Algérie : luttes sociales en augmentation, et marche ce samedi

Publié le par dan29000

 

 

 

Algérie : Le nouveau plan de bataille de la coordination – Une autre marche prévue le 19 février



14 février 2011
 

La décision a été prise lors d’une réunion d’évaluation de la marche pacifique réprimée samedi à Alger. La CNCD va mettre en place des comités régionaux dans plusieurs wilayas et mènera un travail de proximité afin de mobiliser encore plus les Algériens.

Au lendemain de la marche pacifique réprimée par la police, la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) a décidé de rééditer son action samedi prochain. Cette décision a été prise, hier, lors d’une réunion marathon d’évaluation de la manifestation d’avant-hier. Le ton est très critique en dépit des rares divergences sur les actions à mener et les objectifs fixés. Néanmoins, les participants sont arrivés, après plusieurs heures de débats houleux, à arrêter une plateforme d’actions. La proposition d’Ali Yahia Abdenour a été retenue à l’issue d’un vote à main levée. “Nous devons reconduire cette action jusqu’à ce que nous puissions atteindre notre but, soit marcher pacifiquement”, a-t-il proposé.

La marche aura lieu, donc, le 19 février, à 11 heures, sur le même itinéraire : de la place du 1er-Mai à la place des Martyrs. La coordination a décidé également de créer une commission qui s’occupera de l’information et appelé les organisations membres à effectuer un travail de proximité dans les quartiers, les universités, les campus… afin d’accentuer la sensibilisation de la population aux mots d’ordre de changement et de démocratie. Il est également question de créer des comités de la Coordination nationale au niveau régional afin d’organiser le mouvement au niveau des wilayas. La Coordination régionale de l’Ouest, dont le représentant, M. Salim Mecheri, était présent à la réunion d’hier, existe déjà et a même organisé la marche pacifique, samedi dernier, à Oran.

M. Mecheri a expliqué que ce comité s’est élargi à plusieurs wilayas de l’Oranie dont Mostaganem, Aïn Témouchent et Tlemcen. La même chose se fera à l’Est, au Centre et au Sud. “Nous devons mobiliser plus de monde à la prochaine marche pacifique. Quitte à faire du porte-à-porte”, a déclaré M. Amine Menadi, membre de la Coordination nationale. Des pourparlers seront également entamés avec d’autres syndicats, partis politiques et organisations afin de les rallier aux objectifs de la CNCD. La coordination va notamment s’employer à convaincre certaines organisations qui ont pris part à sa création. D’autres propositions ont été faites mais elles n’ont pas été adoptées telles que celle d’investir la rue chaque samedi avec une possibilité de rester sur la place du 1er-Mai ou encore organiser une plus grande manifestation dans une quinzaine de jours. Le principe d’une grève générale qui devrait paralyser le pays a été discuté des heures. Toutefois, la discussion de cette suggestion est laissée pour les prochaines rencontres. “L’idée est bonne mais elle doit mûrir car une grève générale est difficile à préparer et il faut faire un grand travail de mobilisation et de concertation avec les différents partenaires sociaux”, a expliqué Me Bouchachi. Abordant le bilan de l’action d’avant-hier, les membres de la coordination ont jugé à l’unanimité que la marche a été une réussite sur les plans politique et médiatique, même s’il y a des insuffisances sur les plans logistique et organisationnel.

“C’est une réussite, le régime a démontré qu’il ne veut faire aucun effort d’ouverture politique pour la liberté d’expression, et encore moins de lever l’état d’urgence. Avec la répression qui a lieu, le régime a démontré son vrai visage et a prouvé qu’il panique”, a indiqué Idir Achour, représentant syndical à la CNCD. Celle-ci n’a pas manqué, à cette occasion, de dénoncer “la répression et les arrestations musclées” opérées par la police et “le jeu dangereux du régime qui consiste à créer des tiraillements et à semer la haine au sein de la population en usant de la carte du régionalisme”. “La marche a été réussie mais elle n’était pas parfaite”, a estimé Me Ali Yahia Abdenour, afin de calmer certains intervenants qui ont relevé des “défaillances en matière d’encadrement” de la manifestation. La coordination a tenu à expliquer que son rôle était d’accompagner le mouvement populaire et de lui fournir un cadre d’action pour imposer le changement. Afin de répondre à certaines critiques, M. Besbas, député du RCD, a tenu à clarifier la situation.

