au minimum, à quelques semaines seulement, les durées de formation. Impossible dans ces conditions de s’assurer qu’une recrue ne fait pas partie de l’insurrection.

Un récent rapport canadien conclut en mots mesurés que tout cela ne se fera pas : « La reconstruction du secteur de la sécurité en Afghanistan demandera encore beaucoup d’efforts et de ressources de la part de la communauté internationale. Effectivement, si ce processus de reconstruction demeure une stratégie de sortie importante pour les troupes de la Coalition, il reste encore beaucoup de progrès à effectuer avant que les institutions afghanes de sécurité soient capables de sécuriser l’ensemble du territoire de façon complètement autonome, c’est-à-dire sans l’assistance de la communauté internationale. »

Alors devant tant d’impasses, pourquoi attendre 2014 ? Il faut partir immédiatement de ce pays. Chaque jour de plus accroît le désastre et ses effets durables.

Toute escalade guerrière supplémentaire nourrit les résistants afghans, et la défaite est au bout de chaque embuscade. Les Afghans sont chez eux, c’est leur terre, leur pays, ils ont le temps pour eux, les armées étrangères d’occupation perdront fatalement.

C’est couru d’avance, cette guerre est perdue. Une leçon historique de plus contre tous les impérialistes guerriers de bonne ou de mauvaise foi, qui sous couvert de « droit d’ingérence », croient exporter la « civilisation » grâce à la force des mercenaires, aux missiles et aux drones.

Il faut partir, vite, tout de suite, sans attendre, sans pertes humaines supplémentaires. Sarkozy n’a aucune raison de faire des morts de plus parmi nos soldats. Il est entièrement responsable des victimes tuées pour rien.

Il faut reprendre la question autrement : utiliser toutes les ressources actuellement gaspillées par la guerre (davantage que tout ce que peut produire l’Afghanistan) pour négocier la suite, économie, échanges, relations commerciales, internationales, etc..

Même du fameux point de vue de la « démocratie » et de la « civilisation », il n’y aura désormais de progrès qu’à partir du départ de l’OTAN. Plus l’OTAN reste, plus le mouvement taliban prend de l’ampleur, plus leur pouvoir ultérieur durera… avant d’être remis en cause par les afghans eux mêmes. Et si l’OTAN a une politique sélective de liquidation des « cadres » insurgés avant de partir comme cela est annoncé, le résultat sera encore pire, car il restera les médiocres et les corrompus, ce n’est pas cela qui libérera les femmes et rétablira la démocratie.

Il faut libérer l’Afghanistan tel qu’il est. Vite. Chaque jour, chaque heure de guerre de plus est une année potentielle de plus pour les talibans. Libérez l’Afghanistan vite et tel qu’il est. Une autre histoire commencera dès que le dernier soldat étranger sera évacué. Cette histoire, les Afghans l’écriront eux-mêmes !

Une majorité des Américains, Britanniques et Français sont opposés à cette guerre : 52 % des Britanniques sont pour le retrait de leurs troupes d’Afghanistan. 64 % des Etatsuniens considèrent que cette guerre ne valait pas la peine d’être menée, indique un sondage Washington Post-ABC. « Jamais le soutien (pour la guerre) n’avait été si bas » souligne le Post, qui mène ce sondage depuis 2007. 73 % des Américains interrogés estiment que les Etats-Unis devraient retirer leurs troupes de combat d’Afghanistan dès cet été. 21 % seulement souhaitent leur maintien.

Barack Obama a engagé depuis le printemps le retrait américain d’Afghanistan et a promis de l’achever en 2014. Mais ça n’a plus de sens d’attendre.

Dans l’esprit de certains dirigeants américains, ce retrait doit se limiter à un « début », largement symbolique, qui n’empêcherait pas le maintien pour plusieurs années encore, d’une forte présence américaine en Afghanistan. Mais à l’évidence, la majorité du peuple américain attend plus de leur président : un retrait rapide et substantiel….

63 % des Français sont opposés à cette guerre. On se demande combien seront favorables à suivre jusqu’au bout en 2014 le calendrier de retrait décidé unilatéralement par les US au risque des soldats supplémentaires tués et blessés manifestement sans motif, sans but.

Sarkozy et son ministre Longuet (« ex » du groupe extrémiste « Occident vaincra ») essaient de renverser l’opinion des 63 % des français opposés à cette guerre. Mais avec quelles arguties dorénavant ? On entend n’importe quoi des soldats tués : « - C’est la guerre, c’est leur métier, c’est un accident du travail, ce sont des héros, des combattants de la liberté, ils faisaient leur devoir… ». Quel devoir ? La télé a fait dire à un jeune parachutiste de Castres qu’il voulait « aller à Kaboul pour s’en faire quelques-uns et venger ses copains ».

Mourir pour Kaboul n’est qu’un immense contresens.

 

 

Source : REZO CITOYEN

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