Algérie : les émeutes s'étendent et se durcissent devant l'attentisme du pouvoir

Publié le par dan29000

 

 

 

Sabotages et affrontements avec la police : Les émeutes gagnent une grande partie de la Kabylie 

 

Plusieurs localités de la wilaya de Bejaia ont été gagnées par les émeutes ce vendredi après midi. Le chef lieu de la wilaya a vu les premières échauffourées entre policiers et manifestants se dérouler dans le grand quartier populaire d’Ihaddaden et au niveau de la cité dite Edimco. Des groupes de manifestants et d’émeutiers se sont par la suite éparpillés à travers la ville pour s’en prendre, notamment au siège de la wilaya défendu par les forces anti-émeute. À l’heure actuelle, les émeutes ont gagné plusieurs quartiers.

 

 

 

À El Keur, localité située à une vingtaine de kilomètres à l’est de Bejaia, des émeutes ont également éclaté dans l’après-midi du vendredi. Plusieurs édifices publics ont été saccagés. Les immeubles abritant la recette des impôts ainsi que l’inspection des impôts ont été complètement saccagés par la foule des insurgés.

 

Le siège abritant la régie communale des eaux a également été détruit et mis à sac. C’est la même situation que vit la localité de Sidi Aich, à 40 km à l’ouest de Béjaia,  secouée par de violentes émeutes qui ont pris pour cibles les édifices publics comme le siège de la Sonelgaz, la recette des impôts ainsi que le tribunal.

 

Selon des informations concordantes que nous avons pu obtenir auprès de plusieurs citoyens présents sur les lieux, les émeutes s’étendent comme une traînée de poudre à travers aussi bien le couloir de la vallée de la Soummam que l’axe Tichy, Souk El Tenine, pour toucher des villes comme Kherrata. Des heurts opposent actuellement les émeutiers aux policiers, mais il est à noter que la plupart des agglomérations touchées par les troubles n’ont pas reçu de renforts de police anti-émeute.

 

Dans la ville d’Akbou, les affrontements entre police et manifestants ont repris de plus belle. Des  groupes de jeunes assiègent le commissariat de police alors que la veille le siège du tribunal a été totalement détruit. À Tazmalt, de nombreux édifices publics ont été détruits et saccagés dans la nuit du jeudi 6 janvier.

 

La région de Kabylie a connu de graves émeutes au printemps 2001 durant lesquelles plus de 120 personnes ont été tuées.

 

Arezki Said - Dernières Nouvelles
d’Algérie, 7 janvier 2011.

 

 

Scènes de guérilla à Tizi Ouzou : Deux banques attaquées, Air Algérie vandalisée, abris bus cassés

 

Après une matinée relativement calme, les affrontements entre manifestants et CRS ont repris de plus belle l’après du vendredi 7 janvier, a constaté DNA sur place. C’est pratiquement tous les quartiers de la ville de Tizi Ouzou qui sont embrasés dans la soirée du vendredi. De nombreux édifices publics ont été littéralement mis à sac par des émeutiers.

 

Après un début timide de reprise des affrontements juste après la prière du vendredi, les émeutes qui ont gagné en intensité se sont propagées à tous les quartiers de la ville des Genêts. Les manifestants se sont pris aux sièges de deux banques, la CNEP et la BNA sis au niveau de la rue Abane-Ramdane. Des abris bus cassés, des lampadaires arrachés, des routes barricadées, le climat est des plus tendu.

 

L’agence Air Algérie a été vandalisée. Chaises cassées, centrale informatique éventrée, vitres fracassées, tout a été mis sens dessus dessous. Les émeutiers ont réussi à embraser les quartiers en un clin d’œil. Une course poursuite a mis aux prises les forces anti-émeute aux manifestants lesquels jouent au chat et à la souris.

 

Les policiers ont usé de bombes lacrymogènes, dont une a atterri dans un balcon d’un appartement au niveau du quartier Djurdjura. Durant les violents affrontements, aucun blessé n’a été enregistré, selon des sources sécuritaires. Des pics de violence ont été enregistrés devant l’ancienne mairie où l’on a assisté presque à un corps-à-corps entre manifestants et policiers. Dans la soirée,  les émeutes n’ont pas baissé d’intensité. Au contraire, elles ont gagné tous les autres quartiers jusque-là paisibles. Les rues de la ville sont jonchées de détritus, de pneus usagés en flammes, des cartons et autres débris en tous genres.

 

En début d'après-midi, devant le stade du 1er-Novembre, le quartier les Genêts, les deux ronds-points du centre-ville, la cité du 20-Août ont connu des échauffourées sporadiques. C’est après la prière du vendredi que les affrontements ont éclaté, a-t-on constaté. Les policiers ont usé de bombes lacrymogènes pour disperser les jeunes émeutiers qui voulaient en découdre avec les forces de l’ordre mobilisées en grand nombre.

 

Si par endroits les affrontements ont baissé en intensité, les escarmouches n’ont pas tardé à se propager jusqu’au niveau de la rue Abane-Ramdane, qu’on appelle communément la Grand-Rue, tant le boulevard principal de Tizi Ouzou. Aux jets de pierres et autres cocktail Molotov, les éléments anti-émeute ripostaient par des tirs nourris de grenades de gaz lacrymogène. À 16h30, des pics de violence ont atteint les bâtiments bleus et les environs de la CNEP.

 

Les rangs des manifestants grossissaient à vue d’œil, alors que les automobilistes empruntent des détours pour éviter le théâtre des affrontements. 

 

Slimane Khalfa - Dernières Nouvelles
d’Algérie, 7 janvier 2011.


 

Tizi Ouzou : Heurts au centre ville

 

De violents affrontements ont éclaté, vendredi 7 janvier 2011, à 15h, entre les forces de l’ordre et les jeunes du quartier des Genêts, au centre ville de Tizi Ouzou. Aucun mot d’ordre n’a été scandé par les manifestants qui sont descendus spontanément dans la rue.

 

 

Le boulevard Lamali Mohamed, qui longe l’hôpital Nedir Mohammed a été fermé à la circulation automobile ainsi que la rue qui longe la cité des Eucalyptus, mitoyenne de la caserne militaire. Les jeunes se sont servis des bacs à ordure, de blocs de béton, de barres de fer ainsi que d’autres objets hétéroclites pour dresser des barricades sur les venelles qui mènent au centre ville.

 

Les manifestants se sont pris, notamment à la 1ère sûreté urbaine située au cœur de la ville avec des jets de pierre et de différents projectiles. La riposte des forces anti-émeutes ne s’est pas faite attendre pour disperser les manifestants à coup de bombes lacrymogène.

 

Jusqu’à 16h, la situation n’était pas encore maîtrisée. Un autre groupe de jeunes ont barricadé le boulevard Abane Ramdane, à hauteur du siège de la CNEP qui est attaquée par des jets de pierres.

 

Nordine Douici - El Watan, 7 janvier

Source : Jura libertaire


Publié dans actualités

Commenter cet article