“Je signale que la marche pacifique de samedi dernier n’était pas une marche du RCD comme disent certains, mais elle a été initiée par la CNCD dont nous sommes membres. Le RCD ainsi que d’autres partis politiques et associations ne peuvent qu’adopter les décisions de la coordination”, a-t-il expliqué.

Nabila Afroun


* Article du journal Liberté du 14 février 2011.

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Mouvements sociaux en Algérie


Des émeutes qui durent depuis 3 jours à Akbou une des principales communes de la wilaya de Béjaïa ; des mouvements dans les facs ont eu lieu à Tizi Ouzou et Bouira lundi mêlant refus du LMD et revendications du droit d’expression démocratique dans l’université.

A Boumerdès ce sont les gardes communaux qui ont manifesté pour réclamer des augmentations de salaires promises depuis 2008 et le relèvement de primes.

Signalons aussi une manif de plusieurs centaines de chômeurs à Annaba, une autre manif avait lieu en mêm temps sur la même question à Boumerdès.

C’est un peu partout que le feu couve en Algérie même si pour le moment il n’y a pas de coordination et d’expression commune à tous ces mouvements.

Correspondant


Alors que la ville était déjà secouée par des émeutes
Akbou : le délogement des squatteurs met le feu aux poudres

Plusieurs militants associatifs et politiques d’Akbou n’ont pas arrêté d’appeler, hier en fin d’après-midi, les bureaux régionaux des journaux.

Ils ne comprennent pas qu’on puisse mobiliser la force publique pour déloger les squatteurs de logements sociaux locatifs alors que la ville d’Akbou enregistre sa troisième journée d’émeutes. Conséquence ? Les squatteurs ont répondu à l’assaut des forces antiémeutes par des jets de pierres, de cocktail Molotov et autres projectiles. Bilan : des dizaines de blessés de part et d’autre.

Comme la ville avait vécu des heurts pendant plus de 48 heures, les hostilités ont repris aussitôt. Il fallait juste une étincelle, et l’assaut donné par les forces de police pour déloger les squatteurs, en a été une bonne. Et, dans le sillage de ces émeutes, on a appris, à l’heure où nous mettions sous presse, que l’agence de l’emploi d’Akbou a été saccagée. Retour sur l’opération visant à délocaliser les familles squatteuses. Pourquoi en ce moment précis, s’est insurgé M. Saïd Salhi, le responsable du Centre de documentation et d’information sur les droits de l’Homme à Béjaïa. “C’est tout de même curieux. Comment ont-ils pu prendre une telle décision ? La ville est à feu et à sang depuis au moins 48 heures. Heurts, qui ont fait des dizaines, voire des centaines de blessés. On prend le risque d’allumer un autre foyer de tension”.

Le sentiment du défenseur des droits de l’Homme est partagé par un certain nombre de militants associatifs et politiques auxquels se sont joints des opérateurs économiques de la zone d’activité de Taharacht. Pour eux, il n’y a aucun doute : “Il y a anguille sous roche. Les évènements ont été provoqués.”

Moussa Ouyougoute

* Paru dans Liberté.


Annaba : Protestation de chômeurs

Le chiffre de sept mille emplois pour les jeunes chômeurs, annoncé à la fin de la semaine dernière par les pouvoirs publics, n’a pas manqué d’attirer des jeunes en quête d’emploi vers l’enceinte du « PACS », appartenant à l’APC de Annaba et qui fait office de centre culturel où provisoirement les préposés à l’affectation des postes d’emploi doivent les accueillir. Mais, ces centaines de jeunes après une longue attente ont perdu patience et se sont scindés en plusieurs groupes.

Certains ont observé un sit-in devant le siège de la wilaya qui se trouve à quelques dizaines de mètres du « PACS », non sans casser, ici et là, ce qui pouvait l’être. D’autres en une longue procession ont entrepris une longue marche à travers le cours de la Révolution scandant des propos hostiles à l’administration et dénonçant la bureaucratie. Ce qui a créé une grande panique parmi les commerçants qui ont vite baissé rideau alors que les passants craignant que la situation dégénère ont préféré s’éclipser.

Ce n’est que vers 11h que les choses ont repris leur cours normal.

A. Ouêlaa

* Paru dans le Quotidien d’Oran.


Mis en ligne le 15 février 2011
Source : ESSF

Publié dans actualités

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