Algues vertes, Quimperlé, un futur Hillion ?

Publié le par dan29000

Brest ouVert

Quimperlé, futur Hillion ?

Le plan de lutte contre les algues vertes annoncé par le ministre de l’agriculture, Bruno Le Maire et la secrétaire d’état à l’écologie, Chantal Jouanno, a montré l’absence de volonté du gouvernement de changer un modèle agricole breton aujourd’hui dépassé. L’essentiel du plan vise à gérer, aux frais du contribuable, la pullulation des algues au lieu de traiter le problème à sa source, les algues n’étant finalement qu’un symptôme d’une dégradation générale de l’environnement par une agriculture anti-écologique et, un comble, super déficitaire !


Localement de nombreuse demandes d’agrandissements ou d’installations nouvelles d’élevage porcins font craindre que la production porcine bretonne soit, croissance oblige, en train de se reporter vers notre région encore largement épargnée. Les bassins de l’Ellé et de l’Isole et celui du Scorff sont majoritairement hors ZES et sont en outre proches d’abatteurs importants, comme Bigard et Olympig, et sont donc susceptibles d’attirer les industriels de l’élevage.


Ces extensions d’élevage sont assorties de techniques destinées à limiter la pollution qu’elles engendrent : stations d’épurations ou de méthanisation. Ces techniques ne sont pas à rejeter dans la mesure où elles peuvent contribuer à résoudre des problèmes existants. En revanche elles ne peuvent servir d’alibi pour de nouveaux projets d’élevages qui même moins polluants restent préoccupants. Si elles résolvent en partie la surcharge azotée, elles ont le défaut de concentrer le phosphore, le potassium et, surtout, les métaux lourds. Les boues de stations et résidus de méthanisation sont des déchets dangereux.


Les stations d’épuration du type de celle qui est en cours de construction sur Locunolé, diminuent de 60 à 70% la quantité d’azote à résorber, mais laissent passer le potassium en totalité dans la partie liquide à épandre, et concentrent dans les boues de décantation la majorité du phosphore et surtout les métaux lourds (Cu, Zn, Mn, Co et Cd).


Dans cette technique quelques questions doivent être soulevées :


Quel est le risque d’émanations d’azote (ammoniac, protoxyde d’azote…) ?


Quel est le risque de surcharge en potassium pour les terres et l’eau (la norme européenne pour cet élément est de 10mg/ litre d’eau potable) ?


Que fera-t-on des boues surchargées en métaux lourds ?


La méthanisation réduit les volumes et produit du méthane issu de la transformation de la matière organique. Mais les lisiers ne sont pas les produits optimums pour cette technique, car trop pauvres en matières organiques. Les fumiers et déchets organiques sont bien préférables. Cette technique ne résout pas les pollutions liées à l’azote, au phosphore et aux métaux lourds mais concentre ces éléments dans le digestat. Une station d’épuration peut y être jointe pour résorber en partie l’azote, mais laisse entière la problématique citée précédemment.


Les sections quimperloises de Bretagne vivante, d’Eaux et Rivières de Bretagne et de l’APPMA de Quimperlé s’inquiètent au vu des réalisations autorisées récemment et des projets en cours en production porcine sur les bassins de l’Ellé et du Scorff.


Nous sommes opposés à toute augmentation du cheptel porcin sur les bassins de ces rivières, qu’il s’agisse d’élevages sur paille (qui ne viendraient pas en remplacement d’ateliers existants), ou d’ateliers accompagnés d’une station d’épuration ou de méthanisation. Une vision globale est indispensable. En effet, la production porcine souffre de nombreux maux : culture de maïs avec ses intrants et pesticides associés, assolement blé/maïs déstructurant les sols. Ceux-ci deviennent de plus en plus compacts et imperméables, ce qui entraîne érosion, lessivage, inondations et, in fine, dégradation de la vie marine.


Ne soyons pas dupes, nous allons vers une concentration de la production de type industrielle et sans limitation et non vers une gestion environnementale pragmatique.


Ce système survit grâce aux subventions, financées par la collectivité, et il est de notre devoir de citoyen d’alerter et de demander à la profession une remise en question de ses pratiques.


Nos représentants élus et les instances administratives, chacun avec ses compétences, se doivent de dire STOP.


Les sections quimperloises de Bretagne vivante, d’Eaux et Rivières de Bretagne et de l’APPMA de Quimperlé
   

